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As night seems long in the pain which wakes up | ft. Blake

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Mer 5 Déc - 2:47

• Une dizaine de jours après la prise d'otages •
As night seems long in the pain which wakes up
Julian Blake & Ingrid Powell

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Je sentais une pression au poignet droit. Le genre de gêne que l'on a envie de défaire d'un simple mouvement de bras. Mais même de ce geste, aussi insignifiant soit-il, j'étais bien incapable de le voir aboutir. C'était comme si mes membres ne me répondaient plus. C'était comme si chaque cellule de mon corps s'était liguée contre ma raison pour s'enfoncer un peu plus dans cet état statuaire. Immobile, je me contentais d'ouvrir les yeux.
J'étais entourée de pénombre : je n'eus donc pas à souffrir d'un quelconque aveuglement, ce qui aurait rajouté au désagréable de la scène. Mais quelque chose n'allait pas. Je ne reconnaissais rien, j'étais perdue. Seule dans le noir. Un métronome tintait à côté et un autre encore, beaucoup moins régulier. Mais où avais-je donc atterri ? Je tournais la tête pour voir ces cadrans lumineux, compagnons qui semblaient fidèles à mon chevet. Il y avait des lignes, des pics...des notes ? Derrière ces instruments étranges, la lune qui filtrait côté jardin. Pourquoi jouait-on ce concerto dans les ténèbres ?
De nouveau, cette pression au poignet qui m'avait réveillée. Je baissais le regard, discernant vaguement le cathéter qui se reflétait à la lumière des machines. Absente de toute réaction, je regardais le liquide pourpre rejoindre le chœur de branchements. Puisque j'étais assurément en train de divaguer, je voulais profiter de mon rêve et de l'index, je me mis à battre la mesure. Mais il y avait quelque chose d'étrange à cet index pourtant d'ordinaire si fidèle. On lui avait imposé une charge supplémentaire et une sorte de pince, directement relié au métronome qui orchestrait toute cette mélodie dissonante. Voilà qui entravait grandement ma prise de tempo, mais je devais bien avouer que lutter pour comprendre cette partition qui se jouait devant moi m'épuisait. Aussi j'abandonnais mon orchestre éphémère pour m'enfoncer de nouveau dans un sommeil anesthésique.

Plus tard dans la nuit, une douleur lancinante me sortit de ma torpeur et on accourut à mon chevet lorsque je l'extériorisais d'un cri. Tout me parut alors plus clair alors que l'on gravitait autour de moi. On souleva les draps blancs sur le bandage qui recouvrait tout mon flanc droit, on inspecta, on griffonna, on commenta. Et toujours ces élancements insupportables qui manquaient de faire défaillir à nouveau. Je sentis une main sur mon front et une aiguille passa devant mes yeux. On me dit alors que bientôt je ne sentirais plus rien, que c'était la dose habituelle. Que petit à petit, tout rentrerait dans l'ordre...

Un rayon de soleil dévia jusque sur ma joue. Non, pas maintenant je suis si fatiguée. Du balai.  
Mais on ne commande pas la météo comme on commanderait de quoi se restaurer et je dus bon gré mal gré, ouvrir les yeux. Tout était blanc ici, y compris la blouse de l'homme à côté de moi. Je lui délivrais un regard torve et encore ensommeillé avant de cligner plusieurs fois sous l’excès de lumière.
C'était trop difficile de l'écouter dispenser sa thèse de si bonne heure, mais il avait un beau sourire et une fossette au menton.Alors je fis un effort pour qu'il reste un peu plus en ma compagnie. Je ne compris pas la moitié moins de ce que j'aurai dû mais les grandes lignes m'étaient quand-même acquises : L'opération s'était déroulée sans complications et ils avaient pu extraire la balle qui s'était logée au-devant des côtes. Heureusement, elle n'avait pas éclaté car les ondes du choc et les lésions que cela aurait provoqué auraient pus se révéler fatales. En tout cas, j'allais encore devoir garder l'attirail quelques jours et puisque j'étais encore sous morphine, j'allais pouvoir profiter d'un repos moins chaotique.
J'avais  à la fois mille remontrances et mille questions à lui poser. Mais je ne savais pas où commencer et ma voix, enraillée d'avoir si peu servi ces derniers temps, ne parvint pas à émettre quelque chose de cohérent. Comme une phrase par exemple. Aussi, le docteur conclut en me disait qu'il m'envoyait son interne et tourna les talons. Ce dernier arriva quelques minutes après et me fit boire. Il m'informa que certains étaient venus me voir, une femme brune que j'identifiais comme Victoria et aussi le rude gaillard qui m'avait, assurément, sauvé du gouffre. Nicholls. Puis il posa le journal sur mon chevet pour "me divertir". Journal que je ne pouvais ni lire, ni attraper. Et bien, voilà qui me faisait une belle jambe ! Frustrée, je pris le parti de me reposer encore quelques -longs- instants.

