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So much to feel, so few to say - 18/12/2013[Laura Masrani]
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Les fêtes de fin d'année approchaient à grands pas. Pourtant, dans l'esprit de l'agent d'intervention, les journées commençaient et s'achevaient de la même manière : dans un vide et une solitude grandissante. Il avait pris grand soin de repousser quiconque cherchait à l'approcher, comme si ses humeurs pouvaient déteindre. En réalité, il ne souhaitait partager ses états d'âmes avec personne. D'une part parce que le partage créait du lien, d'autre part, parce qu'il ne souhaitait cela à personne.

Depuis la prise d'otage, depuis sa convalescence, Julian avait eu le temps de réfléchir à toute cette portion de sa vie. Comme il l'avait promis à Norah, il avait pesé le pour et le contre. Bien sûr, il avait aussi tenté dans un premier temps de reprendre pied dans cette réalité amère, il avait repris le travail, à hauteur de ce que son corps pouvait supporter. Ses côtes étaient guéries, sa rate se portait bien, restaient encore les meurtrissure mentales, celles qui seraient les plus longues à soigner.
Parfois, il songeait que jamais il n'y parviendrait. D'autres fois, il se surprenait à être plus optimiste.
La plage aidait, le sport aussi et son corps le trahissait avec des hormones qui lui apportaient quelques fois un bien-être relatif, avant que la nuit malgré les somnifères, les terreurs ne viennent l'arracher au sommeil. Cette nuit n'avait pas été très différente des précédentes. Il s'était réveillé en nage, hurlant au moment où son esprit faisait résonner le craquement de ses os sous chaque coup matraqué par les hommes cagoulés.
Haletant, il s'était redressé dans son lit, avait mis un temps monstre pour se remettre de ses émotions avant de se servir un verre d'eau. Après cela, il n'avait pas pu refermer l'oeil de la nuit et avait observé le lever de soleil depuis son canapé.
Ces dernières heures avaient confirmé sa volonté : Il partirait.

Après avoir travaillé pour Masrani Global durant ces années en étant logé, il avait pu mettre suffisamment d'argent de côté pour repartir à Londres, commencer une nouvelle vie. Retourner dans l'armée peut-être...il prendrait là aussi le temps d'y réfléchir.
Alors, il s'était levé, avait allumé son ordinateur et avait écrit sa lettre de démission avant de l'imprimer.
Pendant que la machine oeuvrait, il était parti prendre sa douche, se brosser les dents puis s'habiller.
Un jean sombre, un t-shirt clair, une paire de boots, voilà ce qui le caractérisait, peut-être même mieux que sa tenue de combat bleu marine.
De retour dans sa pièce à vivre, il relut la lettre et la glissa dans une enveloppe sur laquelle il n'écrivit rien. Il la tint un moment entre ses doigts, imaginant de manière fugace la réaction que pourrait avoir Laura Masrani face à ça.
Cela faisait plus d'un mois qu'il ne l'avait pas vue. Depuis le soir de l'incident pour être tout à fait honnête. Elle n'avait pas répondu à son message et n'avait pas cherché à prendre de ses nouvelles. Alors il s'était senti stupide en plus d'inutile, d'avoir cru que peut-être, autre chose les liait. Le message était clair : elle s'en foutait bien sinon pourquoi rester silencieuse ?
Aussi, ce sentiment avait balayé ses derniers scrupules à partir.

Armé de son courrier, il avait traversé le centre de l'île pour se rendre au bureau de la présidente en personne, lui déposer la lettre. En chemin, il était passé par le port, pour s'assurer du prochain départ en direction des côtes. Celui-ci aurait lieu le lendemain, à six heures du matin. C'était parfait. Sa valise serait prête, il n'avait rien d'autre ici de toute façon.

Comme il pouvait s'y attendre, le bureau de Laura se situait au dernier étage du bâtiment. Il imaginait aisément la vue imprenable qu'elle devait avoir depuis là.
Il y avait son assistant qu'il connaissait déjà. Julian imposa sa visite, comme il avait imposé autrefois la promenade dans la jungle. A nouveau, l'assistant ne chercha pas à le contrarier.
Après une inspiration profonde, l'agent d'intervention frappa à la porte et entra sans attendre d'y être invité.
Evidemment, il y avait cette large baie vitrée qui illuminait la pièce comme dans les films hollywoodiens. Et devant cette vitre, le bureau, large en bois brillant, un bois exotique très certainement. Derrière, il y avait Laura.
Il marqua un temps d'arrêt en la voyant, comme si sa vision venait de le frapper en plein ventre. Étrange mélange de soulagement et de rancœur.
Sur l'instant, l'hésitation s'empara de lui. Que devait-il dire ou ne pas dire ? Il avait préparé plus de vingt fois cette entrevue dans sa tête et maintenant qu'il lui faisait face, il perdait ses moyens.
Alors, il déglutit doucement et affermit ses convictions avant de s'avancer directement face à elle, d'une démarche qu'il aurait souhaité plus souple, mais force était de constater que malgré ses efforts, il faudrait encore travailler à la reprise de ses capacités physiques.

Là, il glissa la lettre sur le large plateau qui les séparait et laissa échapper les premiers mots de la journée en guise de bonjour:

- Ma démission.

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Mer 9 Jan - 10:08
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Poussant un profond soupir, Laura se massa délicatement les tempes avec ses pouces. Quand pourrait-elle passer une véritable nuit de sommeil ? La question tournait dans sa tête, lui rappelant l’état de fatigue qui l’atteignait. Elle n’était revenue sur l’île que depuis cinq jours et déjà, les choses s’étaient accélérées. La jeune PDG jonglait entre sa rééducation post traumatique, les décisions liées à Masrani Global, les relations mondaines qu’elle devait désormais entretenir à part entière et la gestion de ce parc qui se relevait péniblement au lendemain de ces événements aussi tragiques que dramatiques. Quand on lui avait signifié que les protagonistes responsables de tout ce bazar se trouvait certainement encore sur l’île, elle avait songé à relâcher les raptors et le T-Rex, simplement pour leur donner la chasse. Mais ses pulsions vengeresses avaient été contenues par l’idée que bon nombre de repiles carnivores sauraient se frayer un chemin jusqu’à ces criminels et, qu’à l’heure qu’il était, soit ils s’étaient effectivement échappés, soit on retrouverait prochainement leurs restes quelque part dans la jungle. Et cette dernière option était plus que satisfaisante à imaginer.

La jeune femme peinait à se remettre de cette épreuve traversée. Outre les marques physiques, l’aspect psychologique avait été plus que touché. Elle n’était pas prête à bien des choses. Les quelques contacts physiques la dérangeaient, les bruits violents et inattendus la faisaient sursauter… L’Indienne vivait sous tension permanente, traumatisme direct lié à ces événements. Pire encore, il lui était impossible de retrouver ceux qui avaient été présents ce jour-là. Affronter Dean Nicholls quelques jours auparavant avait été une chose pénible, difficile, le bruit de la chair et des os brisés sous les coups hantant sa mémoire autant que les images sanguines de cette violence. Alors croiser le regard d’Ingrid Powell, de Norah Ayoun ou même de Julian Blake lui était chose inenvisageable. A cette pensée, elle déverrouilla son téléphone, retrouvant le dernier SMS envoyé par l’agent de sécurité alors qu’ils se trouvaient à l’hôpital au Costa Rica. Le lisant à nouveau, elle sentit son cœur se serrer, incapable de trouver les mots justes pour lui offrir une réponse depuis plus d’un mois. Incapable de s’ouvrir sur cette tragédie qui marquait sa mémoire.

Evidemment, elle avait eu d’autres soucis à gérer et son regard, à cette pensée, se posa sur son doigt que, doucement, elle essaya de mobiliser. La sensibilité n’était pas revenue. Entre trois et six mois. Les connexions nerveuses étaient les plus capricieuses. Plus que les fibres musculaires qui, doucement, lui permettaient de réaliser quelques mouvements faibles, imprécis, mais rassurants. Le docteur Williams, lui, avait été très positif sur la récupération que pourrait avoir la jeune femme. D’ici un an déjà, elle aurait retrouvé la quasi-totalité de ses capacités. Alors oui, cette rééducation et ses nouvelles responsabilités la poussait à devoir rentrer sur New-York plus qu’elle ne le souhaitait, mais garder Jurassic World était une chose pour laquelle Laura Masrani était prête à payer le prix fort. Et elle l’avait fait, investissant sa fortune personnelle dans le relancement du parc, ne s’en cachant pas. Elle songeait à tout cela quand trois coups fermes furent lâchés contre le battant de la porte, la forçant à relever la tête. Elle n’eut guère le temps d’offrir une quelconque autorisation que l’ouverture se fit, laissant apparaître un véritable fantôme.

Laura sentit son être tout entier manquer de défaillir et elle fut bien heureuse d’être assise. Julian Blake était là, croisant son regard qu’elle ne pouvait qu’avoir soulagé. Il était bien en vie, lui qu’elle avait quitté inconscient, lourdement blessé par les coups qu’il avait reçus. Par ma faute. Il était le visage même de cette culpabilité qu’elle avait, la personnalisation de son manque de discernement entre ce qui avait été des menaces en l’air, et de véritables avertissements. Il eut un temps d’arrêt, lui aussi, tandis qu’il se trouvait finalement dans la même pièce qu’elle. Ce n’était pas arrivé depuis si longtemps que Laura ne savait pas si elle en était satisfaite ou effrayée. Ses lèvres s’entrouvrirent, elle qui voulait lui dire mille choses sans y parvenir. Mais aucun son ne sortit de sa gorge. Droite, assise dans son siège, vêtue de son chemisier et d’un long pantalon noir, elle ne bougea pas d’un pouce. Lui finit par s’approcher, chose qu’elle suivit de son regard noir, l’observant venir à elle dans une démarche qui ne laissait pas paraître les traumatismes qu’il avait vécu.

Finalement, il posa une enveloppe sur son bureau, la glissant vers elle, attirant toute l’attention de la jeune femme. Rien n’était écrit sur le document et elle ne comprit pas réellement son geste. Ce ne fut que lorsqu’il parla qu’elle se prit une véritable gifle mentale. Ma démission. Son regard se releva instantanément sur lui, empli de sentiments contradictoires. La stupéfaction. L’incompréhension. La colère. Le dégout. Le mépris. Laura se sentit submergée par ce mélange déroutant d’émotions qu’elle tenta de contrôler dans une profonde inspiration. Elle n’avait pas le droit de se laisser submerger de tout cela. Il était un employé. Comme tous les autres… Et pensant à cela, son attention se reporta machinalement sur le garde du corps dont la présence se faisait bien souvent oublier, malgré le suivi intempestif de l’équipe de sécurité qui tournait autour d’elle à la demande des membres du Conseil d’Administration. « Dehors. » L’homme sembla surpris, haussant un sourcil circonspect, franchement désabusé par ce ton autoritaire qu’il découvrait chez la jeune femme. Et devant son hésitation et son manque de réactivité, Laura enfonça le clou, se levant de son siège. « Ne m’obligez pas à me répéter. » Alors il hocha la tête, adressant un rapide regard à l’agent Blake, comme évaluant la menace potentielle qu’il laissait avec la jeune femme. Pour sûr, il attendrait devant la porte et n’irait pas plus loin, même s’il mourrait d’envie d’un café.

Tandis que l’homme traversait le bureau, Laura tourna le dos à son invité inattendu du moment, contemplant la jungle à travers la large baie vitrée. Sa propre voix lui revint en mémoire. Vous l’avez tué. Et son estomac fit un looping à cette simple pensée. Poussant un long soupir, elle essaya de garder contenance, de ne pas se laisser déborder, conservant cette expression indifférente sur ses traits quand tout son corps manquait de défaillir à l’idée même de voir Julian partir. Pourquoi ? Oui, pourquoi… Pourquoi réagissait-elle comme cela ? Pourquoi se sentait-elle si émotionnellement impliquée dès lors qu’il s’agissait de lui ? Pourquoi n’avait-elle cessé de se demander comment il pouvait aller ? Pourquoi avait-elle écrit mille et un message sans avoir été capable de l’envoyer durant tout ce temps ? Tant de questions qui demeuraient sans réponse et pourtant, ce fut la plus simple à poser. « Pourquoi ? » Sa voix était froide, déluge d’hiver trahissant malgré elle bien des choses à l’égard de cette décision, désapprouvant largement celle-ci. Pourquoi est-ce que tu m’abandonnes ?

