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Pour ça comme pour le reste, on n'est pas hauteur de la légende + jéricho

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Ven 18 Mai - 17:08

pour ça comme pour le reste, on n'est pas à hauteur de la légende
Ben si, si c’est l’même volume sonore, on dit "équidistant" [...] S’ils sont équidistants en même temps que nous, on peut repérer le dragon par rapport à une certaine distance. Si le dragon s’éloigne, on s’ra équidistant, mais ça s’ra vachement moins précis et... et pas réciproque.
Rétrospectivement, partir battre la jungle à deux – et demi, si on comptait les deux types qui leur filaient le train depuis leur départ – à la recherche d’un hypothétique dinosaure blessé n’était peut-être pas l’idée du siècle. Pourtant, à la base, tout partait de leurs bonnes âmes. Mais ne dit-on pas que la route vers l’enfer est pavée de bonnes intentions ?

Une précédente expédition leur avait laissé à penser qu’un dinosaure blessé traînait sa carcasse à travers la jungle. Autrement dit, une proie facile pour les bestioles à grosses dents qui hantaient encore la forêt. Surtout avec un petit dans ses traces. Elle-même et l’idiot de vétérinaire qui lui servait de meilleur ami soutenaient que ça ne pouvait être qu’un herbivore, mais la direction n’avait rien voulu entendre. Ou plutôt, n’en avait eu que faire. Dans toute autre situation, s’il s’était agi d’un okapi ou d’un lion, elle aurait déjà été lancée sur les chemins, à la recherche de cette pauvre bête en perdition, enfermée dans un enclos naturel à cause des Hommes, mais en matière de dinos, elle devait reconnaître maquer encore de connaissances, et avoir hésité.

Mais le fait est qu’elle ne pouvait pas dire non, surtout pas à Jéricho. Ainsi partirent-ils aux aurores, alpaguant deux énervés de la gâchette pour les accompagner. Ils avaient râlé, mais au fond ces mecs-là fonctionnait à l’adrénaline et rêvaient tous de se frotter à un reptile géant, surtout ceux avec des dents. Et voilà qu’elle se retrouvait au milieu de la jungle, à courir derrière son ami, avec deux types de l’équipe de sécurité qui bougonnaient dans leur sillage. « Bon, les appâts, vous accélérez le train ? » lança-t-elle dans un cri murmuré à l’attention des deux idiots armés jusqu’aux dents. Refermant la distance– foutues jambes qu’il avait, elle frôlait le claquage juste pour rester à sa hauteur – sans un bruit entre elle et Jéricho, elle ajouta à son attention, narquoise : « Newton, si on finit en zakouski à dino, c’est de ta faute ».

Des heures à crapahuter dans une jungle humide et dense, et pourtant en toute franchise, elle commençait à perdre espoir de jamais retrouver la mère et son petit à temps. Tout dans ce qu’elle voyait lui indiquait que leur opération de sauvetage pourrait déjà être vaine : le dino avait ralenti l’allure, ce qui voulait dire qu’elle faiblissait. Et si elle, faible bipède dans un monde de géants, s’en rendait compte, les carnivores qui trainaient dans le coin devaient le savoir depuis un moment. « Si ça continue, on va trouver un cadavre, tu le sais aussi bien que moi. On est déjà parti trop tard. » Le surréalisme de cette île, c’est que dès qu’un groupe quittait les clôtures protectrices de l’enceinte du parc, toute conversation devait se faire à un volume à peine audible.

Un froissement dans les feuilles la fit s’arrêter. Elle leva la tête, s’attendant toujours à moitié à voire descendre du ciel une gueule pleine de dents, mais c’était juste le vent qui secouait la canopée… ou du moins, elle pensait. Le vert était de tourner à l’orange, et les ombres dans la jungle s’allongeaient. Le peu de lumière qui filtrait à travers la végétation se faisait plus faible, ce qui voulait dire que la nuit approchait. Elle échangea avec Jéricho un regard qui en disait long ; lui aussi avait grandi sur un parc naturel, et il savait que la nuit n’était pas le moment le plus propice à l’exploration. Un léopard qui déboulait par nuit noire c’était une chose, mais un léopard ça ne faisait pas dix mètres de haut et deux tonnes. D’un geste de la main, elle suggéra ce que tous devaient déjà penser : on rentre ?


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Jeu 24 Mai - 16:37
Pour ça comme pour le reste, on n'est pas hauteur de la légende.

Njeri & Jéricho


Moi, je m’en fous, si on me force à y retourner, je retiens ma respiration jusqu’à ce qu’on arrête de me forcer à y retourner.

