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Il y avait un avant, il y aura un après |Norah Ayoun|
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Toujours convalescent, Julian pouvait au moins quitter l’hôpital pour quelques heures. Il avait travaillé comme un forcené pour remettre son corps en état, rééduquer ce qui devait l'être malgré parfois, les mises en garde des infirmiers.
En dehors de ses blessures, son corps, resté endormi trop longtemps avait du mal à reprendre pied dans une normalité et aujourd'hui, il devait encore marcher avec une béquille, juste pour s'aider à ne pas vaciller. On lui avait proposé une canne et il avait ricané. Il n'était pas si vieux après tout. Sa fracture à l'arcade se portait bien, ne restait que le petit pansement blanc destiné à protéger la cicatrice. Au moins, les tuméfactions s'étaient dissipées, il ne ressemblait plus à elephant man.
Pour sa rate c'était une autre affaire, les coups reçus avaient entraîné une lésion importante avec hématome para-quelque chose de niveau trois. Il n'avait pas compris grand chose au jargon médical, se contentant de s'assurer que la suite ne le tuerait pas. Aussi, et malgré son autorisation de sortie, il devait rester tranquille pendant au moins un mois. Un mois sans exercice physique intense, un mois durant lequel il devait le moins bouger.
C'était terriblement frustrant de se sentir aussi inutile après tout ce qu'il s'était passé. Son équipe évidemment était venu s'enquérir de son état, mais il les avait envoyé chier pour la plupart, peu enclin à papoter de ce qu'il considérait comme un échec personnel.

Les nuits étaient pires que les journées et il aurait bien aimé savoir comment calfeutrer la pièce de ses souvenirs traumatiques qui le réveillaient à chaque fois qu'il daignait fermer les yeux, en sueur et dans un cri, les nerfs en pelote.
Il cherchait à expier une nouvelle culpabilité qui le rongeait, un mal-être constant et une colère grandissante. On lui avait dit que la vétérinaire, Norah Ayoun avait tenté de le soigner lors de l’assaut et pour être tout à fait honnête, il se sentait redevable envers elle d'autant plus qu'il se souvenait parfaitement du regard apeuré de la jeune femme, comme si elle faisait face à l'enfer.

Alors il avait décidé de se traîner jusqu'à son cabinet, là où elle soignait toute sorte d'animal blessé afin de venir la remercier. Ce n'était pas dans ses habitudes, mais comme il lui devait certainement la vie, il ferait l'effort.
Sous un soleil de plomb, un collègue lui proposa de l'amener là-bas dans une voiturette du parc. Il accepta de bon coeur, songeant à sa convalescence. Habillé d'un jean et d'un t-shirt gris clair, armé de sa béquille et de ses cernes violacés, il ne ressemblait pas à grand chose. Sans compter sa barbe qu'il n'avait pas rasé depuis....depuis avant l'incident. Heureusement pour lui son système pileux n'avait jamais été très productif et si les poils mangeaient un partie de son visage, on était encore loin du hipster.
Sans aller jusqu'à être plaisant, au moins était-il propre, ce qui changerait de la dernière fois qu'elle l'avait vu.

Le véhicule s'arrêta et Julian en descendit avec difficulté, en se reposant sur la béquille. Ses cotes lui faisaient mal, mais il devait se réjouir d'après le docteur, on avait évité la perforation pulmonaire. Ouais !
Il poussa la porte du bâtiment de sa main libre et se retrouva dans une sorte de salle d'accueil un peu trop blanche à son gout. En même temps, tout ou presque lui rappelait aisément l’hôpital.

- Bonjour ? Il y a quelqu'un ? lança-t-il dans l'atmosphère trop calme. Mademoiselle Ayoun ?

Ou Madame peut-être, il n'en avait pas la moindre idée.

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Dim 2 Déc - 15:26
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Il y avait un avant, il y aura un après...
Julian
Normalement, le psy que je vois m'a déconseillée de reprendre le travail trop rapidement. Il m'a même dit de rentrer chez moi quelques temps pour changer d'air et penser à autre chose mais allez y vous, quitter cette île pour aller vous changer les idées dans un pays en guerre... c'est top, surtout quand vous venez de subir un choc traumatique. Bref, je lui ai donc répondu poliment d'aller se faire voir chez les grecs et j'ai gentiment repris le chemin du travail.... en réalité, j'ai vraiment besoin de travailler, ça m'occupe et ça m'évite de trop penser à ce qu'il s'est passé... D'ailleurs, la nuit j'évite de rentrer à l'hôtel... je fuis cet endroit comme la peste et puis de toutes façons, je ne dors plus. Je passe donc le plus clair de mon temps, presque toutes mes journées, ici, à l'infirmerie pour dinos... J'ai besoin d'être tout le temps occupée pour ne plus penser à tout ça... pour ne plus penser que ce jour là, beaucoup on faillit y passer...

Depuis, je n'ai pas revu les personnes présentes avec moi ce jour là... La seule que je suis allée voir, c'est Laura. Bien entendu, j'ai pris des nouvelles, discrètement, de tout les autres blessés mais j'ai préféré garder mes distances avec eux... Je pense qu'à leur place, je n'aurai pas supporter qu'on vienne me voir et me harceler avec des questions du genre "tu vas bien ?" ou alors des phrases bateau du style "tu as eu de la chance, ça aurait pu être pire..." En tout cas, je suis soulagée de savoir que tout le monde se remet à peu près bien de tout ça, du moins physiquement. Si il sont dans le même état que moi, ils doivent sursauter au moindre bruit, une porte qui claque peut provoquer la plus grosse crise de panique du monde... En ce qui me concerne, je ne supporte plus les éclats de voix... Dés que des personnes se prennent la tête, j'ai besoin de quitter la pièce rapidement... et je ne parle même pas des bruits forts et imprévus... Dernier exemple en date, je me faisais chauffer mon déjeuner au micro ondes et il a "explosé" à l'intérieur... Je vous laisse imaginer dans quel état je me suis mise...

J'ai encore quelques séquelles physiques, mes côtes me font encore mal et j'ai le corps plein de bleus mais pour moi tout ça c'est du secondaire... Même si je ne me le dis pas assez souvent, j'ai eu de la chance... on a tous eu de la chance dans ce malheur.

Peu après être venue reprendre le boulot, j'ai demandé à ce qu'on m'installe une autre caméra de surveillance... J'ai besoin de voir tout autour de moi, juste au cas où... Je n'ai strictement aucune idée de l'heure qu'il est mais comme je fais une petite pause dans ce que j'ai à faire, je me suis installée devant les écrans de surveillance... Mes yeux les fixent et j'étouffe un bâillement alors que je me lève pour aller me faire chauffer une nouvelle tasse de café. Ne me demandez pas combien j'en ai bu aujourd'hui, je ne saurai vous répondre. Je campe devant la cafetière et je ne vois pas que quelqu'un s'approche de la clinique. C'est uniquement quelques secondes plus tard que j'entend la clochette de la porte d'entrée sonner... Je m'arrête et je prie pour que la cafetière ne trahisse pas ma présence... Je ne sais pas qui est là et mon cerveau, mon imagination, se mettent à me jouer des tours... Si je reste silencieuse, si je ne fais pas de bruits, peut-être que la personne qui vient d'entrer va partir... Je ferme les yeux et je compte jusqu'à 10 dans ma tête... c'est un truc que ma mère m'avait appris quand on avait des bombes qui tombaient pas loin de la maison.... Ferme les yeux et compte jusqu'à 10.... respire....

Je sursaute lorsque j'entend la voix, masculine, qui m'appelle. Je fais quoi ? Je continue de ne rien dire et j'attend qu'il finisse par partir ? Mes mains tremblent, j'agrippe le bureau pour ne pas tomber. Je sens mes jambes qui faiblissent.... Il me faut quelques secondes avant d'enfin me décider.

- Qui est là ?

Je laisse échapper un soupir, me rendant compte à quel point je peux être ridicule à cet instant précis. Ça se trouve, c'est une urgence et moi je suis là, dans le bureau, enfermée, à trembler comme une feuille et à attendre que ça passe. J'avance doucement vers la porte et ma main se pose sur la poignée de cette dernière. Je sens qu'elle est moite et j'ai presque envie de l'insulter pour qu'elle arrête de trembler... De l'autre côté, pas de réponse. Je prend donc la décision d'ouvrir doucement la porte pour essayer de voir si je reconnais l'homme qui vient de m'appeler... La porte grince, je grimace... et je le vois... Il me faut quelques secondes pour percuter qu'il s'agit de Blake.... Une vague de soulagement s'empare de moi et j'ouvre finalement la porte... C'est bête, mais je suis contente de le voir...

- Oh, bonjour....