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Jeu 10 Jan - 12:50
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Après cet étrange moment où le temps semblait s'être arrêté, ou l'espace semblait s'être figé, Julian avait déposé la lettre et annoncé son contenu.
Laura, toujours assise derrière son bureau avait relevé un regard sombre vers lui, un regard qui trahissait bien des émotions que l'agent d'intervention n'avait pas été en mesure de comprendre. Rapidement cependant, le masque de porcelaine de la jeune femme reprit sa place et son visage redevint aussi lisse que possible, comme si tout ce qui arriverait à partir de ce moment là, ne ferait que glisser sur elle.
Sans ménagement, elle congédia le garde du corps que Julian n'avait même pas remarqué en entrant. Du moins, peut-être n'avait-il pas voulu le voir.
La présence de cet homme signifiait beaucoup, notamment que Laura avait fait appel à une entreprise extérieure pour assurer sa sécurité. Voilà où on en était.
L'homme sembla hésiter et jaugea rapidement Julian qui lui rendit son regard bien conscient qu'il ne devait pas paraître très aimable. Il finit par sortir cependant, obéissant comme le bon chien de garde qu'il devait être. Julian en fut écœuré.

Il aurait dû se réjouir, se sentir soulagé de savoir Laura en sécurité et une part de lui l'était vraisemblablement. Une autre en revanche, se demandait pourquoi elle n'avait pas puisé dans les ressources du parc, pourquoi n'avait-elle pas demandé à une personne de confiance ? Lui ou un autre aurait pu faire l'affaire. La réponse lui apparut encore plus cruelle que toutes ces autres fois où il y avait réfléchit : Laura Masrani n'avait plus confiance en eux.
Tandis que l'autre quittait la pièce, la jeune femme se leva à son tour et tourna le dos à Julian qui au contraire, l'observait avec attention.
Avec son chemisier et son pantalon noir, très habillé, elle ressemblait à une impitoyable femme d'affaires. A force de la voir en tenue sportive ou d'exploration dans la jungle, il l'avait oublié. Il lui sembla qu'elle avait très légèrement maigrie, pas de beaucoup, mais suffisamment pour que lui le remarque.
Soudain, après un silence trop long, elle lui demanda simplement "pourquoi".

Il en fut immédiatement irrité. Pas réellement par la question mais plutôt par son attitude. Elle ne le regardait même pas en face, elle ne daignait même pas lui adresser un regard et il se sentit humilié. Lui avait fait l'effort de venir, alors qu'elle l'ignorait depuis des semaines. Il voulait faire les choses bien, ne pas partir comme un voleur et elle agissait comme s'il n'était qu'un gamin à disputer avec son attitude hautaine et méprisante de femme de pouvoir et d'argent. A ce moment précis, elle représentait tout ce qu'il détestait et il serra les dents, * se fit violence pour ne pas juste la laisser dans son ignorance et faire demi-tour sans un mot. Après tout, lui aussi pouvait la mépriser, lui aussi savait frapper là où ça faisait mal. Il n'était vraiment pas mauvais à ce jeu, il pouvait le lui montrer.

Le ton de la jeune femme était froid, il exigeait une réponse, voire même une bonne réponse. Julian devait encore faire ses preuves, même pour quitter cet endroit, même pour reprendre sa vie en main et soudain il en eut assez. Assez de toute cette mise en scène d'employé modèle semblant demander une faveur à sa patronne. Il ne demanderait pas, cette fois il prendrait.

- Pourquoi ? répéta-t-il d'une voix grave avant de poursuivre avec un soupçon de sarcasme. Putain c'est une vraie question ou vous vous foutez de moi ? Je dois vraiment vous faire un état des lieux de tout ce que j'ai traversé depuis que je bosse pour vous ?

Un rire nerveux s'échappa de sa bouche et ses lèvres se mirent à trembler légèrement en se pinçant sous l'effet de la colère contenue. Elle ne pouvait pas vraiment lui demander ça n'est-ce pas ? Bordel, elle était là au moins deux catastrophes sur quatre. Elle avait perdu un doigt et peut-être un bébé. Il avait tout donné, jusqu'à sa vie pour la protéger et elle osait demander pourquoi...
Le masque qu'elle se donnait semblait bien fonctionner, la rendant aveugle à ce qui l'entourait visiblement.
Il inspira profondément pour mieux calmer le feu qu'il sentait grimper au fond de lui, et reprit un peu plus posément :

- Peu importe finalement...je...

Je ne suis plus à ma place ici. Plus quoi ? apte ? capable ? à la hauteur ? trop de qualificatifs s'entrechoquaient dans son esprit et il secoua la tête pour recouvrer des idées claires.

- Je suis venu vous le dire en face, je vous devais au moins ça.

Verrait-elle dans ses propos la rancoeur et la blessure provoquées par son silence ? Lui au moins venait affronter sa vision comme il avait souhaité affronter sa culpabilité. Celle de ne pas avoir su la protéger, celle de n'avoir pas agi comme il aurait dû pour les protéger tous. Combien d'heures, de jours avait-il ressassé cette soirée en imaginant d'autres scénarios possibles. Combien de fois s'était-il dit qu'il viendrait la voir malgré son silence, qu'il enverrait un nouveau message jusqu'à ce qu'elle cède ? Pourquoi n'avait-il finalement rien fait comme s'il était persuadé que cela ne changerait rien pour autant. Qu'espérait-il dans le fond ?

Ils gravitaient dans des univers trop différents et sa lettre toujours posée sur le bureau ressemblait à une nouvelle barrière.
Une barrière que pour une fois, il lui imposait.

Ne voyant pas ce qu'il pouvait ajouter de plus, il tourna les talons et se dirigea vers la porte.

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Jeu 10 Jan - 21:35
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Les yeux rivés sur la baie vitrée, elle ne regardait pas vraiment la jungle. Elle était là, sous ses yeux, et pourtant, c’était le reflet de Julian qu’elle cherchait sur la paroi miroitante. Elle devinait sa silhouette, sans voir pour autant ses yeux, son visage tandis que l’écho de sa propre voix manquait de la faire frissonner. Elle ne se reconnaissait pas ainsi, en cette figure que son conseil d’Administration avait tant voulu voir, en ce rôle qu’elle avait pris pour le bien de l’entreprise, affirmant sa position, main de fer dans un gant de soie. Et pourtant, c’était son choix. C’était elle qui avait choisi cette voie, qui se reconstruisait au travers de ce nouveau personnage, glacial, dur comme la roche, qui avait souhaitait enfermer cette jeune femme fragile loin de cet environnement. Julian pouvait-il vraiment obtenir un traitement de faveur ?

La réponse ne se fit pas attendre. Répétant cette question, il manqua de la faire sursauter tant le sarcasme était audible. Laura ne bougea pas, pourtant, déglutissant avec difficulté, manquant de se mordre la lèvre inférieure, ne sachant pas s’il pouvait la voir, elle et tous ses doutes. Vous vous foutes de moi ? Elle aurait aimé s’excuser, lui dire que oui, tout ceci n’était qu’une mascarade, une grotesque farce à laquelle elle était obligée de prendre part sans quoi tout s’arrêtait. Pas uniquement son travail à lui, mais celui de l’entièreté des employés de cette entreprise. Pourtant, elle ne put s’empêcher de fermer les paupières quand il évoqua le bilan de ses mésaventures sur l’île. Quelle gratitude avait-elle eu pour lui, dans toutes ces missions pour lesquelles il avait risqué sa vie pour celle des autres ? Aucune. Un simple merci. Quelques sourires. Mais rien de très encourageant. Elle n’avait pas su lui rendre hommage autant qu’il le méritait. Et comme elle le regrettait, de ne pas lui avoir accordé sa juste valeur. Pourquoi ? La question valait pour elle. Par égoïsme. Trop de fois, elle avait pensé que Julian pourrait se détourner d’elle, de leurs objectifs construits ensemble. Et pour rien au monde, elle ne voulait les voir se détruire. Je vous protégerai, je le promets. Ses mots revinrent en sa mémoire, doublés par ceux qu’il avait eu à l’égard de Dean Nicholls en cette sinistre soirée, se jetant vers lui pour lui jeter son poing à la figure, la défendant quoiqu’il arrive. Envers et contre tout. Pourquoi ? Tant de questions qui demeuraient sans réponse.

Mais elle ne lui offrit pas de réponse, le laissant déverser son fiel, sans bouger, masquant les tremblements de son corps en croisant les bras, accordant un rapide regard à son doigt fragile, peureuse de l’abîmer. Ce rire aigre la força à serrer les dents, crispant sa mâchoire. Elle devait encaisser, autant que possible. Tu peux y arriver, Laura. Mais se le dire, était-ce suffisant ? Clairement pas. Elle l’entendit prendre son inspiration, essayant de ne pas se laisser impacter par sa colère. Peu importe. Quoi ? Non ! Ça lui importait, justement. Elle voulait comprendre pourquoi il en était arrivé à cette conclusion. Pourquoi devait-il partir ? Ce fut sa respiration à elle qu’elle dû essayer de maîtriser, soudainement prête à faire volteface pour lui faire entendre que ça ne lui allait pas. Et finalement, tel un couperet s’abattant sur sa nuque, il l’acheva. Je vous devais au moins ça. Attaque personnelle. Elle sentit son sang prendre quelques degrés. Elle ne lui avait pas offert d’explication. N’avait pas cherché à le revoir. N’avait pas même répondu à son SMS, malgré les maintes tentatives. Ses dents grincèrent, se frottant les unes aux autres, les tremblements de son corps menaçant de devenir spasmes. L’Indienne bouillonnait, menaçant d’exploser. Il venait là, lui balançant sans explication qu’il quittait l’équipe avant de… Lui reprocher son attitude ? Improbable. Impossible. Où était le mentor qui l’avait emmenée dans la jungle, échangeant un instant en toute intimité sur des hauteurs improbables ? Était-il vraiment mort lors de cette soirée ?

Alors, quand dans le reflet de la baie vitrée, elle le vit bouger, elle se retourna, le regardant, les yeux écarquillés, regagner la sortie. Oh que non… D’un geste vif, elle appuya sur le bouton qui permettait le verrouillage de la porte, un léger cliquetis se faisant entendre depuis cette dernière. Mais qu’est-ce que tu fous ? Oui, elle se posa la question un instant. Ce n’était pas de la séquestration, ça ? Qu’importait, si c’était le seul moyen pour elle de se faire entendre par l’agent de sécurité… Quoi qu’il lui fallait maintenant sa pleine attention. Et sa colère suffirait à l’obtenir. A côté du bureau, sur la petite desserte où reposait les liqueurs, il y avait quelques verres. Presque machinalement, elle en attrapa un avant de le lancer de toutes ses forces en direction de l’homme qui lui tournait le dos. Dans sa précipitation, elle le manqua, atteignant le mur, à quelques centimètres de la porte. « Je ne vous ai pas donné l’autorisation de partir, monsieur Blake… » La colère grondait, palpable. Oh oui, elle lui en voulait de l’avoir attaquée aussi personnellement. Et elle allait devoir riposter. Tant pis pour l’indifférence. Au diable ce rôle. La vraie Laura reprenait le dessus. « Alors quoi… Vous démissionnez parce que vous avez été à de nombreuses reprises impliqué dans des déconvenues tragiques ? Est-ce votre manière de me faire entendre… Je ne sais pas moi… Que j’aurais dû vous virer avant ? Oh, et puisqu’elles cumulent autant que vous, pourquoi ne pas renvoyer Powell et Mora également, hein ? Elles sont au moins aussi incompétentes que vous, non ? » Elle ne le pensait pas. Du tout. Elle respectait ces femmes impliquées dans la sécurité du parc, celles qui s’était pris des balles pour les autres. En vérité, peu le savait, mais Laura respectait l’ensemble de ses employés pour les dangers qu’ils prenaient au quotidien en venant simplement vivre sur cette île maudite. Ses épaules se soulevaient et s’abaissaient de concert avec cette respiration qui s’affolait, incontrôlable à cause de la colère. « Ah, et évidemment, je les convoquerai pour mieux leur offrir leur lettre. Je ferais ça en face à face… Je leur dois bien ça aussi, n’est-ce pas ? »

Elle était mauvaise. Méchante même, elle le savait. Mais c’était la colère qui s’exprimait. La frustration de tout ce temps passé sans savoir quoi faire, sans être capable d’agir, pétrifiée par la peur, par ses craintes. Par ce sentiment d’avoir cru un court instant qu’il avait perdu la vie par sa faute. « C’est donc là la seule vraie raison de cette démission ? Mon silence ? C’est votre manière à vous de me le faire payer ? » Et elle prit un second verre, réitérant l’expérience qui, il fallait le dire, avait quelque chose d’appréciable. Le verre se brisa à nouveau contre la paroi solide. Et ce fut en poussant un peu plus la voix qu’elle reprit. « Alors, je l’ai assez brisé, ce silence ? Ou vous en voulez encore ? »

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Jeu 10 Jan - 23:26
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Alors que Julian se dirigeait vers la porte, à seulement deux pas de cette dernière, il entendit un cliquetis. Machinalement, il fronça les sourcils et franchit la distance qui le séparait de l'immense panneau de bois pour venir poser la paume de sa main dessus. Se pouvait-il qu'elle ait fermé la porte depuis le bureau ?
Les avait-elle réellement enfermé ici tous les deux ? Il ne pouvait y croire tant cela lui semblait surréaliste. Il voulait en avoir le coeur net et fit dévier sa main vers le battant. C'est alors qu'un objet vint s'écraser juste à côté de lui avec fracas. C'était du verre. Il fit un pas sur le côté en se retournant, incrédule. La voix de Laura résonna à nouveau dans l'air du bureau. "Je ne vous ai pas donné l'autorisation de partir, Monsieur Blake."

