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Accepter le poids des responsabilités • Ingrid & Laura
Laura Masrani

⋄ Age du personnage : 28 ans
⋄ Chambre : Suite spéciale
⋄ Métier : PDG honorifique de Masrani Global Corporation, victime préférée d'Eric Green, Digne fille de son père
Ingrid & LauraElle se massa longuement les tempes, relisant ce texte d’une banalité affligeante. Les éloges funèbres n’étaient guère son fort, surtout lorsqu’il s’agissait de ses employés et, pourtant, elle eut l’impression qu’il allait falloir se plier à cet exercice plus souvent dans les mois à venir. Un pressentiment ? La mort de Jason Brown avait mis le doigt sur quelque chose. La sécurité du parc n’était pas suffisante, les risques pris étaient trop grands. Mais il avait fallu un mort pour que cela ne fasse son chemin dans l’esprit de Laura qui n’avait pas même pu se résoudre à se rendre aux funérailles de l’homme en personne, déléguant la lourde tâche à Claire qui attendait par mail son discours du jour. Elle serait probablement huée, mal vue, mais la directrice avait plus l’habitude de ce genre de chose que Laura, encore trop fragile pour que le vernis de sa couverture médiatique ne se craquèle.

Poussant un long soupir, la jeune femme avait fini par mettre la feuille dans le scanner, le transmettant ainsi par internet à son bras droit. Puis, se levant de ce fauteuil de cuir confortable, elle s’avança vers la baie vitrée. La mort. Tout ceci lui paraissait si lointain il y a encore quelques semaines. Et pourtant, sa quête personnelle suffisait à lui rappeler que la fin était omniprésente sur l’île, les restes de son père demeurant là, quelque part. Les bras croisés contre sa poitrine, elle observa cette jungle hostile. Serait-ce son propre cercueil, sa tombe sans qu’elle ne le sache ? Elle préférait ne pas y penser, ne pas envisager le pire quand le meilleur était encore possible. Une robe ivoire drapait son corps, moulant ses formes, soulignant la beauté de celle qui, jadis, posait pour des magazines et défilait sur les podiums. Des chaussures à talons haut venait élancer sa silhouette et ses cheveux étaient accrochés dans une queue de cheval parfaite.

Après avoir passé plusieurs minutes à contempler la beauté des lieux, elle revint à son bureau, observant son agenda. Son rendez-vous ne tarderez pas à arriver, elle le savait. Il serait simple, elle l’espérait. La mort d’un homme haut placé méritait la réflexion d’une suite et celle-ci, Laura y avait longuement réfléchi. Quelqu’un devait reprendre la responsabilité de l’équipe de sécurité. Deux candidats s’étaient détachés aux yeux de la jeune femme : Ingrid Powell et Julian Blake. La première était une femme que Laura respectait énormément, son charisme et le respect qu’imposait sa présence l’intimant profondément. Son parcours n’était plus à refaire et il n’y avait finalement que peu de choses qu’elle avait à prouver. De plus, elle avait été présente, ce jour-là, avait brillamment réagi, su se dévouer aux autres… Là-dessus, Julian arrivait à pied d’égalité. Mais le jeune homme était plus terre à terre, moins réfléchi peut être ? Et, égoïstement, Laura avait pensé qu’avec de telles responsabilité, il ne serait plus en mesure de l’entraîner. C’était donc en toute logique qu’elle avait présenté le nom de l’agent Powell à Claire qui était on ne peut plus d’accord avec elle sur le sujet. Alors, elle l’avait convoquée.

« Mademoiselle Masrani ? Votre rendez-vous est arrivé. » Laura hocha la tête et se leva, s’avançant à la rencontre de l’autre femme, une main tendue pour mieux l’accueillir. « Agent Powell… Soyez la bienvenue. Vous allez bien ? » Question à double tranchant à quelques jours après la mort violente d’un collègue mais nécessaire au protocole. Le sourire de Laura saurait-il combler cela ?
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Lun 19 Nov - 0:06
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Ingrid Powell

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• Plus d'un an après l'arrivée d'Ingrid •
Accepter le poids des responsabilités
Laura Masrani & Ingrid Powell

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Le drapeau était toujours en berne dans le service.
Voilà déjà plusieurs jours que nous nous étions rassemblés pour un dernier au-revoir à celui qui avait été à la tête de notre section. Des funérailles concises et sans fioritures comme il aurait aimé qu'elles le soient. Jason Brown avait toujours été un homme impatient, même pour ce qui était de se précipiter dans la mort.
C'était en petit commité que nous lui avions rendu hommage, une poignée de têtes connues pour palier à l'absence des proches. J'avais cru qu'une triste occasion comme celle-là aurait pu ressouder les liens familiaux qui s'étaient distendus avec le temps. Je soupirais. En y réfléchissant bien, cette situation pouvait bien se répéter à l'identique pour chacun d'entre nous : qui viendrait à l'enterrement de Blake, de Mora ou au mien ? Nous avions renoncé à beaucoup de choses pour venir sur l'île, y compris la famille ou ce qu'il en restait à ce moment-là.

Le service minimum tournait tant bien que mal, car il devait composer avec les convalescences et les arrêts de ceux qui étaient présents lors du drame. Individus dont je faisais partie.
Je décroisais les jambes pour me lever et arpenter mon appartement de long en large. En postulant ici, j'avais envisagé que de telles choses pouvaient arriver. Mais de là à y être confronté directement, il y avait de ça tout un monde. Sur l'île, les gens allaient et venaient c'était un fait : soit parce que le sacrifice était trop grand, ou parce qu'il avaient trop à y perdre. Mais Brown lui, j'étais persuadée qu'il resterait. Nous en avions parlé. Longuement. De ça et d'autres choses d'ailleurs. Si bien qu'il en savait plus sur moi que n’importe qui d'autre ici et inversement. Ce n'était pas un collègue qui partait...c'était un ami.