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Lun 10 Déc - 14:47
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Seul le silence lui répondit et pendant un instant, Julian se demanda si le bâtiment n'était pas vide ou s'il ne s'était pas trompé d'endroit. Greg avait-il voulu berner son chef en luis donnant une mauvaise information ? Lui faire une petite blague pour lui souhaiter un bon retour ? C'était plausible. Alors, mettant ce temps à profit, il observa la pièce puis s'avança vers le comptoir avec sa béquille. Putain on aurait dit un vieux.
Tout lui semblait si irréel que c'en devenait absurde. Le parc n'avait pas cessé de vivre, chacun ayant repris ses activités pour poursuivre le projet de ré-ouverture, pourtant, pour lui, quelque chose s'était à nouveau délié. A moins qu'il ne fut encore entrain de rêver.
Ici, cette pièce trop blanche, cette odeur de désinfectant, on se serait cru dans un hôpital post-apocalyptique.
Il savait pertinemment que tout ne se passait que dans sa tête, qu'en réalité tout n'allait pas si mal. Après tout, ils s'en étaient sortis. Mais après diverses missions en temps de Guerre, après l'échec et la mort liés au premier parc, après le décès de Brown, c'était un peu trop pour lui à assimiler. Son cerveau tentait de le protéger comme il le pouvait, le laissant à moitié paranoïaque la journée et hurlant de terreur la nuit.

Les somnifères n'y avaient rien changé, pire, il était persuadé que cela lui provoquait des crises de somnambulisme. A plusieurs reprises, il s'était réveillé entrain de vomir dans ses toilettes. Une chance quelques part, que son corps n'ait pas oublié où se rendre pour évacuer. Mais la fatigue devenait palpable et se lisait sur ses traits. De charmants cernes étaient apparus sous ses yeux verts, assombris par le doute et le traumatisme.
Des doutes, il en avait toujours. Partir ou rester, il ne s'était toujours pas décidé et ne voulait rien précipiter car il savait que ce ne serait qu'une part de la solution et pas la solution complète.
Quant à la psy...il rechignait à y aller et lorsqu'il n'avait pas le choix, il mentait effrontément sur son état. Elle n'était pas dupe, mais comment soigner quelqu'un qui ne voulait pas être aidé ?

Alors pour ne pas sombrer dans la dépression, il occupait son cerveau et ses mains, autant que possible. Puisqu'il ne lui était pas permis de reprendre le travail, il s'acharnait sur la rééducation. Et très franchement, les mises en garde des toubibs commençaient à le gonfler. Sa rate se remettait trop lentement à son goût. Cependant, il n'était pas spécialement objectif le concernant. Il ne l'avait jamais été alors pourquoi changer maintenant ?

Face au silence, il avait décidé de repartir, après tout, elle n'était peut-être pas là. Il était entrain de balayer une dernière fois la pièce du regard lorsque la porte s'ouvrit enfin.
Ayoun apparut et le salua sans masquer sa surprise.

Elle était pâle comme un linge, limite cadavérique. Pour elle aussi les nuits paisibles semblaient bien loin et Julian en fut sincèrement désolé pour elle. La jeune vétérinaire s'était retrouvée prise à partie dans cette réunion qui avait mal tournée.
Rompant l'inconfort qui commençait à s'accumuler dans l'atmosphère pesante, Julian se borna à sourire d'un air qu'il voulut rassurant.

- Bonjour, répétât-il bêtement avec la désagréable sensation d'être un funambule sur le point de se casser la gueule.
Il ne savait pas quoi dire, après tout, il ne la connaissait pas. Sa présence était peut-être inopportune et puis, tout ce qu'il avait potentiellement prévu de lui dire s'envola comme de la fumée, le laissant là, debout comme un con avec sa béquille.

- Je...je suis venu voir comment vous alliez, finit-il par bredouiller.
Bravo l'artiste. La vérité toute nue avec l'assurance d'un gamin de huit ans.
Il ferma les yeux un court instant, agacé par son propre comportement puis il se racla la gorge et reprit :

- Mais si vous êtes occupée, je repasserais plus tard, ce n'est pas grave.


Voilà, là on était déjà plus proche de la manière d'agir de Julian Blake. La fuite, comme toujours. Un domaine dans lequel il excellait, vraiment.

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Mar 11 Déc - 11:23
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Julian
Je reste quelques secondes dans l'entrbaillement de la porte, comme pour m'assurer que je ne suis pas en plein rêve et que c'est bel et bien Blake qui est là, présent devant moi. Une fois rassurée de voir qu'il est bien là et que je ne suis pas de nouveau en train d'halluciner, je quitte doucement la pièce en prenant bien soin de refermer la porte derrière moi... Cette dernière claque légèrement et provoque chez moi un sursaut. Mon coeur s'emballe et il me faut quelques secondes pour retrouver un peu le calme et me détendre. Je me racle la gorge et alors que je l'observe, je me rend compte qu'il est appuyé sur une béquille. Sans un mot, je m'approche de lui et je lui glisse une chaise pour qu'il puisse s’asseoir. Hors de question qu'il reste debout comme ça... D'un simple sourire, je lui fais comprendre qu'il peu s'installer.

- Non... non... Vous ne me dérangez pas...

C'est bête, mais avec ce qu'il s'est passé, j'ai l'impression qu'un mur s'est dressé entre le reste des employés et ceux qui ont vécu la prise d'otages. Je ne saurai pas comment expliquer ce que je ressens mais j'ai constamment l'impression d'être jugée ou de lire de la pitié dans les yeux de ces personnes... et la pitié, j'ai appris à ne pas l'aimer et à grandir sans... Je laisse Julian s'installer sur la chaise alors qu'il m'indique être venu voir comment je vais. Je n'ai pas pour habitude de me plaindre, bien au contraire, et au grand regret de mon psy, je suis plutôt du genre à vouloir tout garder pour moi, jusqu'à atteindre le point de non retour. Je me contente simplement de sourir et de hausser les épaules.

- Et vous comment vous sentez vous ?

Je sais c'est une question stupide puisque le fait de le voir avec une béquille m'indique qu'il ne se remet pas rapidement de ce qu'il s'est passé... mais en même temps, qui le ferait ? A mon tour, je m'installe sur un chaise face à lui. Les doigts entrelacés, je me rend compte que je manque à tout mes devoirs et je me lève d'un bond.

- Oh, vous voulez boire quelque chose ? j'ai du thé, du café, de l'eau etc...

J'ai besoin de bouger, je n'aime pas rester sur place, j'ai l'impression d'être une proie facile quand je suis immobile et je déteste cette sensation. C'est donc pour garder un minimum de mouvement que je me rend dans la pièce adjacente pour me faire une tasse de thé et préparer ce qu'il va me demander. Les mains posées sur la table, je ferme les yeux... sans que je m'en rende compte, mes doigts se crispent sur la table et j'ai une boule dans le ventre... Silencieusement, je me remet une nouvelle fois à pleurer, pour la "je ne sais plus combientième" de la journée... C'est l'eau qui se met à bouillir dans la bouilloire qui me fait me ressaisir... J'essuie rapidement mes yeux et une fois les boissons prêtes, je retourne vers Julian qui m'attend toujours de l'autre côté.

Je lui tend sa boisson et je m'installe de nouveau sur ma chaise avant de porter la tasse de thé à mes lèvres.

- Je... je suis désolée de ne pas être venue vous voir à l'hôpital... Je... je ne supporte pas ces endroits...

Je n'avais surtout pas envie de croiser d'autres personnes présentes ce jour là...

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Mer 12 Déc - 15:20
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Il y eut ce moment gênant durant lequel elle le regarda depuis la porte. Il se demanda à quoi elle pensait en observant sa posture avec sa béquille. Était-ce de la pitié ? Une gêne liée à un quelconque sentiment de culpabilité ? Julian n'était pas spécialement à l'aise avec les relations humaines, il ne possédait pas l'intelligence sociale qui permettait de décrypter les attitudes des uns ou des autres. Sans tenir compte du fait que ses relations avec les femmes n'étaient jamais très approfondies.
Il ne leur en laissait pas le temps généralement.

Si Norah sursauta au bruit de la porte qui se referma dans un claquement sec, il n'en montra rien, trop occupé peut-être à tenter d'analyser ses moindres faits et gestes comme elle ne parlait pas. Tout comme les siens, les yeux bruns de la jeune femme étaient bordés de cernes et ses traits traduisaient une sorte d'angoisse constante. Pour autant, il ne parvenait pas à lire en elle et se contenta de s’exécuter bêtement lorsqu'elle lui proposer une chaise, avant de pester intérieurement qu'il aurait pu rester debout. S’asseoir ainsi allait à l'encontre de ce qu'il venait lui montrer, c'est à dire que tout allait bien et qu'il se remettait, en partie grâce à elle. Les premiers soins qu'elle lui avait octroyé avaient permis de le stabiliser jusqu'à l'arrivée des secours.