Debout, juste à côté de la desserte qui accueillait de nombreux verres et bouteilles, il comprit immédiatement qu'elle le visait. A coups de projectiles improvisés.
Cette scène lui rappela vaguement une autre, déroulée chez lui lorsqu'il avait lui-même jeté un verre sur le mur dans un accès de rage envers Powell. Mais en aucun cas il n'avait visé sa responsable, il avait simplement cherché un exutoire à sa colère.
Stupéfait face à l'attitude de la jeune femme, il demeura là, immobile en rongeant son frein. Pourtant, il mourrait d'envie de la remettre à sa place. Quelle était cette attitude détestable ? Pour qui se prenait-elle ? Ce n'était pas la Laura qu'il connaissait ou du moins qu'il croyait connaître. Devant lui se tenait cette femme de pouvoir qui en usait délibérément avec égoïsme, sans aucune limite. N'était-elle pas entrain de le séquestrer ? N'était-elle pas entrain de lui donner des ordres pour satisfaire son propre besoin ?

Après le verre, les paroles plurent, acerbes et virulentes. Laura répondait à la provocation par la méchanceté et la colère. Julian serra les dents, encaissant chaque mot comme la gifle qu'elle aurait mieux fait de lui donner à la place, au moins auraient-ils gagné du temps. Après plus d'un mois de silence, elle le brisait dans la violence.
Chacune de ses phrases attisait la colère de l'agent, comme si elle soufflait sur les braises d'un feu qui couvait. Elle se moquait ouvertement des "déconvenues tragiques" qu'il avait vécu, rabaissant un peu plus tout ce qu'il avait donné pour le parc, pour elle.
S'il avait été moins impulsif, s'il avait été capable de prendre un certain recul à ce moment précis, peut-être se serait-il rendu compte qu'elle usait de dérision, que ses paroles trahissaient d'autres émotions que celles qu'elle voulait bien montrer.
Mais Julian était impulsif, Julian gérait très mal ses émotions parce que depuis trop longtemps, il faisait tout pour les éviter. Aujourd'hui, elles le rattrapaient.

Ses poings se fermèrent tandis que Laura lui assénait le coup final, reportant le motif de sa démission sur son comportement muet.
Il sentit la douleur sourde de ses phalanges blanchies par la crispation de ses doigts et lorsque le deuxième verre explosa à quelques centimètres de son visage, il sentit la morsure de la coupure picoter sa peau. Un éclat avait dû le frôler et il l'ignora tout simplement, concentré comme il l'était sur Laura qui à quelques mètres persistait à le provoquer dans l'attente d'un nouveau jet de verre.

Il y eut alors ce court instant durant lequel on entendit que les souffles contrariés et violent dans l'atmosphère, tellement court en réalité qu'on aurait pu douter de son existence.
Le poing de Julian s’abattit violemment sur la porte derrière lui sans qu'il se retourne. La colère se distillait dans ses veines et lorsqu'il ouvrit à son tour la bouche ce fut simplement pour lui ordonner à son tour :

- Ouvrez moi cette putain de porte !


Il ne voulait pas s'expliquer, il n'avait même pas envie de parler. Ce qu'il souhaitait, c'était fuir. Loin d'elle. Et voilà qu'elle l'enfermait comme un animal sauvage, le forçant à lui faire face. Mais comme un animal sauvage, Julian paniquait, se sentait acculé et craignait de devenir plus agressif.

- LA PORTE ! cria-t-il à nouveau en redonnant un coup dedans.

L'interphone grésilla un instant et la voix du gorille qui lui servait de garde du corps résonna dans l'air pour lui demander si tout allait bien et pour lui signaler qu'il ne pouvait pas entrer.
Sans blague...
Julian en profita pour franchir la distance qui les séparait et renversa sans préavis la desserte. Les verres et les bouteilles basculèrent avant de se briser sur le sol dans un fracas retentissant.
Il se planta alors face à elle. Bizarrement, un léger sourire éclairait maintenant son visage. Elle n'avait plus rien à lui jeter au visage. Un point pour lui non?

- Ma démission ne regarde que moi,
souffla-t-il d'un ton soudain trop calme. Vous n'êtes pas en mesure de me demander de rendre des comptes, ou alors, commencez par regarder de votre côté... Maintenant, si j'étais vous, je le laisserais entrer.


Et du menton, il indiqua l'interphone.

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Ven 11 Jan - 10:04
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C’est une très mauvaise idée… Giflant cette petite voix qui osait ramener sa fraise, Laura adressa son regard le plus noir à Julian, prête à reprendre des munitions pour les lancer toujours plus rageusement sur cette pauvre porte qui n’avait pas fini d’en prendre pour son grade. Quand Julian la frappa du poing, sans quitter des yeux la PDG, elle sursauta légèrement. Oui, elle avait peut-être fait une connerie. Si elle pensait être la seule capable d’extérioriser par la colère, elle venait de comprendre que ce n’était pas vraiment le cas et qu’elle venait d’envoyer la balle à plus fâché qu’elle… Et plus musclé, aussi. Pourtant, serrant les dents, elle ne décrocha pas un mot, le regardant à son tour avec des yeux ronds, comme étonnée voire même indignée qu’il réagisse de la sorte. Pourtant, quand il frappa de nouveau le battant avec colère, la main de Laura se leva vers ses lèvres, retenant un petit cri de surprise, essayant de ne pas céder à la panique. Elle venait de s’enfermer avec un lion affamé. Très mauvaise idée…

Et pourtant, elle ne céda pas à la tentation de se diriger vers le bureau et d’appuyer sur le bouton qui permettrait l’ouverture. Non, elle ne devait pas lui accorder raison. Et finalement, la voix de cet imbécile de garde du corps fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Je n’arrive pas à ouvrir la porte. Bordel, ces mecs avaient des muscles et peut être une faculté de tirer hors de la norme, mais ils étaient cons comme des manches, à n’en pas douter. Le seul problème, c’est que l’interprétation risquait de ne pas être la bonne et ça allait se retourner contre Julian. Alors que tout venait d’elle. Et ça, il ne tarda pas à le lui faire remarquer. Brisant la distance entre eux, il la força à un léger pas de recul, se demandant un court instant s’il n’allait pas la frapper. Mais non. Saisissant la desserte, il l’envoya voler dans un vacarme assourdissant, manquant de la faire hurler de stupeur. Elle observait les ruines de ces liqueurs obtenues en mettant le prix se déverser sur le sol, parmi les débris de verre. Les équipe d’entretien allaient la maudire. Vraiment. Un court instant, elle paniqua, relevant vers lui un regard franchement apeuré, comme celui d’un animal qui comprends trop tard qu’il n’était pas le chasseur mais bien la proie. Mais il ne lui laissa pas le temps de réfléchir, se rapprochant un peu plus d’elle, reprenant sur un ton calme – beaucoup trop calme – la parole.

Voilà qu’il devenait aussi égoïste qu’elle à dissimuler les raisons de son départ, à ne pas vouloir lui exprimer les choses. Rendre des comptes. Oui, elle en avait à rendre, et elle ne le savait que trop bien. Ce n’était pas lui qui le lui apprenait mais qu’il lui rejette une fois de plus la chose en pleine face la fit gronder de colère. Et puis, une menace à moitié voilée. A laquelle elle n’eut que la provocation pour réponse. « Sinon, quoi ? » Et oui ? Qu’allait-il lui faire si elle n’ouvrait pas cette foutue porte ? Pourtant, elle s’écarta légèrement, s’avançant vers le bureau pour appuyer sur le bouton qui permettait la communication avec l’extérieur. « Je sais. C’est normal. Allez prendre l’air. » Sa voix trahissait son agacement vis-à-vis de cet idiot qu’elle aurait préféré voir loin d’elle qu’à ses côtés. Et relevant le regard vers Julian, elle lui fit comprendre que non, elle n’accéderait pas à sa requête et qu’elle n’ouvrirait cette porte que lorsque les choses auront été dites. Pas avant.

Revenant là où elle s’était trouvée quelques secondes auparavant, lui rendant l’avantage physique de la briser en deux s’il le souhaitait, elle se mit à répondre, toujours sur ce ton acide. « Je suis en mesure de bien des choses, Julian Blake ! Je suis celle qui a pour devoir de diriger cet endroit et ce n’est pas vous qui allez m’apprendre à le faire ! » Les tremblements devenaient incontrôlables et elle dû s’éloigner, lui tourner le dos à nouveau pour ne pas se laisser submerger. Garde le contrôle, Laura… Mais il y avait bien longtemps qu’elle ne l’avait plus. Et sa voix avait pris une octave quand elle reprit, s’époumonant pour le dire. « Et vous croyez que c’est facile, je suppose ? Oh oui, c’est si évident d’être une petite fille riche et de régler tous ses problèmes avec quelques billets. De quoi ai-je à me plaindre ? De mes équipes incompétentes, c’est vrai. La sécurité aurait dû anticiper tout ceci, réagir mieux que ça… C’est vrai, la faute étant forcément sur les autres, je devrais tous vous pointer du doigt… Oh, mais lequel ? » Et là, elle sut qu’elle allait trop loin, levant sa main gauche, exposant cette marque bien trop visible, ce séquelle au-dessus duquel elle n’arrivait pas à passer, qui la renvoyait un peu plus vers cette soirée. « Celui-là, peut-être ? Il est désormais tout autant inutile que tout le reste, non ? » Les larmes lui montaient aux yeux, non pas de tristesse, mais de colère, de frustration… Et de peur. « Je sais pertinemment que mon côté n’a rien de clean, monsieur Blake. A commencer par mon manque de discernement devant ce qu’il s’est passé. J’ai reçu ces foutues lettres de menaces, les jetant dans ma poubelle en pensant qu’il s’agissait de mots envoyés par des enfants. Ah la bonne heure… Des enfants surentraînés et armés… Vous connaissez le bilan ? Parce que moi, oui, par cœur, je me le récite tous les soirs avant de me mettre dans mon lit. »

Se retournant vers lui, elle commença son énumération, et au diable le secret médical. « Victoria Hill. Blessure superficielle par belle et léger traumatisme crânien, plusieurs contusions. Norah Ayoun. Nécessité d’une psychothérapie due à un état de choc traumatique. Kara Anderson. Contusions multiples, hématome sévère dû à un choc violent. Dean Nicholls… Oui, même cette montagne a fini à l’hosto pour quelques coups. Adam Andrews. Contusions et traumatisme crânien avéré. Ivy Moore. Blessure par balle dans la cuisse ayant engendré une fracture du fémur, nécessité de transfusion sanguine. Jerricho Dockery. Blessure par balle et contusions multiples. Claire Dearing. Etat de Choc avec amnésie post traumatique. Freya Mora. Blessure par balle aggravée par une extraction sauvage. Ingrid Powell. Blessure par balle critique avec nécessité de transfusion sanguine, maintenue en état critique pendant plusieurs jours… Sa gorge s’était serrée au fur et à mesure de sa récitation pour en arriver à son apogée. Une larme glissa sur sa joue tandis qu’elle baissait le regard, incapable de le regarder dans les yeux dès lors que ça le concernait. « Julian Blake… Hémorragie interne, contusions multiples, fractures de cotes et de l’arcade sourcilière, de nombreux organes défaillants… Un coma artificiel de six jours. » Et ça faisait mal. Dieu que ça faisait mal de se réciter cette leçon apprise par cœur malgré elle. Et elle était incapable de supporter le poids de son regard. Elle le connaissait suffisamment pour savoir ce qu’elle pourrait y lire. La culpabilité.