J'avais été convoquée aujourd'hui. Une chose singulière dans ces moments si particuliers.
Non pas que l'on ne cherchait jamais à me voir, mais parce que mon hôte n'était autre que Laura Masrani en personne. Cela n'était jamais arrivé. D'ordinaire, c'était Dearing qui se chargeait de le faire ou alors...Brown. Je me demande si Blake avait aussi été appelé ou Ross, qui était aussi présent dans cette mission. L'un comme l'autre, je n'étais pas préparée à les revoir. Surtout Blake avec qui j'avais eu une violente dispute la veille. J'avais perdu mon sang-froid et je le regrettais. Cela n'arrivait que très rarement, et c'était un fait encore plus exceptionnel que ce soit en public. Il en avait fait les frais et je doutais fort que nous puissions reprendre notre travail d'équipe là où nous l'avions laissé.
Quoiqu'il en soit, il était l'heure pour moi de prendre les devants et de cesser de me terrer dans ma solitude comme je le faisais ces derniers jours. Bien que cela relevait plus d'un ordre que d'une requête, j'avais accepté de rencontrer Masrani. Il était d'ailleurs temps que je me rende à cette entrevue car bien que nous soyons mis à rude épreuve, je ne dérogeais cependant pas de mes principes fondamentaux.

Vêtue d'un pantalon de tailleur noir et d'un simple chemisier blanc tout ce qu'il y avait de plus classique, je pris le chemin du centre de contrôle. J'observais mes traits fatiguées dans le rétroviseur mais à quoi bon faire semblant ? Cela ne changerait pas les choses.
J'étais présente à l'heure prévue, comme toujours, et patientais avant que l'on puisse me recevoir. Cette situation ne dura pas longtemps puisque l'on vint rapidement à ma rencontre. J'aimais à ce que les choses ne traînent pas et j'étais gré à Laura de m’accueillir dans la minute. Celle-ci, malgré les circonstances, arborait un sourire éclatant et semblait comme à l'accoutumée, sur son 31.

• “Merci beaucoup. ” fis-je en lui serrant la main amicale qu'elle me tendait. J’hésitais une fraction de secondes avant de répondre en toute franchise : “J'imagine que puisque je me tiens encore devant vous, on peut effectivement dire que je vais bien.”

Ce n'était pas un reproche, ni une plainte. Je constatais juste les faits. La vérité était que l'on m'avait déjà connu en meilleur forme et que si je me laissais aller à toutes ces pensées négatives qui tambourinaient dans mon esprit, je ne pourrais être jugée apte. Je la laissais me guider dans ce grand bureau qui offrait une vue surprenante de l'île. Si belle mais si dangereuse. Une fois qu'elle m'eut invité à m'installer, je rompis le silence qui s'était installé.

• “Je dois bien avouer que je m'interroge sur le motif de cet entretien...En quoi puis-je vous être utile, Miss Masrani ?” demandais-je en posant les coudes sur les accoudoirs prévus à cet effet en joignant les mains. J'avais effectivement réfléchi sur les raisons d'une telle réunion, et comme aucune idée de censée n'était parvenue à accrocher mon attention, j'estimais être en droit de me renseigner de côté-là. Car rester dans l'ignorance était une chose que je n'affectionnais pas particulièrement. Surtout lorsqu'il s'agissait d'un tête à tête avec mon supérieur hiérarchique direct.

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Mer 21 Nov - 12:25
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Laura Masrani

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Ingrid & LauraElle respirait la classe, inspirait le respect. L’aura de cette femme évoquait à Laura celui qu’elle aimerait elle-même posséder quand elle entrait dans la salle du conseil de son entreprise. Une femme droite, digne, capable et surtout, respectée de ses pairs et de ses subordonnés. C’était la réputation qu’avait réussi à se créer l’Agent Powell sur Isla Nublar et les rapports de missions et comptes-rendus divers la nommaient tous avec moults éloges. Laura, à côté, avait tout de la novice qui cherchait encore sa place dans tout ça, quoique déterminée à la trouver au plus vite. Lui adressant un sourire radieux – peut être trop, au vu des circonstances encore récentes – elle se serrèrent la main, le contact se faisant sans que ni l’une ni l’autre ne souhaitât gagner en supériorité. Ça aussi, Laura avait du l’affronter au sein du Conseil d’Administration de Masrani Global Corporation. Les vieux loups se faisaient terrifiants dès lors qu’ils vous broyaient la main dans la leur, vous empêchant de vous affirmer, vous montrant sous votre jour le plus faible.

