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We believe to lead fate, but it is always him who leads us | ft. Nathan Spencer
Ingrid Powell
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• Quelques jours après sa sortie d’hôpital •
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Nathan Spencer & Ingrid Powell

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Il ne faisait jamais froid sur Isla Nublar, même en décembre.
C'est la réflexion que je me fis lorsque la porte de l'hôtel se ferma dans mon dos. J'avais même retiré la veste réglementaire de la sécurité pour la mettre en-travers de mes épaules. Hésitante, j'avançais de quelques pas, au son régulier de l'élégante canne que l'on avait cru bon de me confier. Je n'aimais pas vraiment ça, mais puisque l'on m'avait certifié que de cette façon, j'allais me remettre plus vite je n'avais pas fait d'histoires. De toute façon, elle m'était utile, je ne pouvais le nier.
Mon corps étant resté alité et inactif durant une longue période, il était donc nécessaire de le reconditionner petit à petit. La rééducation avait d'ailleurs fait son office mais j'avais anticipé mon retour sur l'île, ce qui avait éclipsé la fin de mes séances. Je ne pouvais décemment pas rester sur le continent alors qu'il y avait tant à faire ici. Et puis, Marry m'attendait.

J'étais en rémission, c'était le principal. Les élancements étaient maintenant moins fréquents et on avait finalement abandonné les substituts analgésiques. Mais j'avais promis de me tenir tranquille, et je comptais tenir ma parole...car malgré moi,  je fus forcée de constater que je ne pouvais plus effectuer certaines tâches comme avant. Pour le moment en tout cas.
Pour résumer :  j'étais raide comme la justice, et j'avais l'impression de m'être prise vingt ans dans la figure avec cette canne à la Hercule Poirot.

Quoiqu'il en fut, je descendis avec lenteur les quelques marches et rejoignis mon véhicule personnel qui avait été garé non loin de là. Je déposais négligemment la pile de courrier qui m'avait attendu durant ma convalescence à l'arrière et m'apprêtais à me rendre de nouveau sur mon lieu de travail. Autrement dit, le centre de contrôle où mon bureau devait crouler sous les missions en attente. J'en soupirais d'avance. Le bon côté des choses, c'était que je m'apprêtais à passer une journée entière assise sur mon siège. Sans bouger. Pas du tout.
En attendant, il fallait bien que je m'y rende. Seulement, j'avais encore l'interdiction de conduire mais puisque l'on parlait de siège, le docteur pourrait lui aussi bien s'asseoir sur cette exigence ! Je n'étais pas non plus invalide ! Et puis, il n'en saurait rien...
Sans culpabiliser aucunement, je pris à la fois appuis sur la canne et la portière pour tenter tant bien que mal de me hisser à bord de la Jeep. Tout bien réfléchi, ce n'était pas une mince affaire et cela me minait de voir que je peinais à effectuer ce geste qui était si anodin autrefois. Sous la force que j'y mettais, la porte s'ouvrit un peu plus, mettant à mal mes points d'appuis et je manquais de perdre l'équilibre, la canne glissant sur les petits gravillons. J'étouffais un petit gémissement de douleur et portais immédiatement la main sur mes côtes pour vérifier qu'aucun pansement n'avait bougé. Quelle misère !

Alors, j'entendis une voix qui s'approchait et refermais la portière pour contourner la voiture. Un homme se tenait non loin et remontait la petite cour. Je ne l'avais jamais vu et j'en fus légèrement irritée, moi qui étais censée faire le point sur la sécurité globale du parc. Comment pouvais-je faire correctement mon travail si des touristes en baskets se promenaient ça et là et que l'on ne m'en informe pas ? Le seul dont j'avais été prévenue de l'arrivée était M.Hunt. Jules Hunt, qui devait rejoindre mon unité. Peut-être était-ce lui ? En tout cas, il ne semblait pas débordé, c'était le moins que l'on puisse dire ! Comme le dit l'adage : "Quand le chat n'est pas là, les souris dansent..." Mais manque de chance, Powell était de retour et les vacances étaient terminées. Alors, je me plantais devant lui et lui serrais étroitement la main, sans lui laisser le temps de parler ou d'attendre son autorisation pour le faire :