Plutôt que de répondre, Norah lui retourna la question. Pas de chance pour elle, il connaissait cette technique. Celle de répondre à une question par une autre question lorsque l'on ne souhaite pas donner de réponse. Allait-elle si mal que cela pour agir de la sorte ? Ne voyait-elle pas un psy comme tout le monde ?
Il était entrain d'y réfléchir, hésitant sur la réponse à lui transmettre lorsqu'elle s'installa face à lui. Soudain, elle se releva comme si la chaise était en feu et lui proposa une boisson avant de disparaître dans la pièce à côté. De nouveau seul comme un abrutis dans la pièce, il soupira.
Pourquoi était-ce si difficile ?
Il pencha la tête en arrière, observant le plafond durant un moment et cette lumière artificielle qui pouvait vous cramer les rétines. L'angoisse et la peur pouvait vous pousser au confinement. Etait-ce ce qu'elle avait fait ? Se murer dans le travail, dans un bureau et dans la solitude pour ne pas avoir à se justifier auprès de quiconque sur son état ?
Restait le plus dur pourtant, se justifier auprès de soi-même.

- De l'eau s'il vous plait, merci !
s’étendit-il répondre tandis que sa voix résonnait dans la pièce vide.

Un thé lui aurait fait du bien, mais Anglais d'origine il possédait des critères très stricts sur ce dernier et doutait de la capacité de la jeune femme de le réaliser comme il le souhaitait.
Après un temps incertain, Norah revint et lui tendit son verre d'eau avant de s’asseoir une tasse de thé à la main.
Julian fronça légèrement les sourcils, il venait de remarquer les yeux humides de la jeune femme. Elle avait du pleurer et en essuyant les larmes, certaines s'étaient lovées entre ses longs cils bruns.
Pourtant, elle se tenait assise devant lui, comme si de rien n'était en portant la tasse à ses lèvres. Il se sentit mal de la voir dans cet état et sa culpabilité s'enfonça un peu plus dans ses chairs. Il était en partie fautif de cet état actuel parce qu'il n'avait pas agit comme il l'aurait du, parce qu'il y avait eu des failles dans le système, mais également en lui-même.

- Vous n'avez pas à vous excuser Norah, la coupa-t-il d'un ton un peu trop ferme peut-être.

Il ne voulait pas qu'elle s'inflige ça. Secouant doucement la tête de haut en bas, comme pour se convaincre de ce qu'il allait dire, il sourit à nouveau et ajouta avec bien plus de désinvolture :

- Pour être tout à fait honnête, j'aurais été surpris de vous voir là-bas.

Après tout, ils ne se connaissaient pas. Les traumatismes rapprochaient les gens disait-on et Julian ne pouvait nier qu'à présent, un lien existerait entre eux mais ce lien n'avait pas à être imposé.
Il ne lui demandait rien.
Se rendant compte de son attitude peu sympathique, il détourna le regard vers la fenêtre un moment.
Cet instant devint flottant puis oppressant. Assis là tous les deux, sans vraiment savoir quoi dire...

Julian se leva et ajusta sa béquille.

- Il fait beau dehors, vous voulez bien venir vous promener avec moi ? J'ai besoin de prendre l'air.


Il ne précisa pas qu'il avait l'impression qu'elle aussi, alors il lui tendit simplement son bras libre. Avec ses allures d'infirme, elle accepterait peut-être juste pour le soutenir dans sa marche. Au fond, peu importait la raison tant qu'ils ne restaient pas dans cette pièce à se regarder dans le blanc des yeux pour mieux éluder les questions sur leurs états mutuels.

- Et si on croise des membres de mon équipe, je leur dirais que vous êtes mon infirmière perso, ils seront vert de jalousie, plaisanta-t-il en riant.




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Mer 12 Déc - 23:21
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Julian
Il a l'air gêné, je le sens et puis ça se voit... Il ne devait certainement pas avoir envie de venir ici et moi, je ne l'aide pas à se sentir à l'aise avec mon état d'esprit morose. Je le sais, en ce moment, je ne suis pas d'une très bonne compagnie et je comprend tout à fait qu'on m'évite comme la peste... même moi j'essaye de croiser mon reflet dans un miroir le moins possible... Les yeux baissés sur ma tasse de thé alors que je souffle pour tenter de la refroidir, j'évite un tant soit peu de croiser le regard de l'agent. Je n'aime pas qu'on me voit dans cet état, j'ai l'impression de n'être qu'une petite chose fragile qui ne peut pas vivre sans les autres et je ne supporte pas ce sentiment. On ne dirait pas comme ça, pourtant je suis quelqu'un de fort, j'ai envie de me battre... j'ai vécu la guerre... mais là, je crois que vivre ce qu'il s'est passé a eu raison de moi. En fait, je crois surtout que le fait de me rendre compte que même ici je ne suis pas en sécurité, ça a complètement détruit le peu de blindage que j'avais réussi à me forger...

Je m'excuse de ne pas être venue le voir à l'hôpital mais il ne tarde pas à ma signaler que je ne dois pas m'excuser. Je baisse une nouvelle fois les yeux... Comment ce genre d'événement peut avoir la capacité de réduire votre assurance et votre estime de soi à un niveau tellement ridicule... Je reste silencieuse et je bois une nouvelle gorgée de mon thé en espérant réussir à faire partir la boule que j'ai au fond de la gorge et le noeud dans le ventre... Je ne relève la tête que lorsque Julian m'avoue qu'il aurait trouvé étrange de me voir à l'hôpital. Je me pince les lèvres avant de lever les yeux vers lui et de le fixer quelques secondes.

- J'aurai du prendre des nouvelles... de vous et... et des autres...

Il détourne le regard et son visage se tourne vers la fenêtre. Je retiens un soupir... La situation me met mal à l'aise tout comme elle le met mal à l'aise lui aussi... Le silence s'installe entre nous et je suis à deux doigts de lui demander pourquoi il est là mais il vient rompre le silence avant moi. Je sursaute légèrement alors qu'il se redresse et se lève de la chaise. Je plisse les yeux quelques secondes, ne sachant pas trop quoi penser... Je suis tellement bizarre qu'il a décidé de partir ? Sûrement... ça ne m'étonnerait même pas d'ailleurs...

Quelques secondes s'écoulent et Blake prend de nouveau la parole. Allez dehors ?  Se balader... pour être franche je n'ai aucune idée de à quand remonte la dernière fois que j'ai pris l'air... Je le fixe de nouveau sans rien dire, mes yeux se posant tour à tour sur son bras tendu et dehors. Je pose doucement la tasse de thé et je finis par me lever à mon tour.

- Euh... d'accord...

Mon ton est hésitant et je sens le noeud dans mon estomac grandir un peu plus... Doucement j'attrape son bras et on se met en marche vers les portes de l'infirmerie. Lorsque ces dernières s'ouvrent, je marque un arrêt, un temps de pause durant lequel je prend une profonde inspiration pour tenter de ne pas me mettre à paniquer... Quitter un lieu fermé, où je suis confinée et seule... C'est la première fois que je le fais depuis l'incident... Blake essaye tant bien que mal de détendre l'atmosphère mais au lieu de lui adresser un sourire franc c'est un sourire crispé qui s'affiche sur mon visage...

Il fait un pas, puis deux et en quelques secondes nous voilà hors de l'endroit qui me sert de forteresse depuis quelques temps maintenant. Ma peau se réchauffe au contact des rayons du soleil et le temps de quelques secondes, je sens la chaleur venir m'envelopper, me faisant ainsi ressentir une vague de bien être. Je marque un nouvel arrêt et je ferme les yeux. Doucement, mon visage se lève vers le ciel et je reste comme ça, le temps de me souvenir à quel point j'aimais les balades dans le parc... Machinalement, ma main vient se poser sur celle de Blake et c'est peut-être étrange mais ce contact me rassure.

Au bout de quelques secondes, j'ouvre de nouveau les yeux et je retire ma main, de peur d'abuser.

- Je suis contente de voir que vous allez bien...

Du moins physiquement parce que je doute que dans sa tête tout soit aussi bien rangé... je crois qu'on est tous un peu, plus ou moins, dans le même état d'esprit.

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Lun 17 Déc - 14:41
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Norah hésitait, c'était flagrant. Son regard ne cessait les aller-retours entre la fenêtre et le bras que Julian lui tendait. Et si elle disait non? Si elle se moquait en lui disant que c'était la pire idée du siècle ? Il se sentait gauche, maladroit, tout lui semblait bien trop compliqué.
Depuis qu'il était ici, ses relations étaient devenues compliquées, encore plus dès qu'il s'agissait des femmes. Durant ses permissions, il n'avait aucun scrupule à draguer ouvertement, se fichant bien du lendemain qui ne viendrait pas. Toujours, il était déjà parti lorsque ses amantes d'une nuit ou de quelques heures se réveillaient. Pas de numéro, pas de retrouvailles, la seule promesse qui était faite naissait dans l'instant : pas de contrainte, que du plaisir en tout conscience. Et c'était ce qu'il aimait, ce qui le rassurait, ces relations sans attache.