Au loin, j'entendis la porte grincer et j'ouvris à-demi les yeux pour regarder la silhouette qui s'était avancée et qui m'était familière.

• “Je...vous ai connu...plus loquace...” articulais-je en guise de bonjour.“...et mieux apprêté...aussi." Je regardais le pansement qui ornait son arcade et son visage encore tuméfié par endroit. Il n'était pas beau à voir...et cela, je doutais qu'il s'agisse encore d'une hallucination.

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Mer 5 Déc - 14:21
Julian était maussade car il était toujours convalescent. Il était maussade car il n'aimait pas l'hopital. Ni l'odeur, ni l'endroit en lui même.
L'infirmier qui s'occupait de lui était pourtant sympa, Caleb de son petit nom. Il supportait les sautes d'humeur de l'agent et tentait régulièrement de l'aider à positiver. Dans ces moments là, Julian avait des envies de meurtre, mais il ne pouvait pas envoyer chier le seul qui s'occupait de lui.

Sa rééducation se passait bien, il avait retrouvé l'usage de ses jambes bien que tenir debout lui demandait un effort surhumain. Caleb disait de ne pas forcer que c'était normal.
Julian persistait à ronchonner, alors Caleb le sortait en fauteuil roulant, pour qu'il prenne l'air et se sente revivre. C'était efficace la plupart du temps, jusqu'à ce que Julian ne se renferme dans un mutisme durant lequel il s'interrogeait sur ce qui s'était passé.
Il avait réclamé des béquilles, on lui avait répondu qu'avec ses côtes fracturées, c'était compliqué. Alors il avait pris son mal en patience et rongé son frein en se sentant aussi inutile qu'un couteau qui n'avait rien à couper.
Lorsqu'il dormait, il cauchemardait, lorsqu'il était éveillé, il réfléchissait au pourquoi, au comment et à toutes les autres questions qui restaient en suspens au sujet de cette attaque.
Pour être tout à fait honnête, il ne se souvenait plus de tout, mais il savait que beaucoup avaient été gravement blessés. Il savait surtout qu'il n'avait pas été à la hauteur et commençait à s'interroger sur l'utilité de sa présence sur l'île.
Peut-être devait-il rendre ses armes et rentrer à Londres ? Cette possibilité commençait à le hanter.

Il aurait voulu en parler à Laura Masrani, lui dire que c'est ce qu'il comptait faire, mais il n'avait toujours pas osé aller la voir. Il avait peur de ce qu'il lirait dans ses yeux pour ne pas avoir su la protéger. Sa promesse était rompue, elle lui en voudrait forcément et dans sa grande lâcheté, il ne voulait pas l'affronter. Pas maintenant.

Alors il pensait aller voir la seconde femme qui avait le chic pour le faire culpabiliser : Powell.
Il avait appris qu'elle était toujours ici elle aussi, après avoir reçu une balle dans l'abdomen. Il se souvenait parfaitement du coup de feu et du corps de Powell effondré sur le sol.
Le sang n'avait que trop coulé.