• “Ingrid Powell, ravie de faire enfin votre connaissance." fis-je sans mettre davantage de forme pour le saluer. “nous sommes déjà en retard, aussi, auriez-vous l'obligeance de nous conduire ?" Je lui mettais mes clefs dans la main et me retournais déjà sans attendre sa réponse. Je tentais une nouvelle fois ma chance pour monter dans la haute Jeep -mais du côté passager- en usant d'une autre technique qui s'avéra plus fructueuse. Une fois assise, j'attendis patiemment mon voiturier du jour en veillant à ce que la ceinture de vienne pas frotter sur ma blessure. Diable, pourquoi n'avions-nous pas déjà démarré ? Masrani aurait-elle recruté un autre mollasson ? Je passais ma tête par la vitre ouverte et lançais, en pianotant sur le rebord de mes doigts : “Faites attention à ne pas rester planté là trop longtemps, ici les choses durent plusieurs centaines de milliers d'années !"

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Jeu 6 Déc - 0:12
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Nathan Spencer
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Feat. Ingrid Powell


Décidément, je commençais bien mon arrivée sur l'île. Cela ne faisait que quelques jours que j'étais arrivé à Jurassic World, et me voilà déjà en retard dans mon nouveau travail. Heureusement, j'avais eu le temps d'avoir une visite guidée des locaux un peu avant, je pouvais donc retrouver mon chemin tout seul entre l’hôtel et le bâtiment comprenant ce que les autres appelaient "l'infirmerie des dinosaures" où se trouvait mon bureau, ainsi que plusieurs pièces et équipements pour exercer ma profession. Sans oublier les incubateurs et les enclos pour les nouveaux nés. Mais voilà, aujourd'hui, je n'avais pas entendu mon réveil. Et ce fut donc en sursaut, réalisant l'heure qu'il était, que je quittai mon lit pour aller dans la salle de bain. Il ne me restait plus que 10 minutes. Autant dire que cela allait être impossible pour moi d'être à l'heure.

Après avoir pris une douche express et m'être rapidement habillé, un simple tee shirt/jean avec des baskets, je me mis en quête de mon badge professionnel pour accéder aux différents complexes. Mais là, le badge était introuvable. Où l'avais-je mis ? Ce n'était vraiment pas mon jour, j'allais donner une mauvaise impression à mes collègues et à la hiérarchie. Je devais me dépêcher, mais non, le badge restait bien caché.

"Putain, mais où t'es passé, toi ?"

Je fouillai le plus vite possible toute la chambre, cherchant dans chaque tiroir, sous le lit, sous les draps et coussins. Mais, je finis par retrouver ce maudit badge dans la poche de l'un de mes pantalons. Ouf, j'avais eu de la chance.

"Ah, te voilà toi. Tu m'as donné du fil à retordre à fouiller partout. Rien ne vaut la recherche lorsqu'on veut trouver quelque chose. Tu en es la preuve vivante".

Certains psychiatres diraient que parler tout seul ou à un objet était le début de la folie, mais je m'en fichais royalement. Je glissai rapidement le badge dans ma poche, pris mon sac à dos contenant divers matériels indispensables à mon métier, avant de quitter en trombe ma chambre. L'ascenseur parut se déplacer trop lentement à mon goût, et je m'engouffrai à l'extérieur à peine les portes entrouvertes. Regardant ma montre, je poussai un soupir. Et voilà, j'étais en retard. Et encore, il me restait le trajet à faire. Je traversai le hall, passai la porte d'entrée, puis me dirigeai vers mon véhicule dans la cour. Soudain, j'entendis un faible gémissement non loin de moi, sur le parking de l'hôtel. Je m'arrêtai et vit une femme que je ne connaissait pas, la quarantaine passée, qui semblait avoir des difficultés avec son véhicule.

"Excusez moi, je peux vous aider ?" lançai je pour l’interpeller.

