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We believe to lead fate, but it is always him who leads us | ft. Nathan Spencer

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Jeu 6 Déc - 0:12

• Quelques jours après sa sortie d’hôpital •
We believe to lead fate, but it is always him

who leads us
Nathan Spencer & Ingrid Powell

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Il ne faisait jamais froid sur Isla Nublar, même en décembre.
C'est la réflexion que je me fis lorsque la porte de l'hôtel se ferma dans mon dos. J'avais même retiré la veste réglementaire de la sécurité pour la mettre en-travers de mes épaules. Hésitante, j'avançais de quelques pas, au son régulier de l'élégante canne que l'on avait cru bon de me confier. Je n'aimais pas vraiment ça, mais puisque l'on m'avait certifié que de cette façon, j'allais me remettre plus vite je n'avais pas fait d'histoires. De toute façon, elle m'était utile, je ne pouvais le nier.
Mon corps étant resté alité et inactif durant une longue période, il était donc nécessaire de le reconditionner petit à petit. La rééducation avait d'ailleurs fait son office mais j'avais anticipé mon retour sur l'île, ce qui avait éclipsé la fin de mes séances. Je ne pouvais décemment pas rester sur le continent alors qu'il y avait tant à faire ici. Et puis, Marry m'attendait.

J'étais en rémission, c'était le principal. Les élancements étaient maintenant moins fréquents et on avait finalement abandonné les substituts analgésiques. Mais j'avais promis de me tenir tranquille, et je comptais tenir ma parole...car malgré moi,  je fus forcée de constater que je ne pouvais plus effectuer certaines tâches comme avant. Pour le moment en tout cas.
Pour résumer :  j'étais raide comme la justice, et j'avais l'impression de m'être prise vingt ans dans la figure avec cette canne à la Hercule Poirot.

Quoiqu'il en fut, je descendis avec lenteur les quelques marches et rejoignis mon véhicule personnel qui avait été garé non loin de là. Je déposais négligemment la pile de courrier qui m'avait attendu durant ma convalescence à l'arrière et m'apprêtais à me rendre de nouveau sur mon lieu de travail. Autrement dit, le centre de contrôle où mon bureau devait crouler sous les missions en attente. J'en soupirais d'avance. Le bon côté des choses, c'était que je m'apprêtais à passer une journée entière assise sur mon siège. Sans bouger. Pas du tout.
En attendant, il fallait bien que je m'y rende. Seulement, j'avais encore l'interdiction de conduire mais puisque l'on parlait de siège, le docteur pourrait lui aussi bien s'asseoir sur cette exigence ! Je n'étais pas non plus invalide ! Et puis, il n'en saurait rien...
Sans culpabiliser aucunement, je pris à la fois appuis sur la canne et la portière pour tenter tant bien que mal de me hisser à bord de la Jeep. Tout bien réfléchi, ce n'était pas une mince affaire et cela me minait de voir que je peinais à effectuer ce geste qui était si anodin autrefois. Sous la force que j'y mettais, la porte s'ouvrit un peu plus, mettant à mal mes points d'appuis et je manquais de perdre l'équilibre, la canne glissant sur les petits gravillons. J'étouffais un petit gémissement de douleur et portais immédiatement la main sur mes côtes pour vérifier qu'aucun pansement n'avait bougé. Quelle misère !

Alors, j'entendis une voix qui s'approchait et refermais la portière pour contourner la voiture. Un homme se tenait non loin et remontait la petite cour. Je ne l'avais jamais vu et j'en fus légèrement irritée, moi qui étais censée faire le point sur la sécurité globale du parc. Comment pouvais-je faire correctement mon travail si des touristes en baskets se promenaient ça et là et que l'on ne m'en informe pas ? Le seul dont j'avais été prévenue de l'arrivée était M.Hunt. Jules Hunt, qui devait rejoindre mon unité. Peut-être était-ce lui ? En tout cas, il ne semblait pas débordé, c'était le moins que l'on puisse dire ! Comme le dit l'adage : "Quand le chat n'est pas là, les souris dansent..." Mais manque de chance, Powell était de retour et les vacances étaient terminées. Alors, je me plantais devant lui et lui serrais étroitement la main, sans lui laisser le temps de parler ou d'attendre son autorisation pour le faire :

• “Ingrid Powell, ravie de faire enfin votre connaissance." fis-je sans mettre davantage de forme pour le saluer. “nous sommes déjà en retard, aussi, auriez-vous l'obligeance de nous conduire ?" Je lui mettais mes clefs dans la main et me retournais déjà sans attendre sa réponse. Je tentais une nouvelle fois ma chance pour monter dans la haute Jeep -mais du côté passager- en usant d'une autre technique qui s'avéra plus fructueuse. Une fois assise, j'attendis patiemment mon voiturier du jour en veillant à ce que la ceinture de vienne pas frotter sur ma blessure. Diable, pourquoi n'avions-nous pas déjà démarré ? Masrani aurait-elle recruté un autre mollasson ? Je passais ma tête par la vitre ouverte et lançais, en pianotant sur le rebord de mes doigts : “Faites attention à ne pas rester planté là trop longtemps, ici les choses durent plusieurs centaines de milliers d'années !"