Puisque que je me tiens encore devant vous. Laura pinça rapidement les lèvres, mouvement vif et presqu’imperceptible qui tentait de dissimuler sa gêne. Elle comprenait bien l’état d’esprit dans lequel devait être la femme qui se tenait face à elle et la tâche, qui s’annonçait pourtant facile, risquait d’être un peu plus complexe, pour l’heure. D’un geste de la main, Laura lui fit signe d’entrer, la porte se refermant derrière elle. De cette démarche assurée autant que grâcieuse, Laura s’avança vers le bureau design, invitant Ingrid à prendre place dans l’un des fauteuils de cuir qui se trouvait face au sien. Elle n’eut guère le temps de quoique ce soit que, d’une interrogation, la femme qui se tenait face à elle lui coupa l’herbe sous le pied. Ca, ce n’était pas prévu dans les maintes répétitions mentales qu’elle s’était faite de la scène… Mais il en fallut plus que ça pour désarçonner complètement Laura Masrani qui, d’un léger sourire reprit. « Ne vous inquiétez pas… J’imagine que c’est assez déconcertant de ne pas avoir affaire à votre interlocuteur habituel, mais mademoiselle Dearing est sur le continent pour quelques jours et je pense que je n’aurais su attendre son retour pour tout ceci… »

Relevant ses yeux noirs vers son interlocutrice, elle prit une longue inspiration. « Je sais que tout le service de sécurité a été terrassé suite à la tragédie ayant emporté votre responsable hiérarchique. Vous étiez sur place et je ne vous ferais pas l’affront de vous demander dans une curiosité morbide comment tout ceci a pu se produire. Je ne peux imaginer ce que vous et les autres agents sur place peuvent ressentir dans un tel cas… » Elle réprima un frisson, se rappelant des messages échangés avec Julian. « Et pourtant, au lendemain d’un tel drame, c’est la chef d’entreprise qui s’interroge sur l’avenir des choses… Et je ne peux malheureusement reporter indéfiniment une prise de décision importante telle que le remplacement de la place qu’occupait monsieur Brown… » Elle allait devoir jouer de ruse pour ne pas avoir à, brutalement, annoncer à l’agent sa possible promotion. Mieux valait lui laisser germer l’idée par elle-même… « Aussi, j’aurais aimé avoir votre avis sur le sujet… Auriez-vous un nom à me soumettre pour reprendre un tel poste ? »
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Sam 24 Nov - 23:58
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Ingrid Powell

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Laura Masrani & Ingrid Powell

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Tous les jours, je traversais ce même bâtiment et pourtant, je n'avais jamais mis les pieds dans cette partie de la structure. Autrement dit, dans l'imposant bureau de Masrani. Celui-ci était très différent de celui de Dearing. Plus épuré, plus spacieux et plus ordonné surtout. J'aimais ça.
J'avais pris place face à mon hôte qui, accueillante, m'avait proposé un élégant fauteuil en cuir et une fois assise, j'avais pris le parti d'être entreprenante pour lui faciliter cette entrée en matière. Car je me doutais bien que, au vu de son jeune âge, des situations comme celles-ci ne devaient pas être simple à conduire. Mais ma façon de faire sembla la dérouler plus qu'autre chose et ne pas avoir l'effet que j'avais escompté. Aussi, pour ne pas aggraver ce léger malaise que je venais de créer, je me tus et me contentais de l'observer.

Sans de départir de son sourire, Masrani justifia alors le fait que -contrairement à l'accoutumée- ma convocation n'ait pas lieu avec Claire Dearing. Je n'étais pas inquiète...mais maintenant qu'elle sous-entendait qu'elle souhaitait me consulter au sujet d'une affaire qui ne pouvait attendre son retour, je devais bien avouer que je ressentais une certaine appréhension. J'y percevais comme une forme d'urgence et quoique puisse être cette affaire, je me sentais désormais pleinement concernée. Inconsciemment, je me redressais pour écouter la suite de ces éclaircissements, qui ne lui semblaient pas aisés à formuler.

Laura Masrani m’apparut alors sous un tout autre jour, loin du profil que j'avais pu me faire de cet ex-mannequin jusqu'à présent. Probablement faute d'avoir jamais pris le temps de m'entretenir avec elle. Là où Claire Dearing aurait sans doute manqué de tact, la jeune Laura faisait preuve de prévenance et prenait garde à ne pas aborder les choses de façon trop abrupte. Pour me ménager sans doute. Il était rare de trouver cette finesse et ce discernement chez une personne si jeune. Mes épaules s'affaissèrent lorsque je compris qu'elle voulait parler de l'avenir du parc, à savoir : Brown et son remplacement. Je ne m'attendais pas à une telle nouvelle et je hochais silencieusement la tête. Au fond elle avait raison, il faudra bien s'y pencher un jour prochain car quiconque vivait sur l'île avait pu se rendre compte que sans Brown, le service se révélait totalement désorganisé et sous-productif. Mais il fallait se rendre à l'évidence, je n'étais pas prête et j'avais été prise de court par la tournure de ce rendez-vous.

J'enlevais mes bras des accoudoirs et joignis mes mains sur mes genoux, décontenancée :
• “A vrai dire je..je suis touchée que vous vous tourniez vers moi. Je n'avais pas encore songé à cette soudaine vacation.” commençais-je prudemment en laissant le silence s’appesantir sur notre échange le temps d'analyser la situation. Personnellement, je n'étais pas en mesure de recommander quelqu'un parce que, premièrement personne ne pourra jamais remplacer  Brown et puis parce que tous avaient quelques aptitudes à mettre en avant. Quelques défauts aussi, comme tout à chacun, bien que chez certains, ce fusse parfois ça le plus flagrant.“Mais puisque vous me demandez d'y réfléchir, je vous répondrai que, pour avoir une vision plus juste dans ce genre de décision, mon seul avis ne sera sans doute pas suffisant. Je suis persuadée que l'agent Blake ou même l'agent Booker pourraient également être de bons conseils : après tout, ils évoluent sur l'île depuis bien plus longtemps que moi...