Ce matin là donc, Julian avait insisté gravement auprès de Caleb pour l'aider à enfiler au moins un t-shirt et un short. pas question d'aller voir Powell avec ces horribles chemises d’hôpitaux qui dévoilaient le verso en continue et le recto si on demeurait les jambes écartées.
Julian n'était pas de ceux qui croisaient les jambes en restant assis.
Après un soupir, Caleb avait accepté. Pour lui montrer sa gratitude, Julian n'avait pas bronché, même lorsque lever les bras lui avait fait un mal de chien. Il avait juste serré les dents.
Depuis ce jour funeste, il ne s'était pas rasé et le pansement sur son arcade lui donnait des allures de boxer fatigué.
Au moins la majorité de son visage avait dégonflé et Caleb lui avait gentiment attaché une bonne partie de ses cheveux pour éviter qu'ils ne viennent chatouiller son visage. Julian songeait de plus en plus à les faire couper. Comme d'habitude, la petite voix au fond de lui arguait d'un "plus tard" qui ne viendrait probablement jamais.

Caleb le fit rouler donc, à travers les couloirs. Ils prirent l'ascenseur et changèrent d'aile pour rejoindre le service où Powell était installée.
L'infirmier ouvrit lentement la porte puis se tourna vers Julian.

- Il semblerait qu'elle dorme, chuchota-t-il.
Julian leva les yeux au ciel.
- Faites moi entrer sinon je me lève et je le fais moi-même, ordonna-t-il presque agacé par cette bienveillance démesurée.

Le jeune homme pinça les lèvres et exécuta la requête. Julian se trouva donc dans la pièce où la semi-obscurité régnait.
Le corps de Powell se tourna vers lui tandis que son infirmier le rapprochait du lit avant de finalement s’éclipser, les laissant seuls.
Julian ne put s'empêcher de sourire aux propos de sa responsable. Même dans cet état, elle ne pouvait s'empêcher de faire des remarques désagréables.
Aujourd'hui cependant, il 'y avait ni verre d'eau, ni froide colère contenue. Il n'y avait que la présence de l'un comme de l'autre, deux pauvres âmes, victimes de la même injustice, du même affront bien conscientes que le souffle de la mort avait caressé leurs peaux.

- Et moi je vous ai connu sans trou dans le ventre
, se moqua-t-il en se frottant la barbe d'un mouvement lent pour épargner ses côtes répondant par la même occasion à sa remarque sur son apparence.
- La chemise d’hôpital avec les cheveux rasés c'est complètement has been, je tente un look hipster.

Il rit doucement, pour ne pas provoquer de quinte de toux qui mettrait à mal son thorax.
- Comment vous vous sentez ?
Bizarrement, toute moquerie avait disparue de son ton pour le lui demander.

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Jeu 6 Déc - 13:30

• Une dizaine de jours après la prise d'otages •
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Julian Blake & Ingrid Powell

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Une barbe assez impressionnante lui mangeait le visage. Cela le vieillissait. Ou peut-être était-ce les restes d'hématomes qui lui creusaient les traits ? Si son corps avait été malmené, sa répartie elle, était restée intacte. A mon tour, j'esquissais un faible sourire lorsqu'il fit allusion à ma propre blessure et je soufflais, à court d'arguments : • “Très juste...”
Il était assis et je dus relever légèrement la tête pour mieux le voir, constatant alors qu'il devait maintenant se déplacer en fauteuil. “Vous m'expliquerez ce...qu'est un hipster. Mais...à mon avis...vous devriez...abandonner l'idée.” fis-je en m'arrêtant cette fois sur son short de touriste et l'espèce de catogan qu'il arborait.