Mais ce n’était pas de sa faute. Pas à lui. C’était la sienne. Entièrement la sienne. « Et tout ça pour quoi ? Rien… Rien du tout parce qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient. » Alors elle se saisit d’une des rares choses cassables sur son bureau. Un cadre. Un cadre mettant en scène la seule et unique photo de ses parents souriants. Elle adressa un rapide regard à ce dernier avant de lui faire subir le même sort que les verres quelques instants auparavant, l’envoyant s’exploser dans le mur à l’opposé, bien loin de là où se trouvait Julian et elle. Sa respiration était toujours plus profonde, lui donnant le tournis, l’obligeant à s’appuyer sur le bureau un court instant avant de lui adresser un nouveau regard empreint de cette rage. « Je vous interdis de démissionner. Vous voulez que je rende des comptes ? Soit, commençons par vous. Vous voulez combien ? C’est comme ça que les choses marchent, non ? J’aligne le fric, vous bossez pour moi ? Après tout, je me fous de l’humain, c’est bien ce que vous pensez ? Quand vous étiez là, à faire le mort pendant que nous étions tous en train d’essayer de nous en sortir, je m’en foutais royalement, c’est ça ? Vous ressentez pour moi, maintenant ? » Doucement, elle rompait la distance entre eux, se rapprochant de lui, revenant à cette méchanceté gratuite, cette façade. La seule qui lui permettait de ne pas lui montrer la faiblesse derrière ses larmes. La seule qui lui évitait de comprendre pourquoi elle avait été si mal. « C’est vrai… Laura Masrani n’a pas de cœur, après tout. Déjà qu’elle s’invente une grossesse pour essayer de faire naître l’émotion chez les autres, peut être qu’elle feint tout le reste aussi. C’est pour ça qu’au moment où on vous a cloué au sol, j’ai seulement cru que vous étiez mort. » Ce fut plus fort qu’elle. Sa main droite volant, allant frapper sa joue avec force, dans un claquement digne d’un film hollywoodien. Les dents serrées, ce fut en sifflant qu’elle lui offrit ses derniers mots. « Alors expliquez-moi pourquoi votre décision me fout en rogne ? Vous avez l’air bien placé pour ça, non ? »

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Ven 11 Jan - 12:28
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Laura avait peur, Julian le voyait dans son regard. Après tout, il avait frappé à deux reprises sur la porte. Il avait hurlé et renversé d'un mouvement brusque tout la desserte, brisant boissons et verres avant de lui suggérer de laisser entrer son gorille, peut-être dans le but de la protéger.
Pensait-elle qu'il soit capable de l'agresser physiquement ? Le connaissait-elle si mal ? Jamais il ne s'en prendrait à une femme, à elle encore moins qu'à une autre. En revanche, il savourait d'avoir à son tour un sentiment de pouvoir sur elle, aussi petit fut-il. A ce moment précis, il avait le dessus et cette émotion qu'il redoutait en temps normal, menaçait de lui faire franchir un point de non retour. Il se connaissait suffisamment pour savoir qu'il userait de cette domination, juste pour l'impressionner.

Pourtant, la provocation sembla appeler la provocation et Laura ne cilla pas, allant même jusqu'à lui demander ce qui l'attendait si elle persistait à le garder enfermé. Il inspira profondément et sentit ses mâchoires se serrer. En dehors de la peur qu'il pouvait peut-être lui instiller, il n'avait aucun moyen de pression, rien, que dalle dans ce royaume qui n'appartenait qu'à elle. Elle menait toujours le jeu, suffisamment sûre d'elle pour se détourner et regagner l'interphone afin de congédier son stupide gorille, ce qui arracha malgré lui un rictus à Julian. Le sourire s'effaça instantanément lorsqu'elle releva son regard vers lui et qu'il comprit qu'elle n’accéderait pas à sa requête. Pire que cela, elle revint se planter devant lui, comme pour lui montrer qu'elle ne le craignait pas, que le peu de pouvoir qu'il avait eu s'était déjà dissout dans l'air ambiant.

A ses nouvelles paroles, Julian sentit la chaleur de la colère envahir son ventre. Il serra le poing qui pendait le long de son corps, serra les dents faisant ainsi saillir les muscles de sa mâchoire, tout son être semblait sur le point d'exploser. Mais malgré son apparent contrôle, Laura finit par se détourner de lui, n'hésitant pas à tourner le dos comme si elle lui dissimulait quelque chose. Sa voix s'était également faite plus tremblante et tirait à présent sur un son plus aiguë. Un flot de parole s'échappa de sa bouche, curieux mélange de frustration, de colère et surtout de culpabilité. Elle leva la main, dévoilant son doigt mutilé pour mieux juger ouvertement de ses manquements dans toute l'affaire. Il leva les yeux vers ce doigt, remarqua la fine trace rosée qui en faisait le tour, épiderme fraîchement cicatrisé encore si fragile, mais ne dit rien. Que dire de toute façon ? Devant le flot de paroles, même s'il l'avait souhaité, il n'aurait pu en placer une.

Alors elle se tourna vers lui, les yeux brillants et sa voix se mit à énumérer les conséquences sur chaque personne présente. Il connaissait le bilan, lui aussi s'était renseigné. Pourtant, tandis qu'elle citait les cas les uns après les autres, il remarqua que sa voix s’éteignait petit à petit, comme éprouvée par ce qu'elle était entrain de dire. Il vit la larme tandis qu'elle baissait les yeux, comme si croiser son regard devenait trop dur. Alors, elle parla de lui. Le dernier de la liste à ses yeux. A nouveau, il ne rétorqua rien, trop préoccupé par un erreur qu'elle venait de commettre. Elle avait oublié quelqu'un dans son compte rendu : Laura Masrani, diverses contusions, doigt tranché net et regreffé, choc traumatique, humiliation publique, perte potentiel d'un bébé.

Le bruit d'un nouveau verre brisé le ramena à la réalité. Pas un verre, un cadre qui avait achevé son vol à l'autre bout de la pièce. Qu'avait-elle dit ? Qu'ils avaient eu ce qu'ils voulaient ?
L'enquête suivait toujours son cours et lui-même ignorait réellement ce qui avait été volé. Toutes les données si ses souvenirs étaient bons, alors que voulait-elle dire ? Que Jurrassic World était fini ?
Pourquoi ça lui importait autant si finalement il partait ?
Laura semblait à bout et malgré ça, elle trouva encore la force de vider son sac après avoir déchargé sa colère et sa frustration. Les nouveaux mots tombèrent net, chargé de sarcasme et de fausses vérités.
Il sembla à Julian cependant que ces nouvelles paroles le ciblaient particulièrement.
Après lui avoir clairement indiqué son refus de démission, elle lui proposait de l'argent. Il n'en voulait pas. Cet argent la pourrissait elle et le pouvoir qu'il lui donnait la rendait détestable. Il n'aimait pas la Laura Masrani derrière ce bureau, il préférait de très loin celle qui découvrait la jungle et se contentait d'un thermos de thé en hurlant du haut d'un arbre.
Ses paroles le touchèrent à plusieurs reprises, marquant son incompétence et son échec cuisant le soir de l'attaque. Il avait fini à terre, il n'avait servit à rien et elle le lui signifiait ouvertement. Il ne voyait même pas l'ironie, ni la peine qui teintait ses mots lorsqu'elle s'avança vers lui pour lui indiquer qu'elle l'avait crut mort.
Pas plus qu'il ne vit la main s'élever dans les air pour mieux s'abattre sur sa joue dans un claquement sec.
Il ne comprenait pas qu'elle lui en veuille autant et même si c'était le cas, pourquoi refusait-elle qu'il parte alors ? Il la regarda un long moment, sans mot dire, ressentant pleinement la brûlure sur sa joue et le soulagement de cette grossesse inventée. Elle pouvait recommencer autant de fois qu'elle le souhaitait.
D'ailleurs, pourquoi se sentait-il soulagé à ce point ? Il ne pouvait se l'expliquer et plaça cet étrange sensation sur l'idée qu'elle ne lui avait rien caché finalement et qu'il n'avait pas mis la vie d'un enfant en danger.
Elle pleurait, s'en rendait-elle seulement compte derrière cette façade froide et autoritaire qu'elle lui offrait ? Le masque de porcelaine ne se fendrait-il jamais ?

Julian inspira profondément durant le laps de temps où tout sembla s'apaiser. Le silence les enveloppait doucement, le jeune homme sentait toujours sa colère bouillonner en lui, mais il n'avait pas envie de crier. Étrangement, il avait peur de ne pas se contrôler et cette peur lui imposait un calme en apparence.
Elle attendait des explications, elle attendait que lui, lui explique pourquoi elle était en colère. C'était le monde à l'envers non ? Très bien, il allait le lui dire et elle pourrait le gifler à nouveau s'il visait juste.

- Pourquoi ma décision vous fout en rogne ? Je vais vous le dire. Parce que vous ne contrôlez plus rien. Ce monde que vous dirigez depuis plusieurs années vous file entre les doigts depuis ce soir là. Tout a basculé...vos convictions, vos attentes, vos peurs, votre petite vie bien rodée. Et aujourd'hui j'en remets une couche en vous annonçant mon départ, vous avez le sentiment de perdre, encore.

C'était un peu le principe de la goûte qui fait déborder le vase non ?
Il se détourna d'elle et se dirigea vers la baie vitrée, pour mieux analyser le système d'ouverture. Avant cela, il jeta un coup d'oeil pour se rendre compte de la hauteur, et du terrain environnant. Tandis qu'il parlait, il n'oubliait pas qu'elle l'avait enfermée et qu'il avait besoin de fuir avant de prononcer de regrettables paroles.

- Je commence à vous connaitre Laura, reprit-il en glissant sa main sur le montant métallique sans même la regarder. Vous êtes une guerrière, une battante qui n'abandonne jamais. Je suis persuadé que vous bataillez jusque dans vos rêves. Mais aujourd'hui, vous vous rendez compte que ça ne sert plus à rien de vous battre, vos plans resteront contrariés, c'est un fait.

Plantant son regard dans le sien en stoppant ses gestes un instant, il lança :

- Je me fous de votre pognon. Et cette décision c'est la mienne, vous ne pouvez pas m'interdire de partir, comme vous ne pouvez pas m'obliger à rester enfermé dans cette pièce.

Comme il tentait d'ouvrir l’immense fenêtre, celle-ci ne céda pas sous son impulsion et il pesta :

- Bordel ! Cette fenêtre est aussi bornée que vous putain !

Les paumes de ses mains glissèrent le long de la vitre, vaincues. Il vint poser son front contre le verre et ferma les yeux un instant.

- Je me suis inquiété pour vous
, avoua-t-il soudain d'une voix lasse et déçue avant d'émettre un petit rire nerveux. C'est la seule putain de chose que j'ai su faire dès lors qu'ils s'en sont pris à vous.

Sa voix s'éteignit d'elle-même, contrariée et frustrée à la simple idée d'être aussi pathétique.

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Les monstres et les fantômes existent.
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Ven 11 Jan - 23:11
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La colère. Quelle facilité que de se laisser aller à cette émotion fugace, vive et qui excusait tout emportement. Rares étaient les crises de colère pour Laura qui cherchait toujours un autre moyen que celui-ci pour s’exprimer, quitte à dissimuler ce qu’elle pouvait réellement penser. Mais pas cette fois. Il lui avait été nécessaire de craquer, de laisser sa voix s’emporter, son corps se tendre sous ce sentiment, aller jusqu’à la violence. Elle aurait voulu pouvoir hurler à plein poumons pour exprimer tout ce qu’elle ressentait, mais elle ne se l’était pas permis. Non. Laura s’était enfermée dans le silence, laissant tout ceci mariner jusqu’à l’implosion. Et Julian avait provoqué tout cela. Avec du recul, elle regretterait la moitié de ses mots autant que son attitude, incapable de se reconnaître dans cette hystérique vociférant des choses horribles. Mais il fallait en passer par là. Peut être qu’elle n’aurait pas dû cracher autant sur sa psychothérapie, finalement, et que tous les médicaments du monde ne sauraient mieux vider son sac qu’un échange avec un professionnel de l’âme.

Son regard était mauvais tandis qu’elle plantait ses yeux noirs sur un Julian Blake qui ne semblait pas en mesure de réagir. Pourquoi ? Elle voulait qu’il s’énerve. Elle voulait qu’il la remette à sa place, quitte à lui en coller une à son tour. Mais non. Il restait stoïque, silencieux tandis qu’elle balançait son venin sur ses traits abîmés. Elle ne remarqua alors qu’à cet instant que sa joue avait été finement entaillée. A cause d’elle. Une fois de plus. Une mince ligne sanguine se dessinait sur sa joue, comme lorsque Pankh s’en prenait à elle quand elle finissait par l’agacer et qu’il la griffait. Et pourtant, ce fut sa voix qui la fit doucement redescendre sur terre, abattant ce voile rouge qu’elle avait devant les yeux, ruinant la colère à néant. Ce contraste entre eux deux était terrible et pourtant, il eut le mérite de la pousser à accepter sa réaction excessive.