Je ne parlais pas de ma dispute avec Blake, et pour une chose aussi sérieuse que celle-ci, j'étais même prête à enterrer la hache de guerre si cela pouvait permettre d'aller de l'avant. Quant à Lance, je doute que cela l’intéresse vraiment, mais par soucis d'équité, je m'étais permise de le nommer également. Je fronçais légèrement les sourcils car il me semblait étrange que, pour un recrutement aussi important, Masrani puisse se passer de l'avis de Claire Dearing. N'étaient-elles pas censées travailler main dans la main ? Pourquoi attendre qu'elle soit sur le continent pour s’acquitter du problème ?

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Dim 2 Déc - 22:21
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Laura Masrani

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Ingrid & LauraLe sujet était délicat à aborder et Laura utilisait des montagnes de douceur et de diplomatie pour ne pas brusquer les choses. La mort brutale d’un homme pouvait briser des dizaines d’autres, c’était certain et c’était aussi parce qu’elle voulait éviter ça qu’il fallait pousser à avancer. Si on stagnait trop, on risquait de s’embourber dans une situation plus déplaisante encore. La mort de Jason Brown avait été un coup dur pour tout le personnel, déplorable, signant une nouvelle épée de Damoclès au-dessus de la survie du projet. Mais le spectacle devait continuer, pour le bien de tous. Aussi, amener la chose avec le plus de délicatesse possible était une nécessité primordiale si elle ne voulait pas que ses employés ne voient en elle qu’un monstre tyrannique désireux de faire tourner son entreprise. Parce que oui, Laura Masrani aussi pouvait faire preuve d’humanisme et de compassion. Mais derrière elle, malheureusement, les choses se rappelaient bien souvent trop rapidement.

A sa première réponse, Laura sourit doucement. Prenant une profonde inspiration, elle leva légèrement une main, tel un signe de respect, avant de rajouter quelques mots. « Il me semble que vous êtes toute désignée pour m’aider dans cette tâche… Vous êtes ici depuis si longtemps qu’il m’est presqu’impossible de vous donner une date… Votre avis compte énormément pour moi. » Et il n’y avait rien de faux dans ses propos, même si la démarche consistait pour l’heure à tourner autour du pot. Evidemment qu’Ingrid était la personne la mieux placée pour ce genre de chose puisque, pour Laura, elle était cette personne parfaite pour supporter le poids de la charge qu’incombait d’être responsable de la sécurité. Droite dans ses bottes, un parcours exemplaire et surtout, de ce qu’elle avait compris, un charisme certain auprès de ses pairs. Et surtout, l’Indienne l’estimait grandement et savait qu’elle saurait l’entendre si quelque chose menaçait l’île, ce qui ne saurait être le cas de tous.

Les coudes posés sur son bureau, elle joignit ses mains, venant poser son menton dessus, écoutant les dires de la femme qui se trouvait face à elle sans ciller. Une partie de poker, en somme… Mais qui avait les cartes maîtresses ? Là où l’agent Powell marqua des points, ce fut quand elle releva l’aspect démocratique du service. Certes, son avis comptait, mais il n’était pas le seul. Ces simples propos confortaient davantage Laura dans son choix et, peut-être était-il venu pour elle le temps de bluffer ? « Evidemment… Je comprends. Mais, vous le comprendrez, le schéma de cette entreprise ne me permet pas de vous laisser faire un vote entre vous pour me présenter le meilleur candidat que je devrais approuver. » Les choses venaient toujours dans haut dans cette pyramide déséquilibrée. Ainsi était-ce dans toutes les structures entrepreneuriales. Elle laissa échapper un soupir rieur, venant appuyer ses paroles. Elle aurait, bien sûr, pu laisser la parole à ses employés sur le sujet. Mais aurait-elle su approuver leur choix s’il différait du sien ?

Souriant un peu plus, elle poursuivit. « Mais comme il faut, dans tous les cas, commencer par quelque part, j’ai souhaité vous rencontrer en premier… Pour être honnête avec vous, j’ai déjà une petite idée sur la question et je pourrais tout simplement l’imposer… Mais j’aimerais d’abord connaître votre ressenti personnel sur le sujet, d’où ma question… A l’heure actuelle, qui, à vos yeux, aurait légitimité à reprendre ce flambeau ? »
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Mer 19 Déc - 22:27
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Le sujet était épineux, et j'appréciais les efforts que mettait en oeuvre ma supérieure pour me ménager. Elle n'y était pas forcée et peut-être était-ce là un choix stratégique pour éviter de voir la discussion se fermer. D'une manière générale, je n'évitais pas le dialogue mais en al circonstances, je ne pouvais assurer une totale aisance. Aussi, je m'estimais heureuse qu'elle ait opté pour cette délicatesse.

Elle avait légèrement levé l'une de ses mains parfaitement manucurées, comme pour signifier qu'il était naturel de m'accorder la primauté de cet entretien. Ce qu'elle me confirma par la suite, tout en mots. Et à sa réplique, je tournais légèrement la tête pour observer un point quelque part sur son large plan de travail.
C'est vrai. Je suis là depuis un long moment. En cela elle avait raison. Mais pour moi, ce n'était en rien un gage d'apaisement ou duquel une quelconque assurance devait résulter. Il suffisait d'ailleurs de prendre les récents événements en considération : avec toute l'expérience qu'elle semblait vouloir me faire porter, je n'avais pu empêcher ce qui a suivi et réagir face au véiociraptor. Pouvait-on alors parler d'une faute professionnelle ? Ou d'un manque de qualification ? Son argument me sembla alors bien peu fiable tout à coup. Néanmoins, je hochais légèrement la tête en guise de réponse. Les choses ici n'étaient pas conformes au schéma traditionnel de toute entreprise. L'ancienneté ne donnait pas lieu à des primes sur Isla Nublar, non. C'était bien plus que ça : un véritable privilège que de pouvoir espérer en cultiver une.