Je reposais ma nuque sur l'oreiller. J'étais touchée qu'il pense à venir me voir, je n'avais guère  eu de visite - même avant mon réveil- à en croire le personnel médical. La seule conversation que j'avais eu était pour discuter de mes constantes. A ce rythme-là, je pourrai même être en mesure de sortir avec un Master en médecine lorsqu'ils me libéreront.
• “La dernière fois que...nous avions évoqué le sujet, votre vaisselle a été...réduite en miettes.” Lentement, je montrais ma table de chevet de ma main perfusée.“Une chance que...je n'ais rien à vous offrir...” terminais-je, avec un second degré bien dosé. Je ne lui en voulais plus, toute animosité avait disparu. C'était à croire qu'il faille subir des événements comme celui que nous venions de vivre pour remettre les priorités à leur juste place. Ce n'était pas un mauvais, le Blake. Son problème, c'était juste ses nerfs. C'était d'ailleurs ce qui avait fait hésiter Laura Masrani lorsqu'il a fallu remplacer Brown. Je me rendis compte que je n'avais pas répondu à sa question, mais je pris tout de même le temps de la réflexion car je n'avais pas eu le loisir de procéder à une quelconque introspection. Les secondes s'étiraient, entrecoupées uniquement du signal sonore régulier provenant de la batterie de capteurs. Et finalement :
• “Comme...victorieuse d'une mêlée. Une mêlée...avec un T-rex.”
Je crois que de ma vie, je n'avais jamais été éprouvée à ce point et je savais par avant que la rémission de ce traumatisme serait longue et fastidieuse. Je m'étais vue mourir dans cette salle de réunion et il allait de soit que désormais, je verrai et vivrai les choses différemment.

J'inspirais et essayais de me redresser un peu. Je voulais mieux le voir, ce n'était pas dans mes habitudes de recevoir aussi mal. La tâche ne fut pas aisée et m'arracha quelques grimaces de douleur. Le visage blanc comme un linge, je m'y repris d'ailleurs en plusieurs fois. Comme quoi, nous étions peu de chose. Je l'observais mieux, enfin, autant qu'il m'était possible de le faire dans cette semi-obscurité. Je le détaillais, comme un scanner aurait pu le faire, cherchant par avance à savoir s'il allait me dissimuler les choses.

• “Et de...votre côté, Blake ?” m'enquis-je avec sincérité. J'esquissais l'ombre d'un sourire en ajoutant, pour faire référence au coup qu'il avait porté à Nicholls : “C'était une..jolie droite...”

Mon visage s'assombrit soudain. C'était la première fois que je faisais allusion à ce qu'il s'était passé et les images commençaient à défiler devant mes yeux, faisant quelque peu accélérer la fréquence des machines qui ne mentaient jamais. L'horreur indicible, inconcevable. Je détournais la tête, cachant mon émotion.

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Ven 7 Déc - 20:26
Au moins la plaisanterie de Julian avait réussi à la faire sourire. Installé dans son fauteuil, il observait Powell, un air légèrement inquiet imprimé sur les traits. Ainsi alitée, elle n'avait plus rien à voir avec la personne droite comme la justice qu'elle était, semblant être taillée dans le granit. Au contraire, elle lui apparaissait faible et vulnérable, comme ses femmes battues que seule la dignité tient en vie.
Il était venu en partie pour cela, il s'inquiétait, lui qui avait juré de ne plus s'attacher à personne. Force était de constater qu'il avait construit un lien avec certaines personnes et qu'un fil presque cristallisé s'était formé entre les diverses personnes qui avaient partagé ce traumatisme, cet enfer.

Encore une fois, Powell avait su garder son calme et ses nerfs d'acier, quand son impulsivité à lui avait manqué de le tuer, encore.
Il avait honte de son comportement. Honte d'avoir sa place dans la sécurité.
Mais il ne parlât pas, et se contenta de sourire, amusé, alors qu'à son tour Powell plaisantait.
Plaisantait-elle réellement ? Il n'en était pas persuadé. Mais sa remarque sur son look moche était criant de vérité. Il ne ressemblait plus à rien. Tellement obnubilé par sa rééducation et par sa remise en forme qu'il en oubliait de rester présentable. Dans son infirmier, il serait très certainement encore dans les mêmes fringues puantes depuis des jours.

Powell aussi semblait pensive et comme une réminiscence compliquée, elle raconta non sans humour, leur dernière engueulade. De nouveau il sourit en songeant qu'il lui serait difficile d'éclater une poche de perfusion sur le mur, même en y mettant toute sa colère. Ces choses là étaient faites pour supporter bien plus de pression. Il rit cependant, lorsqu'elle montra sa table de chevet vide, et la douleur dans ses côtes lui arracha une grimace.