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Sam 8 Déc - 23:58


We believe to lead fate, but it is always him

Feat. Ingrid Powell


Décidément, je commençais bien mon arrivée sur l'île. Cela ne faisait que quelques jours que j'étais arrivé à Jurassic World, et me voilà déjà en retard dans mon nouveau travail. Heureusement, j'avais eu le temps d'avoir une visite guidée des locaux un peu avant, je pouvais donc retrouver mon chemin tout seul entre l’hôtel et le bâtiment comprenant ce que les autres appelaient "l'infirmerie des dinosaures" où se trouvait mon bureau, ainsi que plusieurs pièces et équipements pour exercer ma profession. Sans oublier les incubateurs et les enclos pour les nouveaux nés. Mais voilà, aujourd'hui, je n'avais pas entendu mon réveil. Et ce fut donc en sursaut, réalisant l'heure qu'il était, que je quittai mon lit pour aller dans la salle de bain. Il ne me restait plus que 10 minutes. Autant dire que cela allait être impossible pour moi d'être à l'heure.

Après avoir pris une douche express et m'être rapidement habillé, un simple tee shirt/jean avec des baskets, je me mis en quête de mon badge professionnel pour accéder aux différents complexes. Mais là, le badge était introuvable. Où l'avais-je mis ? Ce n'était vraiment pas mon jour, j'allais donner une mauvaise impression à mes collègues et à la hiérarchie. Je devais me dépêcher, mais non, le badge restait bien caché.

"Putain, mais où t'es passé, toi ?"

Je fouillai le plus vite possible toute la chambre, cherchant dans chaque tiroir, sous le lit, sous les draps et coussins. Mais, je finis par retrouver ce maudit badge dans la poche de l'un de mes pantalons. Ouf, j'avais eu de la chance.

"Ah, te voilà toi. Tu m'as donné du fil à retordre à fouiller partout. Rien ne vaut la recherche lorsqu'on veut trouver quelque chose. Tu en es la preuve vivante".

Certains psychiatres diraient que parler tout seul ou à un objet était le début de la folie, mais je m'en fichais royalement. Je glissai rapidement le badge dans ma poche, pris mon sac à dos contenant divers matériels indispensables à mon métier, avant de quitter en trombe ma chambre. L'ascenseur parut se déplacer trop lentement à mon goût, et je m'engouffrai à l'extérieur à peine les portes entrouvertes. Regardant ma montre, je poussai un soupir. Et voilà, j'étais en retard. Et encore, il me restait le trajet à faire. Je traversai le hall, passai la porte d'entrée, puis me dirigeai vers mon véhicule dans la cour. Soudain, j'entendis un faible gémissement non loin de moi, sur le parking de l'hôtel. Je m'arrêtai et vit une femme que je ne connaissait pas, la quarantaine passée, qui semblait avoir des difficultés avec son véhicule.

"Excusez moi, je peux vous aider ?" lançai je pour l’interpeller.

Mon interlocutrice se tourna vers moi, et fit quelques pas dans ma direction, aidée d'une canne. Quoi, une canne ? A la voir se déplacer, on aurait dit une vieille grand mère, elle faisait un peu pitié. Avait-elle un problème de santé ? Elle pensait vraiment conduire dans son état ? Non pas que les vieilles dames ne pouvaient pas prendre le volant. Mais là, à voir les traits tirés sur son visage, et sa difficulté à marcher, elle n'était clairement pas apte à conduire. Je serrai la main qu'elle me tendit, mais avant que je puisse lui donner mon nom, elle se présenta comme étant une certaine Ingrid Powell, et visiblement en retard. Quoi ? Comment savait-elle que j'étais en retard aussi ? Peut être avait-elle vu l'heure, et que d'ordinaire, tout le monde commençait aux mêmes horaires. Etait-elle une vétérinaire ? Une assistante ? Une soigneuse ? Elle me demanda de nous conduire sur notre lieu de travail. Enfin, demander était un bien grand mot. Ordonner serait le terme plus exact. Je ne connaissais pas cette Ingrid, mais elle avait l'air assez stricte et directe.

"Heu ... oui ... tout de suite".

Les clés dans les mains, je regardai Ingrid s'installer côté passager, semblant souffrir un peu. J'étais sur le point de l'aider, mais elle finit par y arriver, avant de me lancer une réplique pour me secouer. Stricte, directe, et très speed aussi. Une remarque me vint en tête : cela pourrait justifier mon retard, je pourrais toujours dire que j'avais été réquisitionné pour être un chauffeur. Encore un peu perdu, je contournai le véhicule, posant mon sac à dos à l'arrière. Puis, je m'installai derrière le volant, allumant le moteur, avant de quitter le parking, intrigué par le comportement de ma "collègue" sur son état physique. Trop curieux, je ne pus m'empêcher d'en savoir plus, alors que je la connaissais à peine.