Vous ne contrôlez plus rien. Une douche froide. Terrible. Glaciale. Et pourtant si réaliste. Elle n’acceptait pas de perdre ce contrôle mais elle devait admettre que plus rien ne tournait rond depuis ce jour-là. Son entreprise lui filait entre les doigts. Ou plutôt, non, elle avait repris la main dessus mais se bridant elle-même entre les mains du conseil d’administration, leur accordant cette présence à leurs côtés qu’elle avait trop souvent écartée. Elle était si bien, sur cette île, loin de ses responsabilités, appréciant ce danger quotidien qui n’avait rien à voir avec une perte d’argents et des choses si futiles. Ici, Laura se sentait vivre, véritablement. Mais voilà, on avait détruit son jardin d’Eden, fait couler le sang dans celui-ci, rendant les lieux inconfortables. Elle ne savait pas comment réagir face à tout ça, se renfermant derrière ce masque d’indifférence et de froideur, plaçant des distances entre eux tous et elle. Julian était un dommage collatéral dans tout ceci.

Perdre. Laura n’avait pas l’habitude de perdre. Depuis toute jeune, on la laissait gagner par principe, parce qu’elle était l’enfant chérie d’une dynastie affichant des milliards. Elle s’était donnée à fond pour devenir la meilleure dans tout ce qu’elle entreprenait. Et puis, elle avait perdu sa mère. Puis, son grand-père. Puis, son père. Puis, un fiancé arriviste. Puis, le contrôle de son entreprise. Puis, sa dignité. Et maintenant, elle perdait Julian. Un ami ? Était-ce pour cela que ça faisait si mal ? Elle lui faisait confiance. Trop, peut-être. Pourquoi ? Parce qu’il avait été là à chaque fois qu’elle semblait avoir franchi un cap. Et il avait été là quand on avait abattu l’oisillon au vol. Alors oui, elle eut envie de lui remettre une gifle. Mais elle était trop pétrifiée pour en être capable. Il s’éloigna d’elle, s’approchant de la baie vitrée à son tour, la laissant là, statue incapable de bouger. Elle buvait ses paroles, électrochoc nécessaire qu’il lui fallait à tout prix encaisser. Mais pour l’heure, elle eut le sentiment de recevoir de nouveaux coups dans l’abdomen.

Je commence à vous connaître. Oui. C’était vrai. L’un comme l’autre commençait à anticiper les réactions de son vis-à-vis parce qu’ils avaient passé tant de temps ensemble que nier une proximité revenait à se fourrer le doigt dans l’œil. Mais la démission, pour le coup, l’avait désarçonnée avec la violence d’un tricératops qui charge. Ses mots étaient durs. Mais pouvait-elle seulement lui dire qu’il se trompait ? Non, pas cette fois. Cette fois-ci, elle était au pied du mur, tant avec lui qu’avec l’ensemble de sa vie. Elle n’avait plus d’atout dans ses manches et devait seulement accepter. Accepter qu’elle n’avait plus la main sur le jeu et qu’elle avait perdu. Pourtant, quand il en vint à lui faire entendre que tout ce qu’il souhaitait au moment présent, c’était se barrer, elle le vécu comme un abandon. Un nouvel abandon. Alors le voir s’exciter contre la pauvre fenêtre la fit ciller. Euh… Il est sérieux ? Abasourdie, elle le regarda s’énerver, allant jusqu’à mentionner que la fenêtre était aussi bornée qu’elle. « Vous vouliez vraiment sauter par la fenêtre ? » Elle le regardait comme s’il l’avait insulté mais lui finit par soupirer. Et il eut cette phrase. Terrible. Qui l’ébranla.

Je me suis inquiété pour vous. Était-ce seulement possible ? Possible que quelqu’un lui prête une attention autre que celle d’une PDG d’entreprise ? Non, ce n’était pas ce qu’il disait. Mais c’était ce qu’elle voulait croire. Et alors qu’une boule au ventre se formait, elle comprit doucement pourquoi tout ceci la foutait en rogne à s’en rendre malade. Ce n’était pas parce qu’un de ses meilleurs agents souhaitait partir. Non. C’était parce que Julian Blake voulait partir. Elle avait beau essayer de se persuader du contraire encore et encore, elle ne faisait que refouler l’évidence. Malgré elle, Laura ne le regardait plus de la même manière. Plus comme ce jour-là où elle ne voyait en lui qu’un professeur pour la survie en milieu hostile… Combien de fois avait-elle pensé à lui dans d’autres circonstances ? Evidemment, elle n’en avait jamais parlé, se disant que l’isolement devait provoquer ça. Et elle baissa les yeux, avouant doucement l’inavouable dans un murmure. « Moi aussi… » Oui, elle aussi s’était inquiétée, envisageant le pire. A chaque coup qu’il prenait, elle souffrait. Quand il lui avait tendu son T-Shirt pour se couvrir, elle avait été si reconnaissante qu’elle aurait aimé pouvoir le serrer dans ses bras. Et son cœur se serrait si fort à chaque fois qu’elle avait lu ce SMS, ne sachant quoi dire, quoi faire parce qu’elle avait fini par comprendre, au fond d’elle, que tout ce qu’elle voulait, c’était l’étreindre avec force et sentir la vie qui ne l’avait jamais quitté. Mais non. Au lieu de cela, elle l’avait emprisonné comme un lion en cage. Elle ne voulait le garder rien que pour elle. Elle était égoïste.

Alors, elle fit les quelques pas qui la séparait du bureau et appuya sur ce maudit bouton, déverrouillant la porte dans un cliquetis. Elle avait la gorge serrée mais peut-être était-ce ce qu’il leur fallait. Le laisser partir. Se laissant aller dans un fauteuil de cuir qui faisait face à celui qu’elle occupait d’ordinaire, elle resta là, immobile, fermant les paupières avant de lâcher avec regrets. « Vous avez raison. » D’un regard circulaire, elle observa le désastre causé par leur colère mutuelle. « J’ai perdu. » Ca ne se comptait pas uniquement en dollars, pour son plus grand malheur. Son cœur se brisait un peu plus à mesure qu’elle comprenait ce renoncement nécessaire qu’elle devait faire. Lâcher prise. Déglutissant avec difficulté, elle releva son regard noir vers lui, souriant tristement. « Il vous faudra une lettre de recommandations, je suppose… Je m’en occuperais quand… J’aurais nettoyé tout ça… » Elle terminait à peine sa phrase que la porte s’ouvrit. King Kong fit son entrée, l’apostrophant par son nom, observant la scène avant de dégainer son arme. Bêtement. Un frisson parcourut son échine et elle se dressa rapidement sur ses pieds, se plaçant instinctivement entre le molosse et sa cible. « Ne soyez pas idiot, baissez votre arme. » « Mademoiselle Masrani. Vous a-t-il blessé ? » Oh, il risquait de prendre pour tout ce qu’elle n’avait pas pu extérioriser. « Espèce d’imbécile, c’est vous qui allez me blesser si ça continue alors rangez ça où je vous montre ce que je sais faire avec un 9 mm, grâce à cet homme justement… Ca ne vous a pas suffit un trou dans le plafond ? » Référence à son entretien avec Dean Nicholls quelques jours plus tôt où elle s’était sentie obligée de faire une démonstration de ses talents. « Dégagez. » « Ce ne sont pas à vos ordres que je… » « Alors dites bien quelque chose à votre employeur de ma part : Merde. Précisez-lui que c’est une citation et que s’il a quelques désaccords avec cela, je serais ravie de le lui redire par téléphone ou en réunion lors de notre prochain conseil. » L’homme baissa finalement son arme, comprenant bien qu’il avait, lui aussi, sur-réagit. Reculant doucement, il finit par sortir à nouveau, laissant cependant la porte entrouverte. Laura poussa un long soupir. Elle était si lasse de tout ça. Si fatiguée de ces pensées incessantes et prenantes. Faible. Elle se sentait si fragile soudainement. Depuis combien de temps n’avait-elle pas mangé un repas digne de ce nom ? Elle tituba légèrement, cherchant le fauteuil de sa main droite, reprenant place dedans. Prenant de longues et profondes inspirations, elle reposa son regard sur Julian. Ne m’abandonne pas, s’il te plaît… Et pourtant, c’était son souhait. « Je crois que… Je peux vous libérer de votre promesse… Grâce à vous, je peux me protéger toute seule… » Elle ne voulait pas lui enlever ses capacités, simplement lui permettre de partir plus léger encore. « Et pour la volière, je… » Trouverais quelqu’un d’autre ? Non, elle ne le souhaitait pas. Détournant le regard, elle se mordit la lèvre inférieure, ne sachant que trop bien qu’elle était incapable de lâcher ces mots. C’était avec lui qu’elle devait y aller. Personne d’autre.

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Sam 12 Jan - 13:13
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Oui, il avait vraiment voulu passer par la fenêtre. Après tout, il n'était plus à ça près. La hauteur était élevée, mais il avait facilement repéré plusieurs prises dans la densité des arbres qui venaient lécher les murs et les vitres du bâtiment. Il avait ignoré le regard noir qu'elle lui avait lancé, après tout pouvait-elle comprendre son besoin de fuir, cette nécessité à éviter la discussion et toute situation qu'il ne pouvait contrôler ? Et pourquoi le mettait-elle dans cet état ? Pourquoi choisissait-il la fuite dès qu'il lui semblait ne plus avoir l'ascendant sur elle ?

La voix de Laura l’atteignit à son tour. "Moi aussi". Vraiment ? Si elle était inquiète pourquoi avait-elle ignoré son message ? Pourquoi n'y avait-elle pas répondu ? Foutaises...elle tentait certainement de l'amadouer. Dans un relent de colère nouvelle, il eut envie de l'envoyer chier et de lui dire qu'il était inutile de lui mentir. Ne l'avait-elle pas giflé parce qu'il avait sombré dans l'inconscience ? Si ce n'était pas de dégoût pour cet échec alors pourquoi était-ce ?
Non vraiment, elle n'était pas obligée de faire semblant de s'en soucier. Et là encore, il se sentit insulté qu'elle le fasse. Pourquoi cela le dérangeait tant ? Peut-être aurait-il voulu qu'elle se soucie vraiment de lui. Qu'elle idée saugrenue vraiment ? Pourquoi Laura Masrani se soucierait-elle d'un type comme lui?

Il releva la tête avec l'envie pressante de la regarder, comme si le simple fait de la voir pouvait répondre à sa question. Elle lui tournait le dos et s'approchait de son bureau. Il entendit le cliquetis de la porte qui se déverrouillait et les battements de son coeur s'intensifièrent. Son regard se reporta sur elle, assise dans le siège visiteur. Elle semblait lessivée. Abattue.
Les paroles qu'elle relâcha étaient sans appel. Elle était vaincue.
Il aurait dû jubiler, il aurait dû l'accabler un peu plus, enfoncer le couteau dans la plaie en prétextant avoir gagné. Enfin !
Mais en dehors d'une boule glacée dans son ventre, il ne se sentait pas si bien que cela. Il l'observa un moment, en silence, tandis qu'elle lui parlait de recommandations, armée d'un sourire triste.
Fronçant légèrement les sourcils, son regard se fixa sur le sol, perturbé. Après avoir hurlé, après l'avoir frappé, elle se taisait simplement en arborant un petit air souffreteux. C'était déstabilisant pour lui de la voir si calme après tout cet éclat.
Lui aussi avait mis un beau bordel, il s'en voulait presque. Presque. Parcequ'il sentait sa colère légitime et sa culpabilité tangible. Presque, parce qu'elle l'avait cherché et qu'il n'avait finalement fait que rétorquer.
La porte s'ouvrit à la volée. Evidemment, le garde du corps venait s'assurer que tout allait bien.

Julian croisa les bras sur son torse attendant que Laura congédie Machin ou lui. Il leva un sourcil lorsqu'elle mentionna le coup de feu dans le plafond. Était-elle sérieuse ? Et machinalement, il chercha l'impact, le nez levé vers le plafond.
Face à l'intrus, Laura regagna de sa superbe et Julian ne put s'empêcher de sourire discrètement. Comme quoi, il n'était pas le seul à s'attirer les foudres de la jeune femme. L'autre reparti comme il était venu mais laissa la porte ouverte, par mesure de précaution certainement.

Alors Laura se renfonça dans son fauteuil, elle paraissait lasse, exténuée. Dormait-elle la nuit ? Peut-être que des médicaments l'y aidaient ? Il l'observait toujours, remarquant qu'elle se forçait à respirer calmement. Leurs regards se croisèrent mais il ne parvint pas à lire en elle. Ses yeux sombres semblaient impénétrables.
Elle ne pleurait plus, mais son visage trahissait une certaine peine.
Alors elle lui annonça qu'elle le libérait de sa promesse et qu'elle était capable de se protéger seule. En tirant dans les plafonds peut-être ?
Certainement pas.

Alors, ignorant ses propos sur la volière, il se dirigea vers la porte. Là, dans l'embrasure, il jeta un coup d'oeil au garde du corps et à l'assistant et avec un sourire narquois, il ferma la porte.
Lorsqu'il se tourna de nouveau vers Laura, le sourire avait disparut, laissant place à une contrariété visible.