Partir battre les sentiers touffus de la jungle d’Ilsa Nublar en toute fin de journée n’était pas ce qu’on pouvait appeler l’idée du siècle, pire, on pouvait dire sans trop se tromper que c’était un peu – voir beaucoup chercher les emmerdes. Mais pouvait-il laisser un animal blessé errer dans les parages sans intervenir ? Bien sûr que non. Jéricho, c’était le Batman des Dinosaures. À la moindre alerte il enfilait son Bat-sac-a-dos pour sauver ses bestioles adorées en détresse. Encore fallait-il avoir toutes les informations nécessaires pour pouvoir jouer le super vétérinaire et ici, ce n’était pas franchement le cas. Localisation de l’animal ? Espèce ? Sexe ? Style de blessure ? Zéro information. Le flou total. Son équipe et lui-même s’étaient donc lancé à la recherche d’un hypothétique dinosaure supposé blessé se trouvant peut être dans la jungle à l’Est de l’Ile. Vous la voyez la belle équation à multiples inconnues ? Dans l’urgence il avait du faire appel à quelqu’un de confiance qui s’y connaissait en intervention sur les animaux et qui savait faire preuve de sang froid en toutes circonstances. Sans la moindre hésitation, il s’était tourné vers Njeri. Ils avaient déjà travaillé ensemble, l’un connaissant parfaitement les méthodes de l’autre, ensemble, ils formaient un duo d’enfer. Et comme la Direction était une parano de la sécurité, ils s’étaient vus flanqués de deux agents de la sécurité. À son grand désespoir, Julian n’était pas disponible pour venir avec eux. C’étaient donc avec deux inconnus qu’il allait devoir parcourir un terrain hostile. Pas vraiment son kiff de se balancer avec des Lucky Luck chatouilleux de la gâchette.

Il écarta de la pointe du pied une grosse feuille épaisse pour mieux voir l’empreinte de pas qui se dessinait sur le sol spongieux avant de reprendre sa marche au pas de course. Il ne courrait pas vraiment, mais ses foulées couvraient suffisamment de terrain pour faire un tantinet galérer Njeri et ses gambettes de gazelle. Et il n’allait pas l’avouer, mais il le faisait à moitié exprès d’aller vite. « Ce ne sera pas de ma faute Kirikou, je pensais que tu courrais vite avec tes longues jambes ». Il lui adressa un signe de tête pour designer les deux qui fermaient la marche « Eux par contre ils devraient se bouger le cul, je ne vais pas les attendre tout les cent mètres. » Jéricho n’avait jamais été d’une grande patience dans son métier. Du moins, il ne supportait pas qu’on lui fasse perdre du temps pour rien. Et là, à attendre les deux zouaves, il perdait de précieuses minutes. Cela faisait des heures qu’ils crapahutaient dans la dense végétation de cette jungle/foret, il pouvait comprendre que la fatigue pouvait se faire sentir, mais il ne pouvait concevoir de laisser l’animal livré a son triste sort. Et cette obstination lui avait déjà value de se mettre dans une situation compliquée : durant l’attaque de l’Indominus, il se trouvait à la lisière de la plaine, s’occupant d’une grave blessure sur un herbivore. Lui et son équipe de l’époque avaient vu passer tout proche l’abomination crée pour faire frissonner les visiteurs. Ah ils avaient réussi a leur faire peur, ca c’était certain. En y repensant, à peu de choses près, la situation actuelle était là même.

Pourtant, depuis leur départ, ils avaient de plus en plus d’informations : c’était un herbivore, plus précisément un Parasaurolophus accompagné d’un petit. D’après les traces au sol, la blessure ne devait pas toucher le système moteur, car Jéricho ne distinguait pas de boiterie. Ils avaient aussi trouvé des traces de sangs, disparates, mais bien présentes. Njeri lui fit part de son inquiétude, il comprenait le sentiment de son amie : trop de facteurs étaient réunis pour que ca tourne au vinaigre. Mais dans sa tête, l’abandon n’était pas envisageable. « Je préfère tomber sur un cadavre que de repartir bredouille. Hors de questions de faire demi-tour maintenant qu’on y est. » Il remonta son sac à dos sur ses épaules de repartie en ouvrant la marche. Les deux agents de sécurités râlèrent de concerts. « Oh vous deux là ca va hein, et votre endurance vous l’avez laissé dans la jeep ? Faites vous une pause, j’avance encore. Si vous vous sentez mal, prenez un sucre et qu’on en finisse. » Il se trimballait une dizaine de kilos de matériel en plus du fusil hypodermique en bandoulière. Il avait mal au pied, il avait faim, mais il n’allait certainement pas faire demi-tour. Jamais.

Il se retourna vers Njeri « Restes avec eux. Je m’avance d’une centaine de mètres. Si je ne trouve rien, je reviens. Canal 2 sur le talky. » Sans même attendre de savoir si elle était oui ou non pour cette pause forcée, il reprit sa marche. Les traces semblaient de plus en plus fraîche une fois qu’il s’était écarté du trio et datant de moins de 2 heures a la limite des cent mètres qu’il s’était fixé. Inspirant un grand coup il poussa la recherche un peu plus loin, puis encore et encore, obnubilé par les traces du Parasaurolophus , ne remarquant pas la seule et pourtant imposante qui se dessinait un peu plus a l’écart. Et puis ce fut le graal. Devant lui s’ouvrait une petite clairière où le soleil descendant filtrait un peu plus. La femelle était là accompagnée du petit. Couché en « vache », Jéricho ne remarqua pas de blessure au premier regard, se couchant a l’abri d’un bosquet touffu. Tirant son talky il tourna la roulette sur deux et appuya sur le bouton « Kirikou. 500m Sud Ouest. Approche en rase-motte, tu vas rencontrer ton premier dinosaure sauvage. »

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