Mon interlocutrice se tourna vers moi, et fit quelques pas dans ma direction, aidée d'une canne. Quoi, une canne ? A la voir se déplacer, on aurait dit une vieille grand mère, elle faisait un peu pitié. Avait-elle un problème de santé ? Elle pensait vraiment conduire dans son état ? Non pas que les vieilles dames ne pouvaient pas prendre le volant. Mais là, à voir les traits tirés sur son visage, et sa difficulté à marcher, elle n'était clairement pas apte à conduire. Je serrai la main qu'elle me tendit, mais avant que je puisse lui donner mon nom, elle se présenta comme étant une certaine Ingrid Powell, et visiblement en retard. Quoi ? Comment savait-elle que j'étais en retard aussi ? Peut être avait-elle vu l'heure, et que d'ordinaire, tout le monde commençait aux mêmes horaires. Etait-elle une vétérinaire ? Une assistante ? Une soigneuse ? Elle me demanda de nous conduire sur notre lieu de travail. Enfin, demander était un bien grand mot. Ordonner serait le terme plus exact. Je ne connaissais pas cette Ingrid, mais elle avait l'air assez stricte et directe.

"Heu ... oui ... tout de suite".

Les clés dans les mains, je regardai Ingrid s'installer côté passager, semblant souffrir un peu. J'étais sur le point de l'aider, mais elle finit par y arriver, avant de me lancer une réplique pour me secouer. Stricte, directe, et très speed aussi. Une remarque me vint en tête : cela pourrait justifier mon retard, je pourrais toujours dire que j'avais été réquisitionné pour être un chauffeur. Encore un peu perdu, je contournai le véhicule, posant mon sac à dos à l'arrière. Puis, je m'installai derrière le volant, allumant le moteur, avant de quitter le parking, intrigué par le comportement de ma "collègue" sur son état physique. Trop curieux, je ne pus m'empêcher d'en savoir plus, alors que je la connaissais à peine.

"Excusez moi, mais vous allez bien ? On dirait que vous avez un problème de santé. Vous avez mal quelque part ?"

Après être sorti du parking, j'empruntai la route tout en écoutant la réponse d'Ingrid, avant de me diriger vers les différents complexes du parc où se trouvaient notamment mon lieu de travail, mais également plus loin, après un passage dans la forêt, le centre de sécurité.

"Je suis désolé, ne m'en veuillez pas si je me perds. Je n'ai fait le trajet jusqu'à mon bureau qu'une seule fois depuis mon arrivée. Je ne suis pas encore habitué".

Quel beau quiproquo. Moi qui pensait que nous allions à l'infirmerie des dinosaures, alors qu'Ingrid pensait que nous nous dirigions vers le centre de sécurité. Après quelques secondes, je décidai enfin de me présenter.

"Je suis Nathan Spencer, le nouveau vétérinaire du parc. Je suis arrivé il y a quelques jours seulement. Et vous ? Quelle est votre spécialité ?"

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Sam 8 Déc - 23:58
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Le bras élégamment posé sr l'accoudoir, j'attendais le bon vouloir de M.Hunt pour me conduire à bon port. Il avait eu l'air surpris de me voir si entreprenante, mais toutefois, il n'avait pas refusé de servir de chauffeur. Après tout, nous n'étions pas là pour écosser des petits pois.
Ayant finalement pris place à bord du véhicule, il n'avait guère mis longtemps avant de quitter le parking. Il ne le savait pas mais c'était bien la première fois que je laissais quelqu'un au volant de ma Jeep personnelle. Un bien grand honneur que je faisais au petit dernier de l'équipe, j'espérais qu'il l’appréciât à sa juste valeur.
Il semblait un peu tendu mais en tout cas, cela ne l'empêchait pas de jacasser. Avec un certain manque de tact, il me questionna sur mon état de santé, faisant sous-entendre que j'avais un problème.

• “Et vous, on dirait que vous avez un évident problème de curiosité." répliquais-je en retour. “Je vais mieux, merci de vous en inquiéter. Mais si vous ne faites pas plus attention à la route, c'est le mal de mer que je vais finir par attraper."