Ici, il ne pouvait agir de la sorte, parce que l'île était petite et que pour tous ceux qui y vivaient, il y avait forcément un lendemain. Il ne voulait pas risquer une situation compliquée, une gêne à devoir croiser de nouveau celle avec qui il aurait partagé un instant volé à la dure réalité.
Pas d'attache, pas de lien, rien qui ne puisse obstruer ses décisions futures, rien qui ne vienne entraver ses ressentiments du passé.
Alors, quand il retournait sur le continent, il profitait de cette liberté retrouvée, mais ici, il se tenait sage et réfléchis. En sois ce n'était pas plus mal, mais force était de constater qu'il avait fini par devenir une sorte d'handicapé des sentiments, un enfoiré affectif qui avait jusqu'à maintenant scrupuleusement choisis les filles avec lesquelles il avait couché au parc. Elles n'étaient pas nombreuses mais possédaient toutes un point commun : elle ne viendrait rien lui réclamer, les heures partagées appartenaient au passé.
Sans aller jusqu'à les ignorer, il avait sélectionné les filles qu'il n'était pas sensé croiser. Jusqu'à présent, les deux partis le vivaient bien.

Aussi, lorsqu'il s'agissait simplement d'être gentil ou concerné, comme il voulait l'être avec Norah, il avait peur de passer à coté ou d'agir comme un détraqué.
Pourtant Norah finit par lui accorder sa décision de le suivre dans cette promenade improvisée. Elle déposa sa tasse et saisit son bras.
Elle n'était pas sûre d'elle et il ne la pressa pas. Sa plaisanterie n'eut pas l'effet escompté et il se morigéna intérieurement pour ne pas tenter quoi que ce soit plus tard. Un fois, on excusait, la seconde risquait de le faire passer pour un véritable boulet.
Quelques pas plus tard, des pas lents et peu naturels, l'agent et la vétérinaire se retrouvèrent dehors, sous le soleil éclatant.
Julian cherchait encore comment tenir au mieux sa béquille, il n'avait qu'une envie, la laisser ici et continuer à marcher comme un homme normal. A ses côtés, Norah s'était arrêtée et machinalement, il avait tourné son visage vers elle pour s'assurer qu'elle allait bien. Il la découvrit les yeux clos et détourna son regard pour ne pas la gêner dans cet instant où visiblement, elle avait besoin de se renfermer dans sa bulle.

A la place, il balaya la zone du regard, pinçant légèrement les lèvres en découvrant tous les agents armés qui effectuaient leur tour de garde devenu maintenant leur routine. L'île s'était transformée en une prison oppressante, la beauté de l'endroit ne suffisait plus à masquer l'incident qui avait marqué au fer rouge certains d'entre eux.
Les sourcils légèrement froncés Julian se demandait quel serait l'après lui qui n'avait toujours pas décidé de ce qu'il ferait.

La main de Norah sur la sienne fit dévier son regard de nouveau. Ce fut son tour de braquer des yeux surpris sur la jeune femme, puis sur ses doigts posés délicatement sur sa peau. La chaleur se diffusa instantanément par le contact, le laissant encore plus indécis. Il aurait eu envie de la prendre, cette main, de la serrer dans la sienne comme une promesse muette qui indiquait que tout irait bien pour elle.
A une autre époque, il l'aurait fait mais aujourd'hui...pouvait-il encore promettre pour sa sécurité ?
Alors quelle était cette sensation étrange, comme si leurs épidermes se reconnaissaient, comme s'ils avaient besoin l'un de l'autre dans un surprenant sentiment de survie ?
Car c'était de cela qu'il s'agissait, le traumatisme les liaient d'une manière ou d'une autre, inconsciemment, ils reconnaissaient la détresse qui irradiait de leurs esprits mutilés.

Cet instant s'envola comme il était venu, d'un simple battement de paupières et déjà Norah avait retiré sa main. A la place, les mots traduisant son soulagement de le voir franchirent ses lèvres.
Julian sourit et ne tarda pas à lui répondre, sur le même ton de la confidence :

- C'est en partie grâce à vous.

Jamais il ne pourrait oublier ce qu'elle avait fait pour lui, là-bas, alors qu'elle était tout autant menacée.
Il déglutit et se remit en marche ne serait que pour s'éloigner des hommes armés. Quelques visages se tournèrent vers eux, mais personne ne chercha à venir les voir. De loin, le jeune homme chercha un endroit plus tranquille, un endroit sans fusil d'assaut, qui leur rappellerait l'île telle qu'elle était avant le drame.

- En réalité, je voulais vous remercier, reprit-il d'une voix pas aussi assurée qu'il l'aurait souhaité. J'ignorais quoi faire...vous envoyer des fleurs, vous inviter à dîner ou à boire un verre. Force est de constater que maintenant que je suis là...je n'en ai toujours pas la moindre idée.

Ses lèvres s'étirèrent dans un sourire gêné tandis qu'ils gagnaient l'ombre d'un bosquet.
- Aidez moi Norah, je vous suis redevable, dites moi ce que je peux faire pour vous remercier.

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Mer 19 Déc - 21:03
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Julian
Les rayons du soleil chauffe ma peau et je dois dire que c'est une sensation qui m'avait manqué... La chaleur et la lumière me font me sentir en vie et c'est à peu près la seule chose dont j'ai besoin en ce moment... Agrippée au bras de Julian, je ne fais pas spécialement attention aux mouvements un peu plus loin. Je ne remarque pas de suite que nous ne sommes pas seuls et que les deux gardes qui font leur ronde sont lourdement armés. En fait, pour le moment je suis plutôt préoccupée par nous deux. Non pas qu'il y en ait un de "nous deux" mais je pense qu'avec ce qu'on a vécu, nous sommes, d'une certaine façon, liés tout les deux. Je ne saurai expliquer comment ni même pourquoi, mais lorsque ma main est venue se poser sur celle du garde, c'est comme si nos deux corps tout entiers réagissaient à cette proximité...

Au moment où elles sont entrées en contact, j'ai senti le regard de Julian venir se poser sur ma main. J'essaye de le cacher au mieux mais cette vague de chaleur qui nous envahit à ce moment précis me perturbe. Je ne sais pas du tout comment expliquer ce qui est en train de se passer... Je suis perdue et je crois que Julian l'est tout autant que moi. Je ne veux pas qu'il croit que j'attend quelque chose de plus de sa part... Je ne veux pas qu'il pense que ce contact, cette chaleur qu'on a ressenti tout les deux, parce que je sais qu'il l'a ressentie lui aussi, lui fasse croire quelque chose qui n'existe pas... du moins je crois...

C'est bête, mais au moment où nos peaux sont rentrées en contact, j'ai eu comme l'impression qu'elles se reconnaissaient... Est-ce que inconsciemment le corps de Julian se souvient de ce que j'ai fais lors de l'attaque... et c'est comme si ma main revivait les quelques minutes qui ont permis de le maintenir en vie... Cette sensation est tellement perturbante, étrangère, que je décide de retirer ma main... Ce geste peut peut-être surprendre mais je n'ai pas envie de perdre le contrôle encore une fois... parce qu'à chaque fois que je le perd, ma vie semble me filer entre les doigts...

C'est donc pour rompre cette bulle qui nous entoure depuis maintenant quelques secondes que je prend la parole en lui disant que je suis contente de le voir, en bonne santé... Du coin de l'oeil, je l'aperçois qui affiche un sourire.. Je m'apprête à me tourner vers lui pour lui parler alors qu'il m'avoue que c'est en partie grâce à moi, lorsque mes yeux sont attirés par quelque chose à laquelle je n'avais pas fais attention jusque là... Il me faut quelques secondes pour comprendre que les deux gardes tiennent chacun une arme dans leurs mains... Immédiatement, j'ai la sensation de manquer d'air, je suis au bord de la crise d'angoisse, à deux doigts de faire demi tour et de m'enfermer dans mon bureau... Mais encore une fois, Julian vient à mon secours et doucement, il me fait regarder ailleurs... Je sens qu'on nous observe et à vrai dire je m'en fiche pas mal. Là, j'ai juste envie de ne plus voir ces armes pour pouvoir continuer à essayer... essayer de reprendre une vie normale, essayer de ne plus avoir peur du moindre bruit fort, du moindre éclat de voix... essayer de revivre...

Doucement, je me laisse guider par Julian qui rapidement nous trouve un petit coin tranquille, loin des regards et des gardes armés... On finit par s'installer sur un banc, à l'ombre des arbres. Les mains posées sur mes jambes, jouant nerveusement avec mes doigts, je surveille les environs du regard... Ce sont les mots de Julian qui me font sortir de cette paranoïa... Je ramène une mèche de cheveux alors que la petite brise tente de me les faire voler... Je souris, timide, alors qu'il me remercie pour ce que j'ai fais pour lui, puis je lève les yeux vers lui, ne comprenant pas forcément pourquoi ce "merci".

- Non... non... vous n'avez pas à me remercier de quoi que ce soit...

Je marque une pause, prenant une profonde inspiration alors que je sens de nouveau les larmes monter. A chaque fois que je ferme les yeux, je le vois se vider de son sang et plonger dans l'obscurité totale... A chaque fois que je ferme les yeux, j'ai cette odeur de poudre et de sang mêlée qui vient me saisir le nez...