C'était ce qui avait également motivé le raisonnement que je venais de proposer à Mademoiselle Masrani. Elle ne saurait se contenter de comparer les embauches chronologiques de ses employés et de s'en tenir à cela.
Elle s'était imperceptiblement rapprochée, en posant les coudes sur son bureau, me faisant ainsi poliment comprendre que j'avais son entière attention. Pour ma part, je me tenais parfaitement immobile et ne ressentais pas le besoin de m'agiter comme elle. L'attitude corporelle était parfois meilleure confidente que toute autre parole et aujourd'hui, la gestuelle de la jeune Masrani était révélatrice de son inconfort. Je cillais sans rien dire lorsqu'elle réfuta ma recommandation de demander l'avis des autres membres de l'équipe. Après tout, c'était son droit et je pouvais le concevoir. Ce que je ne comprenais pas en revanche, c'était la raison pour laquelle elle s’évertuait à vouloir me faire dire un nom à tout prix, en me faisant croire que cela pourrait avoir un semblant d'importance.

Toujours confortablement installée sur mon siège, je laissais un nouveau temps blanc, qui me permit de formuler mentalement les explications et les éclaircissements que je m’apprêtais à réclamer. Levant légèrement le menton, je déclarais avec circonspection :

• “Je dois bien admettre que j'ai du mal à vous suivre, Mademoiselle Masrani. Au début de cet entretien, vous m'avez fait sous-entendre le caractère relativement pressant de cette nomination, ce que je peux aisément comprendre. Et pourtant, vous attendez patiemment que je vous livre le nom du candidat idéal, tout en ayant visiblement, déjà les informations nécessaires et l'autorité pour le statuer. ” Je haussais un sourcil. “Pourquoi ne pas en venir au fait ? Vous savez, si c'est mon approbation que vous recherchez ou mon soutient quant à cette décision difficile qu'il vous incombe de prendre seule, il vous suffisait de le demander. Il n'y a aucune raison de vous en cacher." fis-je en terminant sur un léger sourire entendu. Il n'y avait pas de honte à demander conseil, même lorsque l'on était la fille de Simon Masrani et qu'on avait décision pleine sur son entreprise. Il n'était pas nécessaire de s'en cacher et de s'empêtrer dans des petits jeux enfantin pour comparer les réponses de son interlocuteur avec les siennes.Par ailleurs, j'étais mauvaise à cela et j'avais toujours eu cette façon un peu impérieuse de dire les choses. J'espérais seulement que cela ne me ferait pas défaut...

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Lun 4 Fév - 2:13
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Ingrid & LauraVisiblement, alors que Laura pensait mener la danse, elle fit un faux pas, manquant de se prendre les pieds dans le tapis et de s’étaler de tout son long sur le sol. Métaphoriquement parlant, évidemment. Ses yeux restaient plantés sur l’agent de sécurité qui se trouvait face à elle, et elle tenta de ne pas laisser les failles de son masque trop se montrer. Mais c’était peine perdue. Ingrid Powell était loin d’être idiote et ce fut avec un certain tact qu’elle fit comprendre à Laura qu’il était temps d’arrêter de tourner autour d’un pot dont elle ne connaissait pas le contenu. Elle tenait en respect la femme qui lui faisait face et c’est aussi pour cela qu’elle jugea qu’il valait mieux ne pas essayer de noyer le poisson plus longtemps.

Pinçant doucement les lèvres, elle se laissa retourner contre le dossier de son fauteuil, poussant un léger soupir. Il allait falloir qu’elle rouvre un de ses cours, à l’occasion, pour voir où elle avait fini par se tromper. « Très bien… » Finalement, c’aurait peut-être été ce qu’il y avait de mieux à faire que de commencer par là et d’annoncer les choses sans précédent. Mais succéder à un homme qui avait tragiquement perdu la vie n’était chose aisée pour personne et Laura avait espéré que le ménagement dont elle avait fait preuve serait utile dans la possibilité qu’Ingrid ne refuse pas cette offre qui restait, malgré les circonstances, une proposition bien élogieuse. « Veuillez m’excuser si vous avez jugé tout ceci inadapté, mais je ne voulais pas sembler trop directe. Vous êtes quelqu’un que j’estime et je sais que vos collègues de la sécurité diraient la même chose de vous. Outre votre ancienneté au sein de l’entreprise, les rapports d’activités au sein du parc, bons ou moins bons, j’ai de bonnes raisons de penser que vous avez su gagner le respect de bien des gens dans la sécurité. » Prenant le temps de faire une pause, elle l’observa par-dessous ses cils longs. « La décision m’incombe mais je ne peux la prendre seule. Il me faut une réponse positive de la part de la personne concernée, chose que j’espère avoir maintenant d’ici quelques minutes, puisque mon idée s’est orientée vers… Vous. » Bon, le plus gros de l’annonce était fait, il ne restait plus qu’à poser les détails. « Vous comprendrez donc que votre approbation m’est plus que nécessaire. Toutefois, je comprendrais si vous souhaitez refuser… Jusqu’à un certain point. Si tel est le cas, je vous prierai de m’exposer les raisons qui vous poussent à croire que j’ai pu faire le mauvais choix. Avant que vous ne vous prononciez, sachez que Mademoiselle Dearing s’est également prononcée en votre faveur. » Un léger sourire vint se placer sur les lèvres de Laura qui vint abattre les formalités d’usage. « Evidemment, vous jouiriez d’un salaire plus élevé ainsi que de divers autres avantages… Mais vous aurez également plus de responsabilités. » Au fond d’elle, elle n’espérait qu’une chose : entendre un oui franc sortir de la bouche d’Ingrid.
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Ven 8 Fév - 15:36
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Bien sûr, je l'avais contrarié.
Elle n'eut pas besoin d'y mettre des mots pour me le signaler car cela se voyait : les lèvres pincées, elle s'enfonça dans son fauteuil, en me concédant mon argumentation de mauvaise grâce. Je ne voulais pas la froisser ou lui faire sous-entendre qu'elle n'était pas en mesure de mener cet entrevue à bien. Simplement, je souhaitais lui épargner les manœuvres compliquées, les arabesques de mots pour ne pas manquer de tact car je savais ô combien cela était difficile. Elle pouvait se dispenser de ces précautions avec moi, même si je maintiens le fait que c'était bienveillant de sa part de ne pas avoir cherché à me brusquer.