Je le regardais par le biais du rétroviseur, le regard mutin. Il prenait visiblement encore ses marques et c'est pourquoi j'en profitais pour le chahuter un peu. C'était de la maladresse et je ne le pensais pas comme était quelque de désagréable. A peine eus-je dit qu'il devait être vigilant à sa conduite, qu'il emprunta le chemin de droite. Autrement dit, à l'opposé du trajet habituel. Il s'en excusa d'ailleurs et implora mon pardon - enfin en quelque sorte. Je m'apprêtais à le gratifier d'une remarque bien sentie sur le sens de l'orientation, qui ici, était sans doute plus développé chez la gente féminine de cette voiture mais je n'en eus guère le temps.
Tournant violemment la tête, je l'écoutais se présenter très succinctement en fronçant les sourcils. Ainsi M.Hunt n'était pas M.Hunt ? Voilà qui était bien dommageable ! Attendez arrêtez tout : me serais-je trompée d'interlocuteur ? Moi ? Voilà qui est étonnant. Je cachais mon expression étonnée du mieux possible avant de reprendre un visage neutre. J'avais alors deux options qui s'offraient à moi : soit, je reconnaissais ma faute et m'en excusais auprès du vétérinaire, très honnêtement et humblement. Soit, je faisais comme si de rien était pour garder ma crédibilité sauve et ne pas subir d'affront. Le choix était vite fait et je vous laisse deviner sur quel argument il s'est porté...

• “Je suis au courant Monsieur Spencer, et j'espère que votre installation s'est déroulée comme vous l'espériez." Je levais le menton en faisant mine de regarder la route inégale et attrapais la poignée de soutient au-dessus de la portière. “Je crains que nous n’ayons pas assez du trajet pour parler de mes nombreuses spécialités. Aussi, je me contenterai  d'évoquer uniquement mon poste ici, à savoir celui de Responsable du pôle sécurité de l'île. Oh, veuillez tourner à gauche je vous prie." fis-je sans transition avec un léger mouvement du poignet.

Nous étions maintenant arrivés aux limites du village je l'avais guidé vers la partie plus dense de la forêt pour nous éviter le détour qu'il nous contraignait de faire en ayant pris la direction des locaux animaliers. J'attendis qu'il s'acquitte des formalités pour moi, à savoir la vérification du badge qui ouvrirait le SAS puis, les lourdes portes. Direction le centre de contrôle, là où se situait le véritable bureau.

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Ven 14 Déc - 16:16
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Nathan Spencer
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Et bien, cette femme n'était vraiment pas commode. Stricte, un semblant autoritaire, et quelque chose me disait qu'elle n'était pas vraiment portée sur l'humour vu son attitude. Quant à son sens de la curiosité, s'il existait, il était bien caché en cet instant. Pour toute réponse à ma question sur son état de santé, j'eus le droit à une petite réplique cinglante sans émotion de la part de mon interlocutrice. Mais cela ne me choqua pas du tout, car chacun avait son caractère.

"Trop curieux ? On me le dit souvent. C'est l'un de mes nombreux défauts, malheureusement. Parfois même une obsession dans certaines situations" dis-je avec un petit sourire en coin, tout en regardant la route.

"Désolé de vous avoir poser cette question si elle vous gêne. C'est juste que j'ai l'habitude de voir des animaux blessés, ça se voit tout de suite quand ils ont une faiblesse. Et les humains sont semblables, à dissimuler leurs problèmes pour éviter d'attirer l'attention sur eux. En vous voyant tout à l'heure, j'ai tout de suite senti que vous aviez un soucis, comme un animal blessé".

Certes, ma réplique avait été prononcée en toute innocence. Mais dans ce contexte, peut être aurais je mieux fait de me taire. Mon interlocutrice allait croire que je la comparais à un animal. Pas encore complètement familier avec les différentes routes de l'île, je roulais plutôt tranquillement, mais il y avait parfois quelques nids de poule sur le chemin, et je fis le plus attention possible. Même si parfois, cela n'était pas évident à éviter.