- Je n'allais pas vous laisser partir...

Mourir... je crois que si ça avait été le cas, je m'en serai voulu toute ma vie... Il était hors de question que je le laisse dans cet état... Je ravale de nouveau mes larmes et je tourne le visage vers lui. Ses yeux me fixent comme pour me lancer un appel au secours... le genre d'appel au secours que moi seul peut comprendre, que moi seule peut entendre... Redevable ? lui ? certainement pas...

De nouveau, je pose mes mains sur les siennes et je lève les yeux vers lui. Cette fois, moi qui ne voulais pas me retrouver à pleurer devant quelqu'un, je n'y arrive pas.

- En rien vous n'êtes redevable de quoi que ce soit vous m'entendez ?

Mes paroles sont entre-coupées de quelques sanglots et ma main vient rapidement effacer les quelques larmes qui coulent silencieusement sur mes joues.

- Arrêtez de croire que vous êtes nul ou inutile...

Je prend une nouvelle inspiration avant de reprendre.

- Je sais que c'est ce que vous ressentez parce que c'est ce que je ressens aussi... et on n'a pas le droit...

De nouveau, j'efface les quelques larmes... Non on a pas le droit de se dire qu'on est responsable parce que dans l'histoire, c'est nous les victimes.... Non on a pas le droit... Alors pourquoi on ne peut pas s'empêcher de le faire ? Pourquoi c'est si dur de ce convaincre qu'on y est pour rien ?

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Jeu 20 Déc - 15:23
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Julian n'aurait jamais pu l'avouer, mais s’asseoir lui fit du bien. Il se croyait très certainement plus fort qu'il ne l'était vraiment juste parce qu'il ne voulait pas être faible. Alors il redoublait d'efforts, imposant à son corps de se remettre par le biais d'exercices quotidien ou de prières muettes. Au final, sa forme physique tardait à revenir, il avait beau jouer l'homme rétablit, il en était encore loin. Et encore...le mental état dans un état pire mais au moins était-il en vie. En grande partie grâce à Norah.
Alors s'il pouvait faire quoique ce soit pour elle...s'il pouvait lui rendre la suite plus facile, il le ferait sans hésiter.

Il voyait bien à ses mouvements de doigts, pianotant nerveusement ses jambes, à ses regards inquiets qui balayaient fréquemment les environs qu'elle n'était pas tranquille et cela le mettait un peu plus al à l'aise. Les récents événements avaient certainement développé chez la jeune vétérinaire un sentiment d'insécurité constante, une sorte de paranoïa quant aux éléments perturbateurs en tous genres. Julian n'était pas psy, loin de là mais il savait reconnaître un esprit perturbé car il en avait côtoyé plus d'un à l'armée. En mission sur le terrain, on croisait de tout.
Pour autant, il ne voulait pas enfoncer le couteau dans la plaie, elle préférerait certainement parler à un professionnel et puis, il n'était pas certain de souhaiter écouter les angoisses de la jeune femme pour la simple et bonne raison qu'il n'était pas en mesure de l'aider. Ce n'était pas tant qu'il manquait d'empathie mais il manquait cruellement de connaissances en matière de communication ou de relation sociale.

Malgré le malaise, elle lui sourit timidement et lui assura qu'il n'avait pas à la remercier. Dans tout le merdier et cette gêne, s'il y avait bien une chose dont il était certain, c'était justement qu'il lui devait la vie, qu'il était redevable et que la remercier était le minimum qu'il devait faire.
Elle ferma les yeux et inspira profondément, comme si elle s'éloignait du présent, comme si elle se murait dans ses pensées. Alors les mots, criants de vérité franchirent ses lèvres.
"Je n'allais pas vous laisser partir".

Il déglutit lentement, la douleur dans sa poitrine se ravivant aux douloureux souvenirs qu'elle faisait naître en lui. Serait-ce toujours ainsi ? Leur lien leur permettrait-il toujours de souffrir en revivant les terribles événements qui les avaient rassemblés ?
Lui, celui qui fuyait toujours et qui se gardait bien de créer un lien quelconque l'ignorait.
Alors elle se tourna vers lui et prit ses mains, il fronça légèrement les sourcils sans vraiment comprendre ce qu'elle était entrain de faire. Et à travers ses larmes, elle lui parla encore, serrant ses mains comme si ce simple geste lui donnait du courage pour dire tout ça.
Du courage, elle en avait, il ne pouvait le nier. Là-bas dans la salle de réunion et même aujourd'hui dans ce bosquet.
Mais chaque larme qui dévalait les joues de la jeune femme était une entaille de plus dans la culpabilité de Julian. Elle pleurait, séchait l'eau d'un revers de main et pleurait encore, incapable de contrôler les sanglots, incapable de surmonter émotionnellement l'instant présent car l'esprit était trop pris par le passé.

Lui aussi avait envie de pleurer, mais il l'avait déjà fait. Presque chaque nuit dans ces terreurs nocturnes depuis l'incident. Alors il la regarda, si belle et si fragile à la fois, comme sur le point de se briser d'un instant à l'autre et il aurait vraiment aimé faire quelque chose pour elle. Qu'avait-t-il d'autre de toute façon ? Rien...Powell avait reprit le boulot avec la même droiture, faisant mine que tout allait bien. Laura...Laura n'avait même pas daigné répondre à son message. Elle devait le juger minable et inapte.
Son équipe s'attendait à le voir débarquer d'un jour à l'autre, mais il n'avait plus vraiment envie de faire semblant.
Et puis il y avait Norah. Etait-ce pour cela qu'il était venu jusqu'à elle aujourd'hui ? Parcequ'il ne restait qu'elle qu'il pouvait potentiellement déculpabiliser ?
Contre toute attente, c'était elle qui cherchait à le dédouaner et bien que son intention soit louable, il savait qu'elle se trompait. Protéger les autres dans un moment aussi désespéré, c'était son métier.
Mais il ne pouvait le lui dire.

Norah semblait chercher à se défaire de l'étiquette de la victime qui culpabilisait d'avoir été agressée, et elle avait raison pour elle-même : Elle n'avait pas été nulle ni inutile. Elle avait sauvé des vies.
Et lui ? Qui avait-il sauvé ? Personne, pas même la situation. Il avait perdu son sang-froid dès que les terroristes s'en étaient pris à Laura. Evidemment, il aurait agit de la même manière pour n'importe quelle autre personne, mais il avait fallut que cela tombe sur elle. Celle à qui il avait promis protection, celle qui, plus que les autres se trouvait sous sa responsabilité.
Alors oui, il avait été nul et inutile. Sa bêtise avait faillit le tuer et malgré ses tentatives, Laura avait été battue, elle avait perdu son doigt et peut-être son bébé.
Son bébé...il avait du mal à le croire, mais après tout, il ignorait encore tout de sa vie privée et les rumeurs avaient rapporté l'arrivée d'un proche de l'Indienne.
Alors...peut-être...
Pourquoi cela le mettait-il si en colère ? Certainement parce qu'elle ne lui en avait rien dit, surement parce qu'elle l'avait trouvé indigne d'obtenir pareille information.

Prenant à son tour une grande inspiration, il releva son regard vers Norah. D'un geste lent, il essuya sa joue du pouce, avant de venir replacer derrière son oreille cette mèche rebelle, charmé par le vent.
Norah ne méritait pas ses états d'âme sombres. Norah ne méritait que la lumière et la chaleur du soleil. Il se força donc à sourire et inclina la tête sur le côté.

- Norah, vous avez été extraordinaire. Non, vous êtes extraordinaire et je m'en souviendrais. J'aimerais vraiment faire quelque chose pour vous et peu m'importe que vous me disiez que je ne vous dois rien. Je vous dois la vie. C'est quelque chose qui compte pour moi, alors si un jour je peux faire quoique ce soit pour vous...je vous en prie, demandez le moi, d'accord ?

Machinalement, il serra sa main dans la sienne. Comme s'il demandait une confirmation à cette requête.

- Vous êtes pâle il faut vous rendre quelques couleurs, laissons le soleil se charger de ça.

Mieux valait ne pas parler de ses propres cernes et des quelques marques qui ornaient toujours son visage. Il se leva et lui tendit un bras après s'être armé de sa béquille de l'autre. Il avait envie de se promener, de profiter encore du décor paradisiaque de l'île. Au fond de lui, l'idée de partir commençait à se raffermir et s'il ignorait quand sa décision serait prise, il pouvait déjà sentir de quel côté la balance penchait.