"Excusez moi, mais vous allez bien ? On dirait que vous avez un problème de santé. Vous avez mal quelque part ?"

Après être sorti du parking, j'empruntai la route tout en écoutant la réponse d'Ingrid, avant de me diriger vers les différents complexes du parc où se trouvaient notamment mon lieu de travail, mais également plus loin, après un passage dans la forêt, le centre de sécurité.

"Je suis désolé, ne m'en veuillez pas si je me perds. Je n'ai fait le trajet jusqu'à mon bureau qu'une seule fois depuis mon arrivée. Je ne suis pas encore habitué".

Quel beau quiproquo. Moi qui pensait que nous allions à l'infirmerie des dinosaures, alors qu'Ingrid pensait que nous nous dirigions vers le centre de sécurité. Après quelques secondes, je décidai enfin de me présenter.

"Je suis Nathan Spencer, le nouveau vétérinaire du parc. Je suis arrivé il y a quelques jours seulement ? Et vous ? Quelle est votre spécialité ?"

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Ven 14 Déc - 16:16

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Nathan Spencer & Ingrid Powell

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Le bras élégamment posé sr l'accoudoir, j'attendais le bon vouloir de M.Hunt pour me conduire à bon port. Il avait eu l'air surpris de me voir si entreprenante, mais toutefois, il n'avait pas refusé de servir de chauffeur. Après tout, nous n'étions pas là pour écosser des petits pois.
Ayant finalement pris place à bord du véhicule, il n'avait guère mis longtemps avant de quitter le parking. Il ne le savait pas mais c'était bien la première fois que je laissais quelqu'un au volant de ma Jeep personnelle. Un bien grand honneur que je faisais au petit dernier de l'équipe, j'espérais qu'il l’appréciât à sa juste valeur.
Il semblait un peu tendu mais en tout cas, cela ne l'empêchait pas de jacasser. Avec un certain manque de tact, il me questionna sur mon état de santé, faisant sous-entendre que j'avais un problème.

• “Et vous, on dirait que vous avez un évident problème de curiosité." répliquais-je en retour. “Je vais mieux, merci de vous en inquiéter. Mais si vous ne faites pas plus attention à la route, c'est le mal de mer que je vais finir par attraper."

Je le regardais par le biais du rétroviseur, le regard mutin. Il prenait visiblement encore ses marques et c'est pourquoi j'en profitais pour le chahuter un peu. C'était de la maladresse et je ne le pensais pas comme était quelque de désagréable. A peine eus-je dit qu'il devait être vigilant à sa conduite, qu'il emprunta le chemin de droite. Autrement dit, à l'opposé du trajet habituel. Il s'en excusa d'ailleurs et implora mon pardon - enfin en quelque sorte. Je m'apprêtais à le gratifier d'une remarque bien sentie sur le sens de l'orientation, qui ici, était sans doute plus développé chez la gente féminine de cette voiture mais je n'en eus guère le temps.
Tournant violemment la tête, je l'écoutais se présenter très succinctement en fronçant les sourcils. Ainsi M.Hunt n'était pas M.Hunt ? Voilà qui était bien dommageable ! Attendez arrêtez tout : me serais-je trompée d'interlocuteur ? Moi ? Voilà qui est étonnant. Je cachais mon expression étonnée du mieux possible avant de reprendre un visage neutre. J'avais alors deux options qui s'offraient à moi : soit, je reconnaissais ma faute et m'en excusais auprès du vétérinaire, très honnêtement et humblement. Soit, je faisais comme si de rien était pour garder ma crédibilité sauve et ne pas subir d'affront. Le choix était vite fait et je vous laisse deviner sur quel argument il s'est porté...

• “Je suis au courant Monsieur Spencer, et j'espère que votre installation s'est déroulée comme vous l'espériez." Je levais le menton en faisant mine de regarder la route inégale et attrapais la poignée de soutient au-dessus de la portière. “Je crains que nous n’ayons pas assez du trajet pour parler de mes nombreuses spécialités. Aussi, je me contenterai  d'évoquer uniquement mon poste ici, à savoir celui de Responsable du pôle sécurité de l'île. Oh, veuillez tourner à gauche je vous prie." fis-je sans transition avec un léger mouvement du poignet.

Nous étions maintenant arrivés aux limites du village je l'avais guidé vers la partie plus dense de la forêt pour nous éviter le détour qu'il nous contraignait de faire en ayant pris la direction des locaux animaliers. J'attendis qu'il s'acquitte des formalités pour moi, à savoir la vérification du badge qui ouvrirait le SAS puis, les lourdes portes. Direction le centre de contrôle, là où se situait le véritable bureau.

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