Croyant avoir affaire à une simple collègue de travail du pôle animalier, ce fut tout naturellement que je me dirigeai vers le bâtiment approprié. J'étais très loin de me douter que ma passagère ne faisait pas du tout partie de mon service. Ni qu'elle me prenait pour quelqu'un d'autre. Alors que je me présentais enfin, je ne me rendis pas du tout compte que cette Ingrid s'était tout simplement trompée, vu qu'elle gardait son air neutre depuis le début, comme si elle ne ressentait aucune émotion. A part peut être l'agacement. Ainsi donc, elle n'était pas du tout l'une de mes collègues, mais elle faisait en réalité partie du pôle de la sécurité. Qui plus est, elle en était responsable. Et bien, j'avais une sacré personnalité dans la voiture. Enfin, sa voiture que je conduisais. Un petit rire s'échappa alors de ma bouche.

"La sécurité ? J'ai cru que vous étiez l'une de mes collègues. Et vous allez rire, mais pendant un instant, j'ai pensé que vous vous étiez également trompée de personne en me voyant, comme si j'étais quelqu'un d'autre. C'est drôle, non ?"

Je continuai de rire, puis je regardai Ingrid. Mais en voyant son air, mon rire disparut rapidement, et je détournai les yeux, me raclant la gorge. Bon, cela avait été visiblement drôle que pour moi.

"Hum ... oui, mon installation s'est bien déroulée. Merci" lui dis je avec sérieux.

Le chemin s'enfonçait dans une forêt plus épaisse que toute à l'heure, et nous arrivâmes à une lourde porte métallique, donnant sur l'extérieur du parc. Je passai mon badge devant la console prévue à cet effet, puis attendis patiemment que la porte s'ouvre, après que mon accréditation eut été vérifiée. D'ailleurs, j'aperçus le gars à l'extérieur d'un petit bâtiment, probablement là où se trouvait la salle de contrôle et de vérification. Le pauvre, il faisant doute une petite pause cigarette après s'être aéré la tête quelques minutes, et moi je le forçai à rentrer précipitamment pour ouvrir la porte. Enfin bon, c'était son travail, mais je compatissais à son malheur. Une fois mon accréditation vérifiée et validée, je repris la doute, découvrant à nouveau la forêt à perte de vue. Regardant ma montre, je me rendis compte que nous étions partis de l'hôtel depuis environ une demie heure. Trente deux minutes pour être plus précis. Je ne me souvenais plus par où il fallait aller pour rejoindre le bâtiment de la sécurité, mais Ingrid me guida, alors que le chemin devint plus sinueux, chaotique et boueux. Il y avait une sacré différence entre ici et l'intérieur du parc. La nature était beaucoup plus sauvage dans cette partie de l'île. Heureusement que ma passagère était là pour m'indiquer la route, sinon je me serais sans doute perdu.

Au bout d'un moment, quelque chose apparut dans mon champs de vision au loin, sur la route. Je ralentis puis arrêta la voiture, moteur encore tournant, admirant ce qu'il y avait sous mes yeux. A plusieurs dizaines de mètres devant nous se trouvait un dinosaure qui semblait paître tranquillement. Ouf, un herbivore apparemment, c'était mieux qu'un prédateur qui pourrait nous sauter dessus. La bestiole avait une taille suffisamment conséquente pour abandonner l'idée de continuer de rouler sur ce chemin. Le lézard géant nous barrait la route, et même s'il s'agissait d'un gros herbivore, l'expérience m'avait appris à me méfier et à ne pas s'approcher. Je l'observai, l'ayant déjà vu sur des images, mais impossible de me rappeler de son nom à celui là. D'ailleurs, il ne me semblait pas l'avoir croisé dans un enclos du parc.

"Qu'est ce que c'est que ça ? Je ne me souviens pas de l'avoir vu dans le parc, non ?" demandais je à Ingrid sans lâcher l'animal du regard.

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Ven 21 Déc - 18:28
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Je tournais la tête vers lui, effarée.
Venait-il véritablement à l'instant de m'associer à un de ces animaux dont il allait avoir la garde ? Moi ? On voyait bien qu'il était nouveau sur l'île car aucun agent ici ne s'y serait risqué avec autant de légèreté et surtout, sans crainte de représailles. Peut-être voulait-il tout bonnement me provoquer ou alors c'était là d'une grande maladresse de sa part : auquel cas, je répliquais, doucement piquée dans ma fierté.