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Mar 25 Déc - 22:47
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Je connais parfaitement bien cette sensation... Celle qui vous fait culpabiliser, celle qui ne cesse de vous faire penser que vous auriez toujours pu mieux faire... Julian la ressent, je la ressens aussi et quelque part cette sensation, qui est presque une conviction, nous unit. J'essaye de faire de mon mieux pour ravaler mes sanglots, pour rester forte mais je crois qu'à ce moment précis, je n'ai plus la force nécessaire pour continuer de lutter. C'est plus fort que moi et je crois qu'il est temps de lâcher prise même si cela fait mal. Pourquoi devrions nous culpabiliser... dans l'histoire, nous n'avons fait que subir... mais j'aurai tellement voulu pouvoir en faire plus et ne pas m'être enfermée sur moi... Certains ont tenté de prendre les devants, de déclencher quelque chose... J'aurai voulu faire comme eux, ça aurait peut-être évité tout ce qu'il s'est passé. Je ne dis pas que j'aurai du me la jouer super héro mais franchement, si j'avais eu la chance d'avoir ne serait-ce qu'un éclat de courage, peut-être que tout aurait été différent... mais non... le destin a préféré être cruel avec moi et maintenant, je paye le prix de mon inaction.

Je baisse les yeux, je détourne le regard quelques secondes, juste pour moi le temps de me ressaisir, d'effacer ces larmes. Mais plus je les retire, plus elles donnent l'impression de couleur à flot... Je ne vois pas de suite que Julian porte sa main à mon visage et même si j'ai un tout petit mouvement d'écart lorsque sa main approche, je me laisse faire alors qu'il vient délicatement essuyer la dernière larme qui coule sur ma joue. Je ferme les yeux, en quelque sorte apaisée par ce geste. Il vient même retirer une mèche de cheveux pour aller la placer convenablement derrière mon oreille, dévoilant au passage une des nombreuses ecchymoses que je porte encore, souvenirs de cette réunion foireuse.

Je tourne la tête vers Julian qui m'adresse une sourire. Je lève les yeux vers lui alors qu'il se lance dans une monologue ayant pour but de me faire comprendre que je n'ai pas à m'en vouloir pour quoi que ce soit... Silencieuse, je l'écoute. j'ai beaucoup de mal à le croire, à croire tout ce qu'il me dit. Je fais des efforts, j'essaye de sourire à mon tour mais une nouvelle fois, c'est un sourire forcé qui se dessine sur mon visage. Une fois qu'il a finit de parler, je laisse s'écouler quelques secondes avant de prendre la parole à mon tour. Je serre sa main dans la mienne.

- Si, il y a bien une chose que j'ai à vous demander...

Je marque une nouvelle pause avant de reprendre. Cette fois, mes yeux sont fixés aux siens pour lui faire comprendre que moi aussi, je suis là si il a besoin...

- Ne faites pas l'erreur de partir...

Je sais, c'est bizarre, il ne m'a jamais dit qu'il comptait peut-être quitter l'île mais au plus profond de moi, je suis convaincue que c'est quelque chose qui le travaille... puisque c'est quelque chose que j'ai aussi envisagé...

- Je sais que vous y pensez... j'y ai pensé aussi et il m'arrive encore d'y penser...

Je serre sa main un peu plus fort.

- On a tous besoin de vous ici...

Sans un mot de plus, je le suis alors qu'il se lève du banc. Après m'être assurée qu'il est bien appuyé sur sa béquille, j'attrape son bras tout doucement. Nous sortons de l'ombre des fourrés et la chaleur des rayons du soleil vient délicatement frôler ma peau... Mon bras serre doucement le sien.

- Ne partez pas... s'il vous plaît...

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Ven 4 Jan - 16:00
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Norah sourit à nouveau et c'est à ce moment là que Julian comprit. Depuis le début de sa visite, la jeune femme se forçait. Il n'y avait pas spécialement fait attention jusqu'à présent, persuadé peut-être que sa présence avait réellement pu ranimer un éclat de bien-être sur le visage de la vétérinaire. En réalité, il n'en était rien. Alors il lui parut subitement évident que de son côté, elle faisait de son mieux pour donner le change et pour éveiller en lui aussi, des sentiments positifs.
C'était un cycle sans fin. Comment deux âmes brisées pouvaient-elles recoller les morceaux d'un passé douloureux ? Il l'ignorait et ne souhaitait pas impliquer Norah de toute façon.

Aussi, il fut surpris lorsqu'elle serra sa main un peu plus, surpris de la chaleur que sa paume dégageait à ce simple contact. Elle le regarda avec un mélange d'impatience et de bienveillance, comme si elle était sur le point de lui demander quelque chose. Alors il écouta, attentivement et ne s'attendit pas à ses mots.
"Ne faites pas l'erreur de partir".

Il fut atterré par ses propos, comment pouvait-elle lire au fond de lui ? Que pouvait-elle connaitre de ses envies et de ses peurs ? De sa volonté et de son abandon ? Le traumatisme pouvait-il autant les connecter ?
Son regard couleur de jungle s'imprima dans les rétines plus sombres de la jeune femme, comme statufié. Il cherchait encore une réponse à donner, un mot à prononcer, n'importe quoi qui pourrait les sortir de cet étrange état silencieux et lourd.
Il décida cependant d'ignorer ses sentiments, de ne pas écouter les paroles pourtant pleines de sens qu'elle lui soufflait. Evidemment, quiconque ayant survécu à la prise d'otage avait dû songé à partir. Qui voulait rester ici après ce terrible événement ?
De son côté, il n'y avait malheureusement pas que cela, mais de ses tourments, il ne pouvait rien dire. Pas à elle, pas à celle à qui il devait la vie.
Se levant comme il l'avait décidé, il se borna à afficher un sourire bravache, seulement affaiblis par sa main qu'elle serrait plus fort puis par les prochaines paroles qui furent prononcées.

Là, il eut envie de lui demander d'arrêter. Au moment même où elle lui indiquait que tous avaient besoin de lui ici. Foutaises, songea-t-il. Mais il ne voulait pas être grossier face à elle.
Debout, il fit un premier pas, puis un second, le visage à nouveau renfrogné, fermé à la lumière et à la discussion.
Il l'avait perçu vulnérable et fragile, mais c'était bien lui,à ce moment précis qui l'était devenu. Sans se retourner vers elle, il avançait tant bien que mal, béquille au bras. Norah lui tenait toujours le bras et c'est peut-être face à ce mutisme qu'elle réitéra ses propos, avec un peu plus de flamme, un soupçon de conviction.
Julian s'arrêta , le regard rivé devant lui. Sur son bras, il sentit la poigne plus ferme, comme un point d'ancrage dans la réalité. Elle insista encore, lui demandant s'il lui plaisait de ne pas partir et entendit son propre esprit gronder que non, il ne lui plaisait pas !
Pourtant, il n'avait pas d'arguments à lui opposer, en dehors de ceux qui le feraient passer pour un lâche. Ce qu'il était soit-dit en passant mais qu'il n'assumait pas devant tous.

Bien qu'il n'eut pas envie de voir ses grands yeux sombres, il finit par se tourner vers elle néanmoins et lui apporta la seule réponse dont il était capable en l'état :

- J'y réfléchirais sérieusement, rassurez-vous.


Il savait qu'il le ferait puisqu'il le faisait déjà depuis plusieurs jours. Ce genre de décision ne se prenait pas à la légère, sa vie et son avenir étaient en jeu. Norah n'était pas responsable de ses sombres pensées, il avait réellement pensé que la voir leur ferait du bien à tous les deux. Et pourtant...

- Je me demande si j'ai bien fait de venir Norah,
commença-t-il d'une voix grave. Je pensais que...vous remercier nous permettrait de nous sentir mieux...mais j'ai le vague sentiment qu'en réalité, cela nous ramène inlassablement jusqu'à cette nuit fatidique...et que la terreur résonne encore dans chacun de nos gestes. Je suis désolé.

Le lien qui les unissait désormais n'était qu'un écho de souffrance imprimé dans leurs sens, un appel à se remémorer les terribles instants où tout avait basculé. Il avait cru, sincèrement, qu'ils pouvaient surmonter cela, mais force était de constater que les ombres gagnaient du terrain et que les ténèbres avaient tendance à s'étendre dès que les survivants se regroupaient. Comme si leurs peurs se complétaient ou s'additionnaient, comme si les doutes envahissaient les coeurs et les âmes chagrinées.


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Mar 8 Jan - 21:23
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Julian
Je ne suis qu'une simple vétérinaire... rien de plus qu'une vétérinaire et non pas une psychologue... pourtant, plus je passe du temps avec Julian, plus je me rend compte qu'il n'y a peut-être pas que la prise d'otage qui le rend mal... mais qui suis-je pour lui poser la question et l'interroger sur ce qui lui fait du mal.... Je ne suis pas son amie, on ne se connaît pas tellement et même si je lui ai en quelque sorte sauvé la vie, je ne suis pas la mieux placée pour tenter de creuser cette partie de lui qui lui est si douloureuse. Je décide donc, sans savoir si cela va fonctionner ou pas, de lui faire comprendre qu'il ne faut pas qu'il parte, qu'il ne doit pas partir... Mais là encore, j'ai l'impression que mes mots n'ont pas l'impact que je souhaite...