- Je ne vous ai pas appris à vous servir d'une arme pour tirer au plafond. C'est un moyen de défense, pas un moyen de pression pour je ne sais quel employé dissident. Mais peut-être devrais-je m'estimer heureux que vous n'ayez eu que des verres à votre portée aujourd'hui ? gronda-t-il en s'approchant d'elle.

Face à elle, il soupira profondément, déjà énervé par ce qu'il s'apprêtait à faire. Pourtant, il ne supportait pas de la voir dans cet état. Où était passée la Laura Masrani capable de hurler du haut d'un arbre ? Capable de dépasser ses limites pour atteindre un objectif ? Il ne reconnaissait pas cette femme en chemise. Il s'agenouilla devant elle et releva son visage dans sa direction afin d'accrocher son regard.

- On ne peut pas gagner à tous les coups,
commença-t-il. Je regrette de ne pas avoir été à la hauteur, je regrette de ne pas avoir pu tenir ma promesse. Vous ne m'en libérez pas Laura, je n'ai pas été capable de la tenir et croyez moi, j'y pense chaque jour...à toutes ces atrocités.

Malgré la colère qui se ravivait, il eut un petit rire écœuré.
- J'ai été minable et à cause de moi...
Sa gorge se serra et son regard se déporta sur la main qu'elle avait posé sur l'accoudoir. Il observa avec plus d'attention la fine cicatrice qui ornait son doigt, comme une bague qui ne la quitterait jamais. Julian déglutit avec difficulté, sentant sa culpabilité lui brûler les entrailles. Il approcha sa propre main de la sienne, ses doigts des siens mais retint son mouvement dans le vide, avant de finalement se raviser. Il ne pouvait pas la toucher. Comment pouvait-il seulement en avoir le droit désormais ?
Elle avait beau être la responsable du parc, elle ne pouvait se blâmer pour des lettres de menaces qui ne l'avaient pas alerté. Julian se doutait bien qu'elle en recevait des quantités gigantesques. Non, les seuls responsables demeuraient les agents de sécurités présents, lui en particulier, qui avait manqué de professionnalisme car il avait été aveuglé par la peur qu'il ressentait pour elle.

Sans réfléchir, il se remémora les moments qu'ils avaient partagé. Un début de complicité parfois qui avait mené aux rires ou à une proximité. Un lien. Les yeux légèrement écarquillés, il ne pouvait plus ignorer ce poids, ce fil qui les connectait et qui le terrifia instantanément.
Mieux valait éviter le sujet, mieux valait l'éviter tout court. Il avait raison de partir, voilà ce que son cerveau paniqué lui soufflait.
Il se racla la gorge et ajouta, la voix perturbée par sa découverte plus que par les propos qu'il tenait, les yeux rivés sur la baie vitrée, comme s'il pouvait lui-même s'y projeter :

- Vous devriez laisser tomber la volière. La sécurité a été renforcée, personne ne vous laissera passer.

L'agent de sécurité qui laisserait passer Laura Masrani pour une promenade dans la jungle se prendrait les foudres de Powell. Après ce qu'il s'était passé, on ne prendrait pas le risque qu'il lui arrive quoique ce soit.

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Sam 12 Jan - 20:29
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Il partait. A l’instant où elle le vit marcher vers la porte, elle se l’imagina, préférant fermer les yeux pour ne pas à subir la douleur de ce nouveau départ, de cette nouvelle perte. Pas de mots. Pas de vision propre. Elle n’aurait su supporter cela. Elle ne rouvrit les yeux que lorsqu’elle entendit la porte se fermer, supposant que cela venait de se faire derrière lui. Quelle ne fut pas sa surprise alors, quand elle le vit encore là, revenant vers elle, écarquillant doucement les yeux, le dévisageant sans comprendre. Sa voix n’avait rien de doux tandis qu’il lui reprochait presque d’avoir tiré dans le plafond. Il n’avait pas été là. Il ne pouvait pas comprendre toute l’absurdité de la scène. Dean Nicholls n’était pas que dissident, il avait mérité un recadrage des choses avant qu’elle ne puisse lui proposer ce qu’elle avait en tête. Pourtant, quand il aborda le fait qu’elle n’ait eu que des verres ce jour, elle détourna le regard, légèrement honteuse. Elle regrettait déjà son geste, se tortillant légèrement sur le fauteuil. Et ça ne s’arrangea pas quand il se mit à genoux devant elle. Elle le regarda faire, l’œil rond, paniquant soudainement sur la démarche qu’il était en train de mener.

On ne peut pas gagner à tous les coups. Non, c’était certain. Mais Laura n’en avait pas l’habitude et encaisser la défaite était plus dur qu’il n’y paraissait, surtout lorsqu’une part d’elle était morte lors de cette défaite. La suite n’était qu’une tirade dans laquelle il ne faisait que s’auto-flageller, sous le regard attristé de Laura. Elle ne supportait pas qu’il voit les choses comme ça. Il avait tant fait pour elle. Son T-Shirt, les coups… Comment pouvait-il vouloir faire plus ? Fallait-il qu’il meure pour elle pour se convaincre… ? Non… Une boule lui tordit à nouveau le ventre tandis que cette pensée effleurait son esprit, horrible, inimaginable. Elle ne le permettrait jamais. « Julian… Non… » Ne dis rien, s’il te plaît… Mais il poursuivit, dans un rire à demi-teinte, allant jusqu’à penser que rien aurait été pareil… Qu’elle n’aurait pas tant souffert. Le regard clair de l’homme la quitta pour se tourner vers cette main maladroite et fragile. Honteuse. Elle eut envie de la mettre derrière son dos, faute de table sous laquelle la cacher, de gant pour la dissimuler. Mais non. Elle resta là, sur l’accoudoir, molle pour ne pas trahir son membre invalide. Son propre regard se posa sur elle, observant les doigts de Julian s’approcher des siens. Son cœur battait alors sa poitrine avec force tandis qu’elle espérait presque sentir sa peau effleurer la sienne. Mais non. Il se ravisa. Déglutissant avec difficulté, Laura détourna le regard, prenant une profonde inspiration. Pourquoi était-elle déçue ? N’y pense pas… Car elle le savait, au fond, pourquoi…

Elle le laissa reculer, demeurant dans le fauteuil, passant sa main droite dans sa tignasse pour masquer sa gêne. Un silence s’installa tandis qu’il regagnait à nouveau la baie vitrée. Puis, sans prévenir, il fit un commentaire sur ce projet concernant la volière, la forçant à reposer le regard sur sa silhouette. « Laisser tomber ? » Elle fronça les sourcils, se levant à son tour pour mieux se rapprocher de lui. « Comment voulez-vous que je laisse tomber ? C’est la raison de ma présence ici ! Je DOIS y aller. » Sa mine trahissait son inquiétude à ce sujet. Qu’espérait-elle trouver là-bas ? Elle ne le savait pas elle-même. Elle devait y aller, c’était tout. « J’ai perdu une bataille, certes… Mais celle-là, je ne tolérerai aucune défaite. Même avec une jambe en moins, j’essaierais d’y aller. En rampant s’il le fallait ! » Bon, elle poussait la chose à son paroxysme, c’était certain. Mais sa volonté était là. Quand il s’agissait de ce projet, elle serait capable d’abattre des montagnes. « Alors oui, la tâche est plus compliquée… Mais il faudra m’abattre s’ils espèrent que j’abandonne. Mon père est là-bas, quelque part. Et il est hors de question que je ne lui rende pas l’hommage qu’il mérite… Même si la moitié de l’univers le juge cinglé ! » Elle poussa un long soupir. C’était la seule chose qui revenait, encore et encore. La folie Etait-elle en train de sombrer dedans ? Elle se posait sérieusement la question…

Relevant le regard vers Julian, ses yeux noirs glissèrent alors sur la joue de l’agent de sécurité. « Vous saignez… » Et alors, vivement, elle posa délicatement sa main sur sa joue, analysant la blessure, constatant que, comme elle le pensait, ça n’était pas pire qu’une griffe de chat. Se retournant un instant, elle attrapa un mouchoir de la boîte qui se trouvait sur le bureau. Esquissant un geste vers sa joue, elle s’arrêta pourtant, dans son élan, finissant par lui tendre le morceau de papier. « Tenez. Le glissant dans sa main, elle finit à son tour par regarder la jungle par la baie. « J’irais toute seule, s’il le faut. Mais j’irais. »

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Laisser tomber ?
Oui, c'était bien ce qu'il lui demandait. Son projet ne pouvait plus aboutir désormais, à moins d'attendre que la situation se tasse. Peut-être alors que la sécurité serait moins regardante sur les allers et venues des employés de l'Ile. Julian n'y croyait pas vraiment, il était bien placé pour savoir qu'à présent, on ne plaisantait plus avec les autorisations menant aux différentes zones du parc. Le fait qu'elle s'appelle Laura Masrani n'y changerait rien, au contraire même !
On la garderait bien au chaud, en sécurité pour assurer la pérennité du parc.
Comme elle se levait pour le rejoindre devant la vitre ouverte sur le monde, il s'attendait déjà à ce qu'elle se rebiffe. Il avait bien compris que la volière était un élément central dans la vie de la jeune femme, mais peut-être pas au point de ce qu'elle lui apprit alors.

Il grimaça face aux propos qu'elle lui lança, jugeant dans ses paroles une volonté qui pouvait la conduire facilement à la mort et ça ne lui plaisait pas. Et pendant qu'elle le lui expliquait, retrouvant une vivacité soudaine, lui s'était arrêté sur une seule phrase. C'est la raison de ma présence ici.

Depuis le début, tout était donc question de cela. Il se mit en colère parce qu'il se sentait utilisé, parce qu'elle ne lui en avait pas parlé dès le départ. Que croyait-elle ? Qu'il la prendrait pour une folle ? Qu'il refuserait de l'aider ? Si elle lui avait fait part de ses projets dès le début, il aurait ajuster les entrainement pour la rendre opérationnelle plus vite, au lieu de perdre du temps dans des entraînements de défense et de survie basiques. Powell était-elle au courant ? L'avait-elle placée sous sa responsabilité à lui en sachant pertinemment qu'il ne poserait pas de question, qu'il s'en foutrait tout simplement tant que le boulot était fait ?
Non, il aurait pu jurer que Powell ignorait tout de l'envie de Laura. Mais cela pouvait encore s'arranger. Il pouvait la dénoncer, faire en sorte que Powell la maintienne confinée dans les zones sécurisées de l'ile.
Serait-il capable de la balancer aussi simplement ? Sans regrets ni mauvaise conscience ?
Il comprenait son besoin de se rendre sur les lieux du décès, il comprenait l'hommage qu'elle voulait lui offrir, mais quel prix était-elle prête à payer pour y parvenir ?
Simon Masrani n'aurait certainement pas souhaité que sa fille se place dans un tel danger pour ça. Voilà ce que lui avait retenu de l'homme qui avait lancé le parc.

La voix de Laura le tira de sa rêverie momentanée et il eut à peine le temps de tourner son regard vers elle que déjà, la main délicate de la jeune femme se posait sur sa joue. Il sentit les battements de son coeur s'affoler et hésita à reculer. A quoi jouait-elle bordel ? Du sang ? Oui, certainement un morceau de l'éclat de verre. Il l'avait senti sur le moment mais cela ne l'inquiétait pas plus que cela.
Heureusement, elle se détourna pour attraper un mouchoir qu'elle lui tendit ce qui lui permit d’exhorter son être à retrouver son calme, à ne pas paniquer. A présent qu'il était conscient du lien qui s'était formé entre eux, il souhaitait vivement commencer à le défaire lentement, avant qu'il ne soit trop tard. Le pourrait-il seulement ?

Il attrapa le mouchoir et essuya rapidement sa joue pour ne pas la contrarier, avant de froisser le tissu entre ses doigts.
Au même moment, elle lui annonçait qu'elle irait dans la jungle, seule s'il le fallait. Cette vision l'horrifia, car il la savait capable de tout tenter pour y parvenir. La volière demeurait un endroit dangereux. Les dimorphons et autres dinosaures volants étaient agressifs, ils pouvaient vous embarquer sans problème et vous lâcher en plein vol, sans compter leurs morsures et leurs griffures. La peur s'imprima dans son abdomen.
Sans réfléchir plus, il se tourna vers elle et lâcha d'un ton abrupt :

- Je vous l'interdis ! Vous m'entendez ? C'est hors de question.

Et comme il pointait sur elle un doigt menaçant, il poursuivit :

- Ne me forcez pas à en parler à Powell ! La connaissant, elle serait capable de vous confiner dans vos appartements et de vous faire escorter à chacune de vos sorties par un king kong plus évolué que votre modèle actuel.