• “Ravie de constater ces...similitudes entre vos patients et moi. Toujours un réel plaisir. Pour en venir à de pareilles conclusions, j'en viens même à me demander si vous les avez déjà vraiment observé." J'étais piquée au vif, et je pinçais les lèvres pour montrer mon mécontentement. Que Spencer soit venu seul sur l'île ne m'étonnerait pas car s'il était aussi doué pour faire des compliments aux Dames il ne devait pas en côtoyer beaucoup. Mais puisqu'il semblait si observateur avec les créatures, peut-être que je lui présenterai nos demoiselles raptors ou encore la T-rex car cela semblait être un domaine qu'il maîtrisait mieux.
Je n'avais rien dit concernant ma méprise et j'avais choisi de feindre la normalité. Au lendemain de mon retour sur l'île, je ne voulais pas sembler dépassée par les événements et par toutes ces nouvelles arrivées.  D'autant plus que je m'étais promise de démasquer l'éventuelle taupe qui pourrait agir pour les malfrats de la prise d'otage depuis Isla Nublar et il était de ce fait, d'autant plus important que j'intègre au plus vite ces nouveaux visages. Sans me laisser distraire de mon mensonge, je répondis à mon voisin :

• “Ne vous inquiétez pas Monsieur Spencer, vous aurez tout de même le plaisir de travailler avec moi dans d’autres occasions, même si je ne peux vous compter parmi les membres de mon équipe. " fis-je avec un petit sourire suffisant. Travailler dans le département animalier m’aurait fortement déplu, je pense. Car assurément, il faut y sacrifier une partie de son confort et de ce que j’ai pu en voir, les agents n’étaient pas des plus à-cheval sur la propreté. Être en contact avec ces bêtes...devoir les toucher...je ne pouvais m’y résoudre.
Nous étions maintenant sortis du village et le paysage changeait du tout au tout. La jungle reprenait ses droits et il n'était là, plus question d'une promenade de santé. Je serais brièvement les dents sous la douleur lorsque Spencer roula sur une racine en travers de la route, ma main se crispant sur l’accoudoir. Il faut dire que les routes n’étaient désormais en rien comparables à celles du village qui étaient plus gérables. Ici, il n’était question que d’un vulgaire tracé de terre qui luttait vaillamment contre les obstacles qui venaient se poser en travers de ses courbes. Puis le vétérinaire commença à ralentir et je pensais à le féliciter pour cela, qu’il cesse un peu de se prendre pour un pilote de rallye lorsque je vis moi aussi, l’ombre qui se détachait au loin. Instinctivement, je voulu me saisir de mon arme hypodermique de service mais elle n’était pas à sa place habituelle. A mon grand dam. Qui avait bien pu trifouiller dans mon véhicule durant mon absence ? Si d’ordinaire on me prenait pour une maniaque pointilleuse, c’était pour des situations comme celles-là que je tenais à le rester.  Chaque chose dans l’ordre et à sa place. C’était là -selon moi- la clef de la rigueur et d’une efficacité sans faille. Intérieurement, je me promis de sermonner le coupable, quitte à relever moi-même ses empreinte sur ma Jeep !
Le dinosaure se tenait là, en plein milieu du sentier et observait la voiture qui venait de troubler son environnement. Il ne ressemblait pas au tyrannosaure, il ne ressemblait pas au raptor : pour moi, c’était suffisant.

• “ Vous plaisantez, j’espère ? C’est vous qui êtes censé être le spécialiste. Mon travail à moi, c’est de faire en sorte que cette occasion ne soit pas la dernière que vous ayez à pouvoir observer ce spécimen. D'ailleurs à ce propos, pourriez-vous m’attraper le fusil hypodermique derrière vous ? Je m’occupe du reste, si besoin est." J’ouvris mon carreau pour patienter, prenant le temps de détailler l’écailleux qui s’était approché de la carrosserie. “ Alors, à quel collègue vous fait-il penser, celui-là ?” fis-je pour tenter de détendre l’atmosphère et suite à sa précédente comparaison que je gardais en travers de la gorge.