On finit par se lever du banc et après avoir aidé Blake à se redresser, on se met en route, doucement, en prenant notre temps. Je deviens silencieuse alors que je me rend compte que mes mots peuvent avoir l'effet inverse sur lui... Il fait un pas, puis deux... et j'ai soudainement honte... non pas honte de me promener avec lui accroché à mon bras mais honte de mon comportement. Comment est-ce que je peux avoir le droit de me plaindre et de me replier sur moi alors que lui, blessé, a certainement beaucoup plus subi que ma petite personne... Oui j'ai été frappé mais on s'en remet physiquement même si c'est long... Julian a faillit mourir et moi je suis là à m'apitoyer sur mon sort, parce que je ne dors plus la nuit et que le moindre bruit me file la trouille. Je déglutis et je baisse les yeux. Je n'ai pas le droit d'être comme ça, c'est stupide mais j'ai l'impression qu'il faut être fort pour ceux qui en ont le plus besoin. Je me pince les lèvres et je ferme les yeux quelques secondes alors que les pas de l'agent de sécurité se stoppent net.

Je m'attend à ce qu'il se tourne vers moi pour clairement me dire de la fermer mais non. Au lieu de ça, il se tourne vers moi et me répond calmement qu'il va réfléchir à ce que je lui ai dis... J'ai envie de lui dire que je suis désolée, que je suis allée beaucoup trop loin et que je n'ai pas le droit de lui parler comme ça et encore moins de lui dire ce qu'il doit faire.... mais je n'en ai pas le temps puisque Julian prend la parole une nouvelle fois et ses mots me font l'effet d'un électrochoc. Je plisse les yeux quelques secondes, je ne le quitte pas du regard alors qu'il m'annonce que finalement, venir me voir n'était sûrement pas une très bonne idée... Je le laisse terminer avant de lui dire clairement ce que je pense, qu'importe si il le prend mal...

- Vous voir m'a fait beaucoup de bien Julian... Croyez moi, rien que de vous voir là, debout sur vos deux jambes, c'est un soulagement pour moi...

Je marque une pause et laisse échapper un léger soupir avant de reprendre, mes yeux toujours rivés dans les siens.

- Je sais que je n'ai pas le droit de me mêler de ce qui ne me regarde pas, je sais que je ne suis que vétérinaire et pas psy, pourtant je meurs d'envie de vous poser une seule question Julian...

Sans lâcher son bras libre, je viens me positionner doucement face à lui. Je ne sais pas du tout comment il va réagir mais j'ai envie de l'aider qu'importe ce qu'il me dira.

- J'ai l'impression qu'il y a quelque chose d'autre qui vous tourmente...

Je pince de nouveau mes lèvres et le fixe le temps de quelques secondes, histoire de m'assurer de sa réaction.

- Ce ne sont sûrement pas mes affaires mais si vous le souhaitez, laissez moi vous aider.... Je serre un peu plus sa main.- Laissez moi vous aider une nouvelle fois...  

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Mer 9 Jan - 16:20
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A quel moment la situation avait basculé ? Julian était venu voir Norah, persuadé qu'il devait la remercier, que cela les ferait se sentir mieux tous les deux. Il pensait pouvoir être un soutien pour la jeune femme et il avait cru en être capable. Dans son labo de consultation, il avait trouvé une jeune femme apeurée, seule, rongée par la peur. En réponse à cette fragilité, il avait tenté de la faire rire, sans succès, avant de l'emmener au soleil, comme si les rayons de l'astre pouvaient réussir là où il avait échoué. Alors, comment la situation avait-elle pu s'inverser sans qu'il ne voit rien venir ?
Là, dans le regard qu'elle lui lançait, il pouvait lire la certitude et une force d'empathie qui lui était parfaitement étrangère.
C'était si dur de conserver ses pupilles dans les siennes, si dur de ne pas simplement baisser les yeux ou regarder ailleurs. Pourquoi ?
Elle lui affirma pourtant, que le voir lui faisait du bien. Il n'en était plus si sûr jusqu'à ce qu'elle précise qu'il ne s'agissait que de son état vivant. Il comprenait qu'elle se sente soulagée, mais il n'était pas venu pour lui montrer qu'il pouvait marcher.
Et puis, après un nouveau soupir, elle persiste dans ses analyses, va jusqu'à lui avouer qu'elle souhaite lui poser une question. Alors il appréhende grandement, car il sait déjà qu'elle va jouer au psy bien qu'elle lui indique le contraire. Elle va vouloir qu'il se confie c'est certain et c'est hors de question.
Le contact contre son bras toujours tiède et bienveillant le rendait peut-être plus enclin à se laisser aller et s'il avait envie de continuer à avancer, de lui couper l'herbe sous le pied pour passer à autre chose, elle ne le laissa pas faire. Savamment, elle se déplaça avant lui et prit place devant, pour mieux lui barrer le chemin. Il la regarda faire, silencieux, déjà convaincu d'être piégé. Elle ne quittait pas ses yeux et lui sentait son coeur accélérer par la peur qu'elle instillait lentement dans ses veines. Lorsqu'elle acheva sa proposition, celle de l'aider et surtout de l'écouter, il se sentit presque suffoquer.
Sa gorge était nouée et il déglutit avec difficulté comme si cela pouvait l'aider à ouvrir les vannes, à lancer les hostilités. Pourtant, toutes ses émotions, tous ses ressentis devaient rester emmurés avec lui. Tout au fond, loin de la surface. Il se contentait de les enterrer. Cela prenait du temps, mais il y arrivait toujours. Pourquoi cette fois-ci cela serait différent ?

Il ferma les yeux un court instant et lorsqu'il les rouvrit, il les fixa sur la jungle loin derrière l'épaule de la jeune femme.

- Arrêtez Norah, s'il vous plait.


Sa voix était basse et tremblait légèrement. Il ignorait combien de temps il pourrait encore contenir sa détresse et ses larmes, il les sentait déjà picoter le coin de ses paupières qu'il ferma à nouveau. Se contentant de prendre une nouvelle inspiration pour l'aider, il finit par rouvrir les yeux et secoua doucement la tête avant d'ajouter dans un murmure légèrement étranglé :

- Ne faites pas ça.

Il ne souhaitait pas qu'elle essaye de l'aider ou même qu'elle cherche à le sauver d'une quelconque manière. Cela ne concernait que lui, depuis toujours.
Soudain, une voix qu'il connaissait les interpella et il se racla la gorge pour se donner un peu plus de consistance.
Lorsqu'il se retourna il vit Grissom et Tate qui s'avançait vers eux pour un sois-disant contrôle d'identité. Julian les toisa, reprenant immédiatement de son assurance face à la débilité de l'action. Ils se connaissaient. La dernière fois qu'ils s'étaient vu, c'était juste après que Brown ne se soit fait tué et mora gravement blessée. Julian avait déclenché une bagarre et de mémoire, Grissom avait dégusté. Pourtant, vu le sourire que ce dernier affichait, Julian se tint sur ses gardes.

- Ben alors Blake, on se promène ? En charmante compagnie à ce que je vois...gardera-tu ton t-shirt cette fois-ci ?

Et les deux s'esclaffèrent de concert face à la plaisanterie douteuse. Lorsque Mora avait été blessé, il avait utilisé son t-shirt pour faire un garrot grossier et lors que la prise d'otage...il avait encore fini torse-nu.

- Très spirituel Grissom, répondit avec ironie Julian. Je vois que vous ne vous ennuyez pas durant vos rondes.
- Nous au moins on est pas payé à rien foutre, siffla rageusement l'agent de sécurité.

Subitement, Julian vit rouge. Déjà qu'il ne les portait pas dans son coeur et l'impulsivité qui le caractérisait reprit le dessus instantanément. Avec toutes les émotions qui se chamboulaient à l'intérieur de lui, il était à fleur de peau, la moindre étincelle pouvait mettre le feu au poudre.
Lâchant sa béquille, il saisit Grissom par le col de son uniforme. Ses cotes se rappelèrent à son bon souvenir dans ce mouvement trop vif, tout comme sa rate qui protestait plus bas.
Les dents serrées, il menaça :

- Ça peut encore s'arranger...

La tension montait et si d'ordinaire Julian provoquait toujours dans l'attente d'un premier coup à amortir, cette fois-ci, il n'était pas certain de ne pas être celui qui frapperait le premier.

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Mer 9 Jan - 21:42
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Il y avait un avant, il y aura un après...
Julian
Placée devant Julian, face à lui, je comprend au fur et à mesure que les mots sortent de ma bouche que je suis certainement la moins bien placée pour lui demander de faire des confessions. D'accord ce qu'il s'est passé nous uni peut-être, en quelque sorte, mais en aucun ça ne me donne le droit d'agir comme si on se connaissait depuis déjà un moment, bien avant tout ça. Je baisse les yeux quelques secondes alors que la folle envie de me baffer me saisit. Quand je dis que je ne suis pas douée pour les relations humaines, ce n'est pas une blague... Je n'ai jamais su comment faire pour paraître sympa, cool et ne pas donner l'impression que j'entre dans la zone personnelle de quelqu'un... et là, c'est exactement ce que je suis en train de faire... Bonjour, je suis Norah et je suis une constipée des relations humaines... Je me pince les lèvres avant de porter mon attention sur Julian qui, le pauvre, semble être plus que mal à l'aise.... merci Norah.