- ça peut s'arranger, ironisa-t-il.

C'est alors qu'elle répondit enfin à sa question du début. A savoir, comment elle se sentait. L'image de la mêlée avec le T-rex n'était pas dénuée de sens, lui aussi se sentait pétris sous un poids impossible à repousser.
Le corps comme l'esprit étaient encore cassé. Il faudrait du temps, à n'en pas douter. Bien que du temps, Julian eut l'impression de manquer. Depuis son réveil et malgré ses efforts pour se remettre du traumatisme, il se posait sérieusement les questions concernant son avenir sur l'île. Dès le début, il avait décidé que lorsque le parc serait ré-ouvert, il partirait. Mais les événements de cette année le pressaient à prendre cette décision plus rapidement. Il n'était plus sûr d'avoir sa place sur Isla Nublar. Il n'était plus certain de rien pour être tout à fait honnête.

Offrant un sourire orné d'une compassion non feinte, ce fut son tour de répondre à la question posée. Comment lui se sentait ? Elle le félicita de la droite qu'il avait donné à Nicholls et il ne put réprimer un nouveau sourire crâne avant d'hausser les épaules et de s'enthousiasmer :

- Il parait que celle de Ayoun était encore plus impressionnante.


On lui avait raconté, comme la jeune vétérinaire s'en était prise au géant. Comment elle l'avait gratifié d'un coup de poing qui lui avait surement foulé quelques phalanges. Julian avait manqué ça et il le regrettait. Après cet éclat qui avait eu pour mérite de le dérider un peu, tout comme elle, Julian se renfrogna doucement. Évoquer cet échec avec sa responsable n'était pas chose aisé et il voyait bien que ce sujet la minait.

- Je suis désolé, finit-il par lâcher d'un ton grave, le regard figé sur ses propres genoux. De n'avoir pas été à la hauteur. Désolé pour cette balle non méritée. J'aurai dû tirer avant, j'aurais du..faire quelque chose, que sais-je, n'importe quoi ?


A mesure que ses mots franchissaient la barrière de ses lèvres d'un voix de plus en plus coupable et profonde, de plus en plus chargée de colère, son regard s'était relevé vers le sien, sincère.

- Ils nous connaissaient..finit-il par dire tout bas.
A la fois un fait et une excuse. Et la honte se renforça de s'être laissé abusé, de n'avoir pas été en mesure de contrer ce danger ou du moins, de jouer sur le même terrain. Il aurait dû tuer Bob lorsqu'il en avait eu l'opportunité. Au moins, aujourd'hui aurait-il un peut de satisfaction. Vraiment ?
Non, il n'était qu'un lâche incapable de tuer ou même de blesser de sang froid. Julian avait besoin d'impulsion, de provocation. Il ne faisait que répondre sans pour autant, avoir la bonne réponse à donner.

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Mar 11 Déc - 0:48

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• “Peut-être...” avais-je soufflé à la remarque de Blake concernant Ayoun. Contrairement à lui, j'étais encore éveillée lorsque cette petite revanche avait eu lieu mais je n'avais pas été en mesure de m'en rendre compte, ou de m'en amuser, car j'étais déjà au sol, à lutter contre la douleur.
Les secours avaient mis du temps à accourir et sur ceux dont j'aurai pu disposer sur place, seul Nicholls avait daigné me venir en aide. Je laissais le silence s'installer et écoutais distraitement les machines suivre leur fade et lente procession. Cela donnait matière à réfléchir. Nous étions si peu de chose, peu importe le grade que l'on occupait et ce que l'on accomplissait au quotidien : Le résultat serait toujours le même pour chacun d'entre nous.