Il ne céderait pas à ce caprice, quitte à être celui qui briserait son rêve, quitte à endosser le mauvais rôle.
Avant de partir, il s'assurerait qu'elle demeure en sécurité et ce malgré elle.
Après ce court instant de calme, une nouvelle tempête s'annonçait. Julian appréhendait, il savait que Laura n'abandonnerait pas facilement son projet, mais il était prêt à se battre, encore, pour la convaincre.
Avant de partir, il devait la convaincre. Alors elle pourrait le haïr et peut-être même qu'ainsi, ce serait moins douloureux au final. Mais pour lequel d'entre eux deux ?

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Dim 13 Jan - 10:10
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Le pourrait-elle seulement ? Partir à l’aventure, seule, s’appuyant sur tout ce qu’elle avait appris, sur ses expériences passées pour mieux évoluer dans une jungle où tant de monde avait déjà perdu la vie ? Saurait-elle seulement assumer cette solitude une fois la verdure refermée sur elle ? Avec Julian, elle pouvait discuter, se rassurer de bien des manières. Là, ce serait différent. Elle ne pourrait pas décrocher un mot, chaque son devrait capter son attention… Un court instant, sa motivation vacilla face au doute de cette réalité. Laura n’était pas née pour évoluer dans cette jungle, pour en faire son terrain de jeu. Elle avait appris et Julian avait eu beau être un professeur très pédagogue, elle doutait d’y parvenir sans lui. Et lui aussi.

Comme une enfant que l’on gronde après une bêtise, il plaça un veto catégorique sur une telle option. Et cela la décontenança. La jugeait-il véritablement inapte ? Et si lui le faisait, alors peut être qu’elle se surestimait grandement, qu’elle ferait mieux de renoncer. Non. Comme elle l’avait annoncé, elle ne pouvait perdre cette bataille et serait prête à soulever des montagnes pour atteindre son objectif. Une démission ne devait être qu’un grain de sable dans un rouage bien huilé, faisant croquer la grande machine mais ne l’empêchant pas de tourner. Alors elle fronça les sourcils tandis qu’il pointait son doigt sur elle, accusateur, menaçant. Mais était-il vraiment en posture pour le faire ? En parler à Powell. A cette remarque, la colère revint au fond d’elle. L’espace d’un instant, elle manqua de lui demander s’il oserait avant de se dire que oui, il le ferait. Mais pourquoi ? Craignait-il vraiment pour sa vie ? Il l’avait prouvé lors de la prise d’otages, encaissant les coups pour elle. Mais il partait. Il l’abandonnait. Alors comment pouvait-il pouvoir prétendre vouloir la protéger s’il plaçait entre eux une terrible distance ?

La suite n’était pas pour la réjouir et, soudainement, elle pensa que c’était l’hôpital qui se foutait de la charité. N’était-ce pas lui qui avait même envisagé de sauter par la fenêtre pour s’enfuir ? Maintenant, il voulait la faire parquer entre quatre murs. « Sympathique… Non, vraiment, venant d’un homme qui est prêt à se jeter par une fenêtre sous prétexte d’une porte verrouillée, vous êtes gonflé d’envisager de me faire garder… Et puis quoi, on demandera à King-Kong de me mater sous la douche pour être sûr de ne rien rater ? Aux toilettes ? La moitié de l’île m’a déjà vue à moitié nue, il serait justice pour l’autre moitié de profiter du spectacle aussi… » Elle leva les yeux au ciel avec insolence, comme pour lui faire comprendre ce qu’elle ne pensait de tout ça, de cet avertissement bidon qu’il lui lançait. « Autant rentrer sur le continent… Quoi qu’ils continueraient à me surveiller, par principe… »

Poussant un soupir, elle s’éloigna de lui, s’asseyant à moitié sur le bureau, attrapant soudainement la lettre de démission du jeune homme, l’agitant devant elle. « Et je vous rappelle que vous avez démissionné. C’est votre choix, je le respecte… Mais dans ce cas, je ne suis plus un souci pour vous et ce que je fais ne vous regarde plus. Et ça commence dès à présent. » Il n’avait pas le droit de capoter ça. Il n’avait pas le droit de l’enfermer dans une cage dorée, de la faire garder comme une vulgaire poupée fragile, pas après l’avoir emmenée dans la jungle, lui avoir appris à tirer… C’était injuste. Julian était injuste. Il se libérait de tout, rompait ce lien qu’ils avaient construit pour mieux la renfermer sur elle-même. Lequel des deux était le plus égoïste, finalement ? « Alors, faites vos bagages même si, vous connaissant, j’imagine déjà votre valise prête dans votre chambre. Mais ne brisez pas ça sous prétexte que ça nuit à ma sécurité. Vous n’en avez pas le droit… » Les sourcils toujours froncés, elle le regardait avec l’espoir de le voir céder. Même si elle se doutait qu’il ne lâcherait pas le morceau comme ça. Mais c’était lui qui partait, pas elle qui le poussait dehors. « Si jamais vous ruinez cette sortie à néant, je vous jure que je ne vous le pardonnerai jamais… Et peu importe où vous vous trouvez sur cette planète, je vous retrouverai pour vous pourrir la vie, mon King Kong à mes basques. » Était-ce une plaisanterie ? A moitié, en réalité. Si l’un es rares buts de sa vie était mis à mal, il lui faudrait bien en trouver un autre, non ?

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Comme il l'avait pressentis, le visage de Laura se chargea de colère. Il le comprit immédiatement dans l'éclat qui brillait au fond des prunelles sombres de la jeune femme. Il prit sur lui, s'y étant mentalement préparé. Evidemment, dans la bouche de Laura la vision à laquelle il avait songé ressemblait d'avantage à l'image d'une détenue dans une cage dorée. Il s'en moquait bien, tant que cela la gardait en sécurité.
Ce fut son tour de sentir la colère le gagner à nouveau, alors même qu'elle lui lançait son culot au visage.
Voulait-elle reparler des verres qu'elle lui avait jeté en le prenant pour cible ? De la gifle peut-être ? Il croisa les bras sur sa poitrine, la mine renfrognée.
Le pire était cependant à venir. Après une attitude insolente qui lui fit hausser les sourcils, elle s'installa à moitié assise sur le plateau du bureau et lui rappela que sa démission le dispensait de se soucier d'elle. Sa remarque le toucha plus qu'il ne l'aurait pensé.

En toute logique, elle avait raison, si l'on s'en tentait au statu d'employeur/employé. Seulement voilà, Julian avait compris qu'un autre lien les unissait. Et même s'il le rejetait, il ne pouvait l'ignorer.
A présent, c'était presque comme si elle le congédiait. Franchement, lui dire de prendre ses cliques et ses claques et de dégager lui aurait fait le même effet. Une nouvelle gifle eut été moins douloureuse.
Il sentit sa mâchoire se crisper, il sentit la chaleur s’étendre dans son ventre, jusque dans ses jambes et ses bras. Ses poings se serrèrent, ses joues devinrent brûlante et il se félicita presque d'avoir gardé cette barbe de plusieurs jours pour masquer la couleur.
Il était à la fois stupéfait de ce revirement de comportement et à la fois agacé qu'elle lui montre si peu d’intérêt. Cela lui importait-il vraiment ? A quoi s'attendait-il ? Qu'elle lui demande de rester ? C'était ridicule. Il partait parce qu'il ne se sentait plus capable de rester, plus capable d'effectuer son boulot normalement et sereinement. Peu importe l'entrainement qu'il s'infligerait, au fond de lui, il savait qu'il n'avait pas été à la hauteur dans une situation critique, il savait que la simple pensée de Laura le déconcentrait.

C'était précisément pour cela qu'il ne sortait pas avec ses collègues, pour éviter de se remplir la tête avec des pensées parasites et voilà que celle dont il avait la responsabilité hantait son esprit désormais.
Il se dégoûtait.
L'attitude de Laura le désarçonna donc un moment, jusqu'à ce qu'elle ne le menace à son tour, lui promettant que s'il mettait à exécution sa proposition d'en parler à Powell, elle lui en voudrait toute sa vie et qu'elle s'assurerait de bien lui pourrir la sienne.

C'est à ce moment là qu'il ne put se contenir plus longtemps, la colère irradiant de son corps musculeux. Il se tourna vers elle et lui arracha la lettre des mains sans douceur, avant de la jeter plus loin. Plus il planta ses mains de part et d'autre de ses hanches avant de se pencher vers elle, afin qu'elle le regarde bien en face, bien dans les yeux. Il ne la laisserait pas se soustraire à son regard, il ne la laisserait pas fuir, non il lui montrerait ce qu'il voulait qu'elle comprenne.

- Vous pensez vraiment que démissionner m'interdit de me soucier de vous ?
commença-t-il avec virulence, le ton bas. Vraiment ? Après avoir mis ma vie en jeu pour la votre, après tout ce que j'ai enduré, vous pensez vraiment qu'un bout de papier et que quelques paroles suffisent à ce que je vous efface de ma vie ?

Les dents serrées, il sentit une première impulsion le gagner et son poing rencontra le bureau qu'il cogna fermement.

- Putain non, j'ai pas fais tout ça pour rien Laura. Je ne me suis pas interposé face à des hommes armés pour que tu ailles te perdre et te faire bouffer dans la jungle. Mais tu veux jouer à ça ? Tu veux menacer aussi ? Me faire du chantage peut-être juste pour assouvir ton caprice ou me montrer que tu as le dessus ?


Il se redressa et laissa échapper un éclat de rire bref . Dans toutes les émotions qui le tourmentait, il en avait oublié de la vouvoyer. Tant pis, il n'était plus à ça près de toute façon. Le meilleur restait à venir comme disait l'autre.
Les lèvres pincées, il la regarda un moment, trop conscient qu'il était allé trop loin et qu'il continuait de franchir la limite.
Sa main fouilla sa poche et il sortit son téléphone, celui charitablement donné pour le boulot par Masrani Corp. Ironique n'est-ce pas ? Son propre outil causerait sa perte d'une certaine manière, c'était suffisamment théâtral pour elle.
Il déverrouilla le mobile et rapidement, depuis l'écran tactile retrouva son dernier appel : Ingrid Powell.
Après avoir balayé l'écran du pouce, il porta le téléphone à son oreille sans la quitter des yeux, une expression inflexible imprimé sur ses traits.

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Dim 13 Jan - 20:24
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La tension qui régnait dans la pièce remonta d’un cran. Une fois encore, la terrible question. Pourquoi ? Oui, pourquoi fallait-il que tous ces mots lancés à la figure l’un de l’autre leur fassent tant d’effet, les pousse à réagir de la sorte ? Laura sentit que ses paroles poussaient un peu plus Julian à bout, qu’elles le faisaient réagir et, dans le fond, c’est ce qu’elle souhaitait plus que tout. Mais jamais elle ne s’était attendue à un tel revirement de situation.

Tel un prédateur, il s’était tourné vers elle, brisant à nouveau la distance entre eux pour la forcer à reculer, son corps venant faire pression contre le sien. En vérité, il ne la toucha pas à aucun instant. Mais cette proximité soudainement malsaine poussa Laura à un mouvement de recul, se laissant aller sur son bureau, accoudée à celui-ci, coincée par Julian Blake. Il lui avait arraché la lettre des mains, l’envoyant valser, lui tirant une première exclamation de surprise avant une autre, à l’impact de ses coudes sur le bois, faisant part de sa terreur. Car oui : Laura était dévorée par la peur. Malgré lui, Julian avait le comportement de ces hommes qui alimentaient ses mauvais rêves. La distance entre eux était moins conventionnelle qu’elle ne l’était permise mais respectait pourtant la jeune femme. Julian ne lui ferait aucun mal. Au fond d’elle, elle eut beau s’en persuader, elle n’y crut pu une fraction de seconde, manquant de crier. Et elle ressentit à nouveau ces mains baladeuses tandis qu’on arrachait sa robe, cherchant des moyens de communication à des endroits improbables, le corps du monstre plaqué contre le sien tandis qu’elle se tordait pour essayer de lui échapper. Sa respiration se fit plus courte et elle sentit son cœur battre plus rapidement. Mais elle ne savait pas comment arrêter tout ça tandis que l’adrénaline se répandait dans ses veines.

Sa phrase était déroutante. Elle eut envie de répondre oui, par principe, mais espérait profondément que non. Non, elle ne voulait pas qu’il arrête car ça la confortait dans l’idée que derrière ce sentiment, il y avait plus. Derrière tout ça, elle pouvait espérer davantage, elle qui réalisait doucement qu’elle ne souhaitait que ça. Et pourtant, aussi contradictoire soit-il, l’instant la rebutait. Elle crevait d’envie de lui faire entendre qu’il se trompait de A à Z, qu’elle ne souhaitait rien de tout ça et surtout pas qu’il l’efface de sa vie, quitte à lui offrir un instant bien plus que mémorable. Mais la trouille lui dévorait les tripes et elle restait là, paralysée, la mine déconfite, les yeux écarquillés à le regarder sans ciller, incapable de quoi que ce soit, allant même jusqu’à retenir son souffle chaotique. Alors quand il frappa le bureau du poing, elle le lâcha, ce petit cri de surprise et de peur, lui offrant cette première victoire, lui prouvant que là, il avait réussi à avoir le dessus sur elle.