Soucieuse de ne pas marcher davantage sur ses plates-bandes et outrepasser mes droits plus qu de raison, j'observais alors le silence, me laissant juger à loisir par Mademoiselle Masrani. Et alors que je m'attendais à une remarque de la même teneur que celle que je venais d'administrer, je reçu à la place une suite d'éloges. J'eus un petit sourire embarrassé et légèrement forcé avant de baisser la tête, gênée.
Je n'étais pas habituée à recevoir ce genre de choses et malheureusement c'était l'une des rares situations pour lesquelles ont ne m'avait pas préparé. J'avais par ailleurs, toujours eu du mal à recevoir les compliments quels qu'ils soient. D'autant plus que je savais qu'elle ne les distribuait qu'avec parcimonie et que c'était là des mots sincères. Elle s'arrêta quelques instants mais je conservais les yeux rivés vers les genoux. Bien que cela fut flatteur, j'entrevoyais les autres facettes sous-jacentes de ce discours. J'avais demandé à la propriétaire des lieux d'aborder les choses plus simplement et plus directement et c'est ce qu'elle s’efforçait de faire sans pour autant devenir rude. Laura Masrani poursuivit alors, en s'engouffrant sur la voie rapide, pour conduire son discours sur le véritable aspect de cette visite formelle...

Je levais les yeux, déconcertée, sans que les mots me viennent pour autant. Interloquée par cette proposition, je la laissais enchaîner et elle m'indiqua que Mme. Dearing était aussi de cet avis et que par ailleurs, ma réponse était attendue le plus tôt possible, si tant est que j'en avais une à donner qu'elle fusse positive ou non. Interdite, je la fixais toujours lorsqu'elle acheva son discours sur les détails plus protocolaires mais non moins constructifs.

Mon regard clair s'échappa de son visage souriant pour se diriger vers la large baie vitrée quelques instants. Puisqu'elle ne m'avait pas proposé un temps de réflexion, j'étais contrainte de me l’octroyer moi-même car ce n'était pas une décision à prendre à la légère. La canopée semblait paisible vue d'ici mais n'importe quel agent savait qu'il n'en était rien, en réalité. Elle attendait une réponse, quelque chose, et je sentais son regard peser sur moi alors que je réfléchissais et encaissais la nouvelle. Les barrières semblaient momentanément tombées car divers sentiments étaient en train de m'assaillir : ils se livraient bataille et je n'avais pas la maîtrise sur ces derniers. Situation assez rare. Mes mains étaient désormais croisées et je me rendis compte que je les serrais si fort l'une contre l'autre que j'en avais les jointures toutes blanches.

• “C'est là une confiance considérable que vous me témoignez et je...j'en suis très touchée.” fis-je à mi-voix. Je reportai mon attention sur mon hôte, quittant la vue panoramique d'Isla Nublar. “Cependant..." je pinçais les lèvres à mon tour, mais non par contrariété mais bien parce que je ne savais comment formuler la chose. Je soupirais, baissant la tête une fraction de seconde avant de reprendre : “...au vu des récents événements, je ne suis pas certaine de pouvoir endosser ce rôle. D'en avoir les capacités ou même la carrure."
J’inspirais avant de relever le menton pour aller au bout de mon idée et m'expliquer plus avant auprès de Mademoiselle Masrani. Après tout, c'était ce qu'elle m'avait prié de faire en cas de refus. Je me redressais et parlais maintenant avec un peu plus d'animation :
• “Pour être tout à fait honnête avec vous, si cette offre m'avait été faite il y a de cela quelques semaine, sans doute aurais-je accepté sans digression. Mais aujourd'hui, il m'est difficile de le faire, sans ressentir une certaine crainte face aux responsabilités que vous évoquez. Car elles sont lourdes de conséquences, et représentent bien plus que je ne saurais endurer si un nouveau drame venait à se reproduire...” Je hochais finalement la tête en osant désormais la fixer dans les yeux : comment pourrais-je accepter ce rôle en toute décence s'il s'agit d'envoyer des agents au-devant de la mort en toute connaissance de cause ? Et si la prochaine fois, c'était Mora qui ne revenait pas ? Ou Blake ?