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Ven 18 Jan - 1:18
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Feat. Ingrid Powell


Et ben, elle prenait vite la mouche, Mamie Powell. Bon, je ne devrais peut être pas la traiter de grand mère, même si sa façon de se déplacer ressemblait davantage à une vieille dame de 85 ans qu'autre chose. Mais bon, c'était trop tentant. Elle n'avait pas aimé la comparaison que j'avais faite d'elle ? Je ne voyais pas pourquoi voyons, mes paroles étaient véridiques. Regardez là, on ne dirait pas un pauvre animal blessé ? J'avais raison. Mais visiblement, mon interlocutrice avait très mal pris cette comparaison. Je me contentai de hausser les épaules, avant de me concentrer sur ma conduite. Inutile de la rendre encore plus mécontente. Après tout, nous allions nous retrouver pour travailler ensemble, alors autant ne pas en faire une ennemie. Ingrid m'en fit d'ailleurs la remarque concernant nos futures missions ensemble, bien que nos boulots étaient différents. Heureusement que je n'avais pas remarqué qu'elle s'était trompée de personne en me confondant avec quelqu'un d'autre, sinon j'en aurais sans doute rajouté une couche. Mais bon, avec les gens froids et dénués d'humour, il valait mieux faire attention et ne pas prendre de risque.

Après avoir emprunté un chemin sinueux à travers la forêt, je ralentis enfin avant de m'arrêter. Non pas que le sentier n'était plus praticable. Certes, il y avait des nids de poule et des branches partout, ce qui rendait la conduite assez difficile. Et ce n'était pas non plus ma voisine de véhicule qui m'incitait à ralentir la cadence pour je ne savais quelle raison vu qu'elle ne me disait rien. Mais parce que la route était barrée devant nous, et pas par n'importe quoi. Un dinosaure énorme, même s'il était loin de rivaliser avec un brachiosaure ou un tyrannosaure. Mais il devait bien faire 4 ou 5 mètres de haut, et peser plus de 2 tonnes. Et encore, il était sur ses quatre pattes, mais il semblait pouvoir se tenir sur ses deux pattes arrières. Et donc être encore un peu plus grand. Ingrid ne semblait pas non plus reconnaître l'espèce, vu sa réponse tellement sympathique pour moi. Je ne pus m'empêcher de lui lancer une pique qui sortit toute seule, lorsqu'elle me demanda de lui attraper son arme.

"Quoi, vous ne pouvez pas le faire vous même ?"

Je regardai Ingrid, et compris qu'il ne valait mieux pas en dire davantage. A part ça, elle n'avait aucun problème physique, c'était moi qui me trompais sur une possible blessure quelque part. Ah les femmes, surtout en prenant de l'âge, elles devenaient toujours aigries avant l'heure.

"Bon d'accord, je vous donne ça. Restez tranquille, je ne voudrais pas que vous vous fatiguiez" lançai je avec une petite pointe moqueuse dans la voix.

Suicidaire, moi ? Je ne vois pas de quoi vous voulez parler. Je me tournai et me penchai pour attraper le fusil hypodermique, que je tendis aussitôt à Ingrid. Puis, je m'emparai également de mon sac à dos, et en sortis un classeur épais que je me mis aussitôt à feuilleter, tournant les pages rapidement afin de trouver la bonne image. Bingo, je trouvai ce que je cherchais.

"Le voilà".

Je consultai rapidement les données qui se trouvaient inscrites sous une photo représentant le dinosaure qui nous barrait la route.

"Ca va, on n'a rien à craindre. Enfin, si on reste prudent. C'est un parasaurolophus, il est herbivore. Par contre, je vois que nous n'avons capturé aucun spécimen de cette espèce. Ca serait pas mal si on pouvait l'attraper, qu'en dites vous ?"

Plus facile à dire qu'à faire. Capturer un animal sauvage n'était jamais une chose simple. Surtout si la bestiole décidait de s'en prendre à nous pour un oui ou pour un non. J'avais l'habitude avec des éléphants ou des rhinocéros. Mais un dinosaure, c'était une première pour moi.

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Lun 11 Fév - 22:06
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