Il ferme les yeux quelques secondes avant de se concentrer sur un point, situé derrière moi. Il ne cherche pas à croiser de nouveau mon regard... la situation est devenue à la fois gênante pour lui et pour moi... Pour lui parce que je cherche, maladroitement, à l'aider et pour moi parce que je ne sais pas faire ce genre de choses correctement. Je déglutis et alors que l'agent de sécurité m'intime l'ordre de m'arrêter là, de ne plus dire un mot de plus, je comprend largement que je viens de franchir les limites et que j'ai abusé, sur toute la ligne. A mon tour de détourner le regard maintenant... Oh bon sang... si seulement j'avais la possibilité de me faire aspirer par le sol et de disparaître à tout jamais.... Machinalement, je lâche son bras comme pour lui faire comprendre que j'ai bien entendu son appel et que je ne vais pas chercher à aller plus loin...

- Je...

Je n'ai pas le temps d'en dire plus ni même de m'excuser. Une voix interpelle Julian et vu sa réaction, je suis prête à parier que ce n'est pas le genre de personne qu'il a envie de voir là maintenant. Je me déplace pour aller me placer à la droite de l'agent et je fronce les sourcils quelques secondes en apercevant deux silhouettes s'avancer vers nous. Près de moi, je sens le corps de Julian se tendre de colère. Je grimace, quelque chose me dit que la situation va rapidement déraper alors que ce n'est vraiment pas le moment...

Au fur et à mesure que les deux zozos avancent vers nous, je reconnais le plus imposant des deux... Grissom je crois... Et de ce que j'en sais, ce mec est loin d'avoir inventé l'eau chaude... Je ne le quitte pas des yeux alors qu'il interpelle Julian sur le fait qu'il est ici avec moi... Bien entendu, je serre les dents lorsque je l'entend lui lancer une pique concernant son tee-shirt. Je fronce de nouveau les sourcils et je croise les bras sous la poitrine. Le gorille et son acolyte doivent trouver la blague plutôt drôle puisqu'ils se mettent à glousser comme des dindes. Pathétique...

Bien entendu, Julian répond tout en essayant de garder son calme. Discrètement, je lui jette un regard pour lui faire comprendre qu'ils n'en valent pas la peine... mais alors que l'agent semble garder le contrôle de ses émotions, l'abruti de service décide de jouer au gros malin en balançant un truc concernant l'incapacité de travail de Blake. Près de moi, je sens Julian qui commence à entrer en ébullition et franchement, je n'ai pas spécialement envie qu'il aille se battre. Doucement, je pose ma main sur son avant bras pour lui intimer l'ordre de ne pas faire de boulettes.

La tension monte et cette fois, c'est moi qui prend les devants. Sans un mot, je m'approche de Grissom l'intello et je lève les yeux vers lui.

- Grissom c'est ça ?

Il jette un coup d'oeil à son pote, un peu surpris d'entendre ma voix, puis il opine du chef. Je croise les bras

- C'est étrange, mais j'ai la curieuse impression que si vous aviez été dans notre cas, à défaut de tendre votre tee-shirt pour éponger le sang d'un collègue, vous auriez eu un soucis de pantalon...

Je parle calmement et contrairement à l'armoire à glace qui commence à perdre patience, moi je reste zen et je savoure ce petit moment où j'ai bien l'intention de le ridiculiser. Je fais claquer ma langue sur mon palais avant de reprendre.

- Je ne sais pas pourquoi, mais malgré la grande gueule que vous semblez avoir, vous êtes plus du genre à appeler votre maman à l'aide durant un gros moment de stress. Je me trompe ?  

A côté de lui, son collègue se retient d'éclater de rire alors que moi, je ne me gène pas pour afficher un sourire radieux jusqu'aux oreilles. Je ne supporte pas ce genre de personne qui se permet de chercher les soucis aux gens qui ne le méritent pas alors qu'ils sont les premiers à paniquer quand ils stressent. Sans me tourner vers Julian mais tout en m'adressant à lui, je continue.

- Vous pensez que son collègue aurait accepté de filer son pantalon à Grissom ?

Silence de la part du coéquipier de Grissom qui cesse subitement de rire.

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Ven 11 Jan - 11:32
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Il y eut le bruit de la béquille frappant le sol dans la chute soudaine. Puis, cet autre instant suspendu entre deux réaction. D'un côté Julian, qui ne voulait rien lâcher et qui avait du mal à se contrôler. Il mourrait d'envie d'écraser à nouveau son poing dans la gueule de Grissom. Oui, voilà qui lui aurait fait le plus grand bien. De l'autre, Grissom et Tate, qui souriaient en coin, provocants.
Durant ce court moment, Julian en oublia les bonnes manières et aussi Norah. Heureusement, la jeune femme ne resta pas invisible longtemps et face à la tension palpable, se décida à agir.
Tandis qu'elle vint poser sa main sur l'avant-bras de Julian pour l'apaiser et pour le contenir, lui resserra un peu plus le tissu qu'il tenait entre ses doigts. Ce contact au lieu de le calmer, l'incita au contraire à aller plus loin. Il refusait de lâcher prise, refusait d'être encore une fois celui qui devait céder.
Trop de frustration et de colère sourde agitaient ses sens, il devait évacuer ces émotions négatives par n'importe quel moyen.

Contre toute attente, Norah prit la parole. Elle interpella Grissom par son nom, ce qui eut pour effet de le surprendre. Quel abrutis, il y avait son nom écrit sur sa bande patronymique alors inutile de jouer le mec stupéfait. Julian leva les yeux au ciel puis fit l'effort de relâcher l'homme. Il se contenta de se tenir bien droit, malgré le manque de support que la béquille pouvait lui offrir. Hors de question qu'il passe pour un infirme devant ces deux là, son ego n'y survivrait pas.
Sans hésiter, Norah croisa ses bras sous sa poitrine et commença à prendre la défense de Julian, avec un aplomb réellement surprenant et une subtilité déconcertante. Elle s'impliquait naturellement dans les propos qu'elle avançait, l'accompagnant dans ce "nous" qui liait ceux que la prise d'otage avait rassemblé.

Julian tourna son visage vers elle, un sourcil réellement levé, ne s'attendant pas du tout à ce comportement de sa part. Elle se moquait ouvertement de Grissom, le ridiculisant avec une facilité incroyable. Même Tate se retenait de rire face à la déconvenue de son collègue. Julian ne riait pas, il observait Norah, à la fois intrigué et inquiet de la suite des événements.
Mais la jeune femme mena l'échange sans encombre, un large sourire dessiné sur ses lèvres, bien plus authentique que ceux qu'elle lui avait offert à lui.
Lorsqu'elle lui demanda son avis sans le regarder, Julian eut un léger temps de réaction et il se retourna face aux deux agents avant qu'à son tour, les commissures de sa bouche ne se relèvent, amusées.

- Ça dépend de ce qu'il y a en dessous, je suppose...

Ne sachant plus quoi répondre, les deux acolytes finirent par tourner les talons, non sans avoir lancé un regard assassin à Julian qui se contenta de ne pas les quitter des yeux, en les plissant légèrement.
Dès qu'ils furent à une diizaine de mètres, il éclata de rire. Un rire sonore et franc. Le premier depuis ce soir fatidique.
Lorsque l'éclat se calma, il se baissa pour ramasser sa béquille et la cala de nouveau sous son bras avant de se tourner vers Norah. Son sourire était toujours présent et il reprit :

- Aussi douée avec les mots qu'avec le poing visiblement. Faute d'avoir pu assister à l'un, j'aurais au moins au la chance d'assister à l'autre.


Il rit encore doucement avant de se rendre compte de son erreur.

- Pardon...c'était maladroit. Et excusez moi aussi pour cette démonstration de...

Testostérone ? Virilité ? Non, il ne le voyait vraiment pas ainsi. En réalité, Julian avait vu en Grissom le parfait punching-ball afin d'évacuer ses sentiments. Il l'avait provoqué en ce sens, se servant des perches que l'autre lui avait tendu bien volontiers. Il savait ce qu'il cherchait et y répondait en connaissance de cause.

- Pour cette démonstration de mon foutu caractère.

Haussant les épaules, il grimaça de honte et aussi légèrement de douleur que son corps lui rappelait allègrement. Entre la tension du moment qui avait tétanisé tous ses muscles et ses côtes, il allait pouvoir s'allonger un moment en rentrant.
L'intervention des deux hommes avait au moins eu le mérite de détourner l'attention de Norah sur la vulnérabilité de Julian. Elle qui semblait si perturbée, effrayée à l'idée même de sortir de sa clinique, semblait revivre pleinement dans une telle situation. C'était agréable à voir, plaisant de se dire que pour elle, tout n'était pas perdu.

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Ven 11 Jan - 22:05
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