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Dim 24 Fév - 19:03
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Laura Masrani

⋄ Age du personnage : 28 ans
⋄ Chambre : Suite spéciale
⋄ Métier : PDG honorifique de Masrani Global Corporation, victime préférée d'Eric Green, Digne fille de son père
Ingrid & LauraPrenant une profonde respiration, Laura essayait de paraître la plus décontractée possible. Ce n’était pas sur elle que reposait le poids de la responsabilité, désormais, mais sur celle de la femme qui se tenait face à elle. D’ailleurs, elle parut assez surprise de la tournure que prenait cet entretien et Laura espéra grandement que cela serait de manière positive. Elle n’avait pas imaginé une issue où la femme plus âgée qu’elle refuserait ce poste. L’Indienne n’avait pas de plan B. A l’image de son père, il n’y avait que les plan A, avec potentiellement quelques concessions de faites. Rien d’autre. Aussi, accrochée à la personne qui se tenait assise en face d’elle, Laura espérait silencieusement qu’elle n’ait pas à la convaincre avec force. Il fallait qu’elle accepte, qu’on sorte une bouteille de champagne pour fêter ça et que les choses reprennent doucement dans le parc afin que la construction ne se fasse toujours plus.

Confiance considérable. A ces mots, Laura sourit avec une certaine douceur. Oui, c’était vrai et pourtant, il n’y avait que peu de personne vers qui elle aurait pu se tourner de la sorte. Lorsque le regard de la brune qui lui faisait face se reposa sur elle, la PDG de l’entreprise sentit son cœur battre plus fort. Elle ne parvenait pas à lire sur les traits de l’agent de sécurité ce qu’il pouvait bien se passer dans sa tête. Mais la suite lui glaça le sang. Cependant. Le sourire de Laura, conquérant, ravageur, s’effaça dès lors qu’un simple mot sortit de la bouche d’Ingrid Powell car elle sut dès lors qu’elle n’avait plus la main sur le jeu qui se déroulait. Les lèvres pincées, son invitée ne semblait soudainement plus à l’aise, cherchant ses mots, un moyen d’exprimer son ressenti sans froisser la jeune femme qui lui faisait face et qui semblait mourir de l’attente de réponse claire. Bien assise au fond de son fauteuil, elle laissa les mots de l’Américaine emplir la pièce, sans bouger, sans même ciller, attentive à chacune de ses paroles.

Elle aurait pu se contenter de la contredire, lui réaffirmer que si son nom avait été évoqué par les deux têtes directrices de l’entreprise, c’était la preuve même qu’elle avait tort sur ce point. Mais elle voulait avant tout comprendre pourquoi elle se jugeait aussi durement. Fronçant délicatement ses sourcils travaillés, elle l’écouta, jusqu’au bout, comprenant que les événements récents n’avaient fait qu’éroder la confiance que l’agent pouvait avoir en elle, lui offrant simplement le loisir de remettre en cause ses capacités. Laura laissa un silence s’installer entre elles, réfléchissant à la manière de procéder. Passant doucement sa langue sur ses lèvres, elle poussa un son tour un léger soupir. « Je comprends. » Elle organisait ses pensées, essayant de clarifier ce qu’elle devait dire. « N’importe quel membre de la sécurité aurait certainement agi de même. Et je crains que tous pourraient aujourd’hui me donner le même genre de discours, agent Powell. » Se levant de son fauteuil, elle fit face à la baie vitrée, les bras croisés sur sa poitrine. « Je vais être honnête avec vous… Je pense que j’aurais dit la même chose. Après tout, nous sommes certainement sur l’île la plus dangereuse du monde et bien que tous ceux qui travaillent ici connaissent ces risques, il faut être fou ou totalement avide de pouvoir pour en assumer la responsabilité. » Les lèvres pincées, elle observait la jungle qui se trouvait devant elle. « Et pourtant, il faut quelqu’un qui n’ait pas peur d’affronter cette réalité. Quelqu’un qui aura toujours la tête sur les épaules concernant cet état de fait. Et si je suis bien celle qui devra en assumer la plus grosse partie, c’est presque égoïste de ma part de demander à quelqu’un de partager ce fardeau. » Se retournant doucement, elle planta ses yeux noirs dans ceux d’Ingrid. « Mais les agents de sécurité ne me feront jamais confiance, quand bien même je serais dans mon bon droit pour leur dire quoi faire. Ces hommes et ces femmes ne sauraient obéir autrement que sous les ordres de quelqu’un qui les comprends et qui partage ce qu’ils savent, ce qu’ils connaissent. C’est pourquoi j’ai besoin de votre aide, agent Powell. »

Revenant vers le bureau, perchée sur ses talons hauts, elle prit appui sur ce dernier. « Je sais ce qu’il s’est passé. J’ai lu les rapports établis ce jour-là. Ni vous ni aucun de ceux présents n’auraient pu éviter ce drame terrible. L’agent Brown savait que tout ceci n’était pas sans risque et il en a sciemment pris un. D’autres victimes auraient pu être à déplorer. Mais grâce aux réactions de tous ceux présents ce sinistre jour, ce ne fut pas le cas et je sais que vous n’y êtes pas pour rien. » Reprenant sa place dans son fauteuil, elle se mordilla un instant la lèvre inférieure avant de poursuivre. « L’idée de nommer un autre agent à ce poste est tout à fait possible, je le conçois. Mais le seul autre nom qui me vient en tête ne saurait contenter l’ensemble du service de sécurité, j’en suis persuadée. Vous avez le charisme, la sympathie et, malgré cela, l’autorité nécessaire à un tel poste. Alors oui, je vous le redemande : Partagez mon fardeau, Agent Powell. Aidez-moi à éviter le pire en créant des dissentions dans un secteur qui ne doit surtout pas en connaître. »
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Mer 27 Fév - 0:02
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Ingrid Powell

⋄ Age du personnage : 43 ans
⋄ Chambre : 1712
⋄ Métier : Chef de la sécurité

• Plus d'un an après l'arrivée d'Ingrid •
Accepter le poids des responsabilités
Laura Masrani & Ingrid Powell