Repenser à cette effroyable soirée faisait resurgir des souvenirs, des sensations que j'étais loin d'assimiler et de maîtriser. On s'en était pris à moi, à ma famille, à mes proches. Je ne pouvais l'accepter et ignorer ce cuisant sentiment de culpabilité qui était en train de rompre mes dernières barricades. J'avais détourné la tête par pudeur pour tenter de retenir cet émoi que je sentais monter en moi. Je pinçais les lèvres et fermais les yeux et finalement, ce fut la voix de Blake qui me détourna de ces affres insidieux.
Il n'osait plus croiser mon regard et ses paroles étaient lourdes de sens. La honte suintait de ses mots comme un mal depuis trop longtemps refoulé. Il avait changé. Nous avions tous changé. Ce traumatisme avait affecté les âmes de chacun car jamais je n'aurais pu m'attendre à recevoir un jour des excuses de Julian Blake.

Sa culpabilité semblait être égale à la mienne. Tel qu'il était là, assit et courbé sur son fauteuil, il paraissait attendre ma pénitence, ou mes habituelles critiques. Je n'avais pourtant aucune animosité envers lui, aucun reproche à lui faire. C'était bien la première fois d'ailleurs. Je ne lui en voulais pas...ce n'était pas sa faute, ni celle de personne si ce n'est la mienne pour avoir dissimulé des informations par négligence. Je laissais le silence perdurer sans rien dire et il se poursuivit bien après qu'il eut terminé. Je continuais de le détailler et finalement :

• “Approchez.” lui intimais-je faiblement.
Devoir porter la voix était éreintant, et je n'aurais sans toute pas le courage de tenir cette conversation bien longtemps à ce rythme-là. Puisqu'il se confiait à moi, chose qui n'était jamais arrivée, je songeais qu'il était peut-être nécessaire que de mon côté, je fasse fondre certaines barrières que j'avais toujours tant tenu à maintenir. Aujourd'hui, je lui permettais cela, comme un accord tacite entre nous. Rien n’encombrait l'espace pour qu'il puisse se mouvoir avec sa chaise roulante car j'avais le luxe de disposer d'une surface aussi large et vide que ma solitude. J’observais toujours son visage tuméfié, et lui dit avec une douceur que je ne me connaissais pas :

• “Ecoutez...vous ne me devez rien. Les excuses...vous avez fait ce qu'il fallait, Blake. Je n'aurai pu travailler avec un meurtrier dans mon équipe et vous le direz à mon successeur.” je fis une pause pour reprendre mon souffle et défit ce regard stucateur pour fixer les plis de mes draps, comme si j'y trouvais un intérêt soudain. Je sentis mes doigts se refermer inconsciemment sur le tissus blanc. “Votre amertume ne vous sera d'aucun secours.Les choses ne se déferont pas pour autant.”

Comme le disait l'adage, avec des "si" nous serions en mesure de refaire le monde et assurément, il serait infiniment plus beau. J'avais moi aussi un aveu à lui faire, mais cela me coûtait de l'admettre. Parce que je m'apprêtais à étaler mon échec au grand jour et aussi parce qu'après l'avoir fait, il me tiendrait pour responsable de cet incident.

• “Ils nous connaissaient, parce que je leur en ai laissé le temps.” commençais en fuyant son regard. “J'ai reçu la première lettre il y a des mois de ça.” Par ma désinvolture, ils avaient pu agir : bien, dans le détail et sur le long terme. Avec une réaction appropriée de ma part, leurs agissements auraient pu être avortés dans l’œuf et rien de tout ceci ne serait sans doute arrivé...

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Mer 12 Déc - 14:17
Qu'attendait-il d'elle après tout ? Pourquoi les excuses, pourquoi assumer cette faiblesse qu'il se connaissait ? Voulait-il qu'elle le sanctionne, qu'elle approuve son manquement ? Assis, le regard rivé sur ses genoux, installé dans cette ridicule chaise roulante, Julian patientait, lui qui habituellement ne supportait pas d'attendre, lui qui devait toujours être en mouvement.
Le dos courbé, la nuque offerte à ce couperet qu'elle pouvait tout à fait lui expédier, il voulait qu'elle le juge, qu'elle pointe du doigt son erreur, qu'elle lui dise ouvertement qu'il n'était pas à la hauteur, il avait besoin de l'entendre car malgré ses convictions du moment, une toute petite part de lui persistait à lui souffler qu'il était fait pour ça, qu'il n'avait de toute façon rien d'autre.