Laura. Comme lorsqu’elle avait pris la fuite lors de l’expédition canoës. Comme à la fin de cette horreur, quand il avait essayé de la faire revenir à la réalité. Son prénom paraissait si doux et si âcre prononcé dans sa bouche. Et il brisa cette barrière qu’était le vouvoiement, ce respect mutuel de l’un envers l’autre, les renvoyant simplement à ces deux êtres humains qu’ils étaient. Il n’y avait plus que ça. Au diable le rang, le statut social ou la hiérarchie d’entreprise. Ils n’étaient soudainement plus que deux âmes écorchées vives qui tentaient vainement de sauver ce qu’ils pouvaient dans ce champ de ruines. Était-ce si malsain que cela ? Il vantait sa présence dans les pires moments, la manière dont il avait fait barrière de son corps pour elle, arrivant sur cette conclusion où elle allait tout simplement se faire tuer bêtement à cause de l’absence de cette armure humaine. Il la rabaissait plus bas qu’elle ne se jugeait déjà avant d’enfoncer le clou. Menaces. Il y avait toujours eu ce sentiment de déséquilibre entre eux. Ils vivaient dans deux mondes opposés où paillettes entraient en collision avec le sang et la sueur. « Julian… » Ce fut tout ce qu’elle parvint à articuler entre deux sanglots. Elle pleurait à nouveau, terrassée par la peur et la douleur que les mots, tels des lames aiguisées, infligeaient à son cœur. Avoir le dessus. Comme il se méjugeait. Les rares fois où Laura avait su lâcher prise, faire confiance, oublier cette supériorité qui la définissait, il avait été là. A chaque fois, elle l’avait vue comme un instructeur, une figure d’autorité à qui elle devait obéissance. Et elle le voyait toujours ainsi. Sauf que, pour une fois, elle avait mesure à le défier, invoquant ce choix injuste qu’il faisait à son encontre.

Elle inspira en sifflant tandis qu’il la libérait en riant, lui permettant de remettre de l’air dans ses poumons. Elle avait perdu le contrôle. Le masque était tombé, révélant cette femme fragile et tourmentée. Pire encore, il avait eu ce pouvoir sur elle qu’elle n’expliquait pas. Cherchant à se calmer, elle se redressa doucement, sa main gauche sur sa poitrine, ressentant les battements de son cœur qui menaçait de sortir de sa poitrine. Ce fut d’ailleurs parce qu’elle essayait de faire redescendre la crise qu’elle ne remarqua pas immédiatement ce qu’il faisait. Son téléphone semblait sorti de nul aprt et tandis qu’il le portait à son oreille, elle sentit un frisson d’horreur lui parcourir l’échine. « Qu’est-ce que tu fais ? » Question rhétorique, évidemment. Il ne faisait que mettre en pratique ce qu’il avait énoncé quelques instants plus tôt. Alors, sans réfléchir, elle se rua sur lui, usant de sa main valide pour lui attraper l’avant-bras au bout duquel il avait plaqué l’appareil à son oreille. « Arrête ! Julian ! Arrête ! » Et elle essaya de tirer sur son bras, de le forcer à lâcher prise, de s’emparer du téléphone. En vain. Elle était si faible et lui demeurait un agent surentrainé. Sa convalescence ne pouvait lui enlever ça. « Raccroche ce téléphone ! Putain, JULIAN ! RACCROCHE ! » Elle perdait les pédales. Ne fais pas ça, je t’en supplie. Il voulait la voir telle qu’elle était ? Elle était là, devant lui, à s’acharner à ne pas voir son rêve brisé comme le fut son corps et son âme. S’il lui prenait ça que lui resterait-il alors ? Lui ? Même pas. Il partait. Rien. Tu perds. Encore.

Lâchant un cri enragé, elle finit par le relâcher, comprenant à regret qu’elle n’aurait pas le dessus, se laissant aller aux pleurs. « D’accord ! Tu as gagné ! J’t’en supplie, ne fais pas ça ! Raccroche ! Ne lui dis pas ! Je ne veux pas… Je… Julian… Papa… » Sa respiration s’affolait de plus belle et sa main trouva sa tête, comme pour essayer de sortir toutes ces pensées contradictoires qui alimentaient la tempête sous son crâne. Stop. Pitié, stop. Il fallait que ça cesse. Il fallait qu’elle arrête tout. Qu’elle l’arrête lui. Elle en avait mal au ventre, sentait son être trembler sous la faiblesse tant psychologique que physique qu’elle s’imposait. Les quelques kilos perdus risquaient de retrouver d’autres acolytes prochainement. Et alors, elle ne pensa plus. Un trou noir ne laissant plus qu’une seule solution à cette montagne de problèmes. Se laissant tomber à genoux, elle referma sa main sur un des éclats de verre qui avait explosé. D’où venait-il ? D’un verre ? d’une carafe ? Fallait-il que cette question ait une réponse ? Elle le regarda, implorante tandis que sa chair s’entailla sur le débris, mangeant sa paume. Mais elle ne lâcha pas le morceau pour autant. Approchant le bout qu’elle avait instinctivement senti comme étant le plus pointu de son avant-bras, elle s’arrêta là, pointant son arme de fortune sur elle-même, ses yeux noirs relevés vers lui, trempés de ces larmes qui ne cessaient plus de couler. « Je t’en supplie… Tu ne peux pas m’enlever deux choses qui me tiennent à cœur en quelques minutes… Je n’y survivrai pas. » Tragédienne grecque. Et pourtant, elle pensait chaque mot. Il partait. Il lui enlevait son rêve. Damian ne serait pas une épaule suffisante pour qu’elle puisse pleurer, pas cette fois. Elle était trop lasse pour ça. Sa main tremblait à mesure que le sang coulait le long de ses doigts, du morceau de verre pour finir sur la chemise blanc immaculé, venant la tâcher à nouveau.

Elle n’avait jamais pensé à mettre fin à ses jours. Longtemps, elle s’était infligée bien du mal, le monde de la mode étant impitoyable. Mais Laura était une battante, telle que Julian l’avait décrite, véritable guerrière prenant chaque bataille tant à cœur qu’elle se sentait obligée de se ruer dans la mêlée. Mais plus cette fois. Cette Laura là semblait morte au moment où elle avait cru qu’il en était de même pour lui. Et pour renaître, elle avait besoin qu’à nouveau, il la pousse à se montrer.

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Dim 13 Jan - 22:42
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Malgré la peur qu'il lui inspirait sur le moment, malgré les larmes et les sanglots, il ne céda pas. Bien campé sur ses deux jambes, le mobile placé sur l'oreille, Julian ne quittait pas Laura du regard, allant jusqu'à ignorer sa tentative de l'interpeller dans un murmure de détresse. La colère le rendait aveugle à tout le reste, même à la peine qui rendait la respiration de Laura difficile, à la plaie toujours béante que ces hommes avaient provoqué en elle. L'agent d'intervention ne céderait rien, il n'avait plus le luxe de pouvoir céder à un caprice.
Mais était-ce réellement un caprice ?

La première tonalité retentit et Laura lui demanda ce qu'il faisait. Elle le comprit très vite, sans qu'il ait besoin de le lui expliquer, encore. Comme il s'y attendait, elle se rua sur lui pour lui retirer le mobile dans mains, mais il demeura inaccessible, inflexible. Seul son regard sombre persistait à la regarder avec intransigeance.
La seconde tonalité résonna et Laura commença à perdre patience, n’hésitant pas lui hurler dessus, à lui ordonner de raccrocher, toujours plus agressive dans les gestes et dans le ton mais là encore, Julian demeura fixé sur son objectif et s'il devait ignorer la jeune femme pour s'assurer de sa sécurité malgré elle, il le ferait.
A la troisième tonalité, Laura sembla abandonner après un cri de rage, allant jusqu'à lui dire qu'il avait gagné. Il serra les dents, mourant d'envie de lui dire que ce n'était plus un jeu. Il en allait de sa sécurité, pourquoi croyait-elle qu'il agissait avec plaisir ? Pour une fois qu'il faisait ce qu'il fallait dans son travail...
Pourtant, à la regarder porter les mains sur sa tête comme pour calmer la souffrance, à la voir ainsi pleurer dans l'abandon, il eut un moment d'hésitation.
A la quatrième tonalité, il déglutit avec difficulté, sentant une boule glacée se former dans son ventre. Qui était-il pour agir ainsi ? Pourquoi ne comprenait-elle pas qu'il agissait pour son bien, simplement pour son bien à elle.
Lorsqu'elle se laissa glisser au sol, il ferma les yeux un instant afin de s'épargner cette vision qui il le savait, le hanterait toute sa vie. Cette faiblesse, cette détresse à laquelle il restait insensible et la voix de Powell l'ancra dans la réalité. Il venait de tomber sur sa messagerie et raccrocha, ne sachant pas vraiment quoi dire. Le message d'accueil de Powell avait détourné l'attention du jeune homme et lorsqu'il la reporta cette attention sur celle qui emplissait ses pensées, il croisa son regard mouillé et remarqua le sang sur la manche, l'éclat brillant du verre dans sa main ensanglantée.
Il fronça les sourcils, son rythme cardiaque s'accéléra instantanément, le rendant sourd à tout ce qui l'entourait, même aux paroles de Laura. Ses lèvres bougèrent, mais seul le bourdonnement de son coeur tambourinant lui frappait les tympans.

Il se sentit subitement vide et glacé, tétanisé un instant et seule une question se répétait en echo dans son esprit si sûr ce lui, quelques minutes avant. Pourquoi ?

Involontairement, sa main lâcha le téléphone qui tomba au sol et du pied, il poussa le reste des éclats de verre avant de s'agenouiller à sa hauteur. La mine grave, les sourcils froncés, il lui fit ouvrir la main et la débarrassa de l'arme improvisé qu'il jeta un peu plus loin. Se redressant légèrement, il récupéra sur le bureau la boite de mouchoirs en papier et en profita pour verrouiller à nouveau la porte. Si son gorille se pointait maintenant, il allait à l'encontre de gros ennuis.
Toujours sans un mot, il épongea le sang pour mieux accéder à l'entaille. Elle était propre forcément et pas aussi profonde qu'il s'y attendait. Le soulagement l'emporta tel une vague une fraction de seconde, avant de se souvenir qu'elle avait tenté de se faire du mal.
Cette simple pensée l'enragea, mais il ravala sa colère, il ravala l'envie de lui hurler dessus, de la traiter de malade parce que en la regardant...il perdit ses moyens.
Comme dans la chanson, il devait être là pour elle, s'assurer sa sécurité et assumer sa peur de la perdre...

I got a fear, oh in my blood...
She was carried up, into the clouds, high above
If you bled, i bleed the same...


- Tu vas arrêter tes conneries, maintenant.lâcha-t-il d'un ton ferme.
Et après avoir placé une épaisseur jugée acceptable sur sa blessure, il la recouvrit de sa propre paume pour maintenir le pansement de fortune et comprimer le saignement. Ses doigts se refermèrent sur sa main, près à la tenir tant que ce serait nécessaire.

If you scared, i'm on my way...
Il se laissa tomber sur le sol à son tour, inclina doucement la tête pour mieux observer son visage trempé de larmes. De sa main libre, il saisit un nouveau mouchoir et essuya ses joues, son maquillage qui coulait et sa bouche tremblante de sanglots.

Did you run away, did you run away, i don't need to know.
But if you ran away, if you ran away, come back home.


Son bras s'étira jusqu'à elle et enveloppa le contour de ses épaules pour la ramener à lui. Malgré la chaleur qu'elle dégageait, il avait le sentiment qu'elle était glacée et il la serra un peu plus fort, le menton posé sur sa tête, il ferma les yeux un moment, attendant que les sanglots s'apaisent.

Just come home.

- C'est d'accord pour la volière. Je trouverais un moyen.


Il regretta instantanément ses paroles mais que pouvait-il faire d'autre ? Lui qui s'était juré de ne pas céder, il savait tout autant qu'il ne vivrait jamais en paix s'il devait arriver quoique ce soit à Laura. Encore plus s'il en était en partie responsable. Et n'était-il pas celui qui venait de la pousser à bout par son refus de l'aider ?

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Les monstres et les fantômes existent.
Ils vivent à l'intérieur de nous et parfois... ils gagnent
Lun 14 Jan - 9:49
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