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Son sourire s'était petit à petit fané lorsque j'égrenais mon refus. Comme une fleur en manque de lumière. Après tout, ne venais-je pas de balayer ses certitudes et ses attentes en l'espace de quelques mots ? Après cela, il y eu un silence entre nous. Pesant. Voire même passablement désagréable où je sentais la contrariété écrasante autant que la déception de la propriétaire du parc. C'est ce malaise qui me fit baisser les yeux et regarder mes mains, posées sur mes genoux.
Cette opposition, je ne l'avais pas faite de gaieté de cœur. Pour ce genre de choses, j'étais assez conciliante d'une manière générale, puisqu'elles venaient du niveau hiérarchique supérieur et que c'était ainsi. J'étais malléable à ce que l'on attendait de moi. Mais aujourd'hui, je ne pouvais...simplement pas.  

A une autre époque, lorsque je résidais encore à New-York, j'aurai sans doute sauté sur une occasion comme celle-ci. Sans même prendre le temps de la réflexion. J'avais toujours eu ce petit côté carriériste un peu trop démesuré, qui m'avait autant servi que desservi. Et j'avais vu ce que ça m'avait coûté. Et aujourd'hui, je ne manquais pas de m'en rappeler car c'était l'une des raisons de mon arrivée sur Isla Nublar. Peut-être m'étais-je assagi, avec l'expérience. Et avec l'âge aussi, c'était une option tout à fait probable. Peut-être que j'avais enfin fini par apprendre.

Laura Masrani poussa un léger soupir avant d'acquiescer, pour me concéder ce point. Je me rendis compte alors, combien je ne la connaissais pas, en tant que personne. Tout à l'heure, je l'avais volontairement bousculé et elle ne s'était pas offusquée. Mais était-elle une femme qui acceptait le refus ? Les contradictions ?  
Contre tout attente, elle m'avoua bon gré mal gré que ma réponse serait à ce jour, sans doute la même de la part d'un autre membre de l'équipe. Oui...peut-être. Nombreuses étaient les pertes sur Isla Nublar et chacun avait sa propre manière d'y faire face. D'autant plus que le vécu des agents différaient sur ce point : certains avaient déjà connu cela avec l'Indominus-Rex, d'autres encore avec des situations antérieures à celle-ci. Pour ma part, je n'avais jamais perdu un seul coéquipier. Même lors de cette dernière mission contre la révolution Libyenne en 2011. Il fallait se rendre à l'évidence, je connaissais la mort...mais pas celle des miens.

Elle s'était levée et contemplait maintenant l'étendue de son héritage. Un lourd héritage dont je ne voudrais pour rien au monde. De là, son discours prit une tournure toute autre. Il ne s'agissait plus là de la proposition formelle que j'avais rejeté. Cela semblait plus personnel comme si c'était-là un service, une demande exclusive. De plus, ces arguments avaient du poids car j'avais peine à imaginer la jeune femme à la manucure parfaite, une arme à la main au beau milieu de l'Area 4. Sans remettre en doute l'entraînement que lui dispensait Blake, car j'avais toute confiance en lui et il m'avait d'ailleurs récemment confié ses progrès. Avant notre dispute...
Je la suivis des yeux lorsqu'elle revint face à moi. Je n'avais pas bougé, conservant cette posture un peu trop rigide et raide comme la justice. Elle soulignait des points-clés, notamment lors de cette opération face au raptor. C'est vrai, d'autres personnes auraient pu revenir entre quatre planches. Mais qu'importe le nombre, une seule était déjà une de trop. Je laissais cependant glisser l'éloge sur moi, pour me remettre un peu de baume au cœur.  

A la fin de son discours, je sentis mes épaules s'affaisser malgré moi. Sa plaidoirie était bien menée et riche en arguments efficaces, si bien que mon propre jugement en était ébranlé. C'était comme si je pouvais physiquement ressentir cette charge qui allait m'incomber si je venais à accepter le poids des responsabilités dédiées à ce statut. Alors je bougeais enfin pour m'avancer jusqu'au bord de mon siège.
• “Je persiste à croire que mes épaules ne seront sans doute pas celles qui parviendront à vous décharger d'un poids satisfaisant, Mademoiselle Masrani. Néanmoins, puisque tant d'éléments semblent s'aligner ainsi en ma faveur...je ferais mon possible pour me montrer digne de tout ce crédit que vous m'accordez.” Je lissais les plis de mon pantalon, pourtant déjà impeccable. “Vous savez, après cette année passée sur Isla Nublar, on aurait pu croire que mes motivations se seraient érodées depuis notre premier entretien. Celui où vous m'avez engagé. Mais pour autant, elles restes inchangées et mon but ici est enfin de voir ce parc érigé sur de sûres et solides bases sécuritaires." Il était inutile de développer ce point davantage, car n'importe qui pouvait aisément comprendre à quelles conséquences je faisais allusion. Je croisais les jambes et posais mes mains dessus. “Alors si, malgré la diversité de nos agents et de leurs compétences, seule la mienne vous a semblé adéquate, ce serait comme entraver à mes propres objectifs que de refuser une seconde fois -définitivement- votre proposition."

Aucun sourire ne venait ponctuer cette tirade. Ce n'était pas une bonne nouvelle, malgré l'apparence que cela pouvait prendre. Je savais qu'elle avait pensé à Blake comme second nom. C'était évident car je savais que Lance Booker fuyait les responsabilités comme les dinosaures. C'était aussi le cas de