Cette attente insupportable afin qu'elle le brise et qu'il se décide enfin à rentrer à Londres, qu'on le pousse vers la sortie, voilà ce qu'il attendait d'elle. Qui d'autre aurait pu s'en charger ?
La voix de Powell le tira de ses sombres pensées et comme elle lui intima d'approcher d'une voix faible, il s’exécuta. Ses mains vinrent saisir les larges roues du fauteuil, et il le fit avancer en grimaçant. Sans aller jusqu'à être douloureux, il sentait la tension dans ses côtes, la gêne dans le mouvement de ses bras. Heureusement, il n'avait qu'un mètre à franchir, presque rien.
Une fois en place, il releva son regard vers elle et fut surpris de s'apercevoir qu'elle aussi le regardait. D'une voix, rendue douce par la souffrance ou bien par la compassion, elle lui indiqua qu'il ne lui devait rien. Son coeur se serra lorsqu'elle évoqua être incapable de travailler avec un meurtrier. Pouvait-on parler de meurtrier lorsque tout un groupe était en danger ?
Il ne savait plus, son esprit était encore trop embrouillé par les souvenirs et la douleur, seul persistait ce sentiment cruel d'échec et cette frustration de n'avoir pu sauver personne, pas même celle pour qui il avait tout risqué. Laura avait perdu un doigt et certainement bien plus, il n'avait toujours pas été la voir, il n'osait même pas la contacter tant la honte le submergeait. Quel piètre agent d'intervention il faisait, quel piètre entraîneur incapable de protéger ce qui devait l'être...

Pourtant, il fronça les sourcils aux propos de Powell, de quel successeur parlait-elle ? Volontairement, elle avait détourné le regard, par pudeur certainement à moins que ce ne soit par détresse.
Il voulait lui demander des explications, la forcer à aller au bout de ses pensées, mais il remarqua alors, les doigts crispés sur le drap blanc et se ravisa.
Pour elle aussi, c'était dur.
Comme elle le disait, l'amertume ne lui serait d'aucun secours, sauf que lui, Julian Blake, ne souhaitait pas être secouru.

Powell décida alors de lui avouer sa faute, cette lettre, reçue il y avait plusieurs mois et qu'elle avait volontairement ignorée, comme Laura, comme tous ceux qui avaient reçu ces menaces.
Julian partit dans un rire nerveux et il sentit ses phalanges lui faire mal. Sans qu'il ne s'en rende compte, il avait agrippé trop fort le montant métallique des roues. Sa mâchoire se contracta entre deux éclats.

- En effet vous n'avez rien dit. Masrani non plus alors que je la vois presque tous les jours. A aucun moment elle n'a tenu bon de m'avertir. Comme elle, vous avez cru à une menace quelconque comme Jurassic World en reçoit des dizaines par semaines. Alors quoi Powell ? Que voulez vous que je vous dise ? Que vous auriez dû m'en parler ? Et au nom de quoi ? Je ne suis pas votre supérieur mais je pensais que vous aviez suffisamment confiance en moi pour espérer un avis de ma part. Ceci étant...comment définir le niveau de menace d'un courrier anonyme ?


A ses yeux, c'était impossible. Powell aurait certainement manqué de données, même si elle s'était inquiété plus tôt des lettres. Le parc possédait trop de détracteurs pour accorder plus de crédit à l'un ou à l'autre. Il reprit son souffle et avec lui, réprimât un début de quinte de toux qui lui sciait les côtes.

- Ils ne nous connaissaient pas parce que vous n'avez rien dit, soupira-t-il. En réalité, je pense même qu'ils nous connaissaient bien avant ça. Sinon, pourquoi avoir envoyé ces lettres à certains et pas à d'autres ? Ces envois étaient ciblés. Alors maintenant, il faut comprendre comment ils s'y sont pris. Taupe dans le service ? Ou bien hackage du système donnant accès à tous nos dossiers ? Vous êtes la responsable de la sécurité, vous avez encore du boulot. L'enquête est ouverte et je ne serais peut-être plus là pour vous aider à la mener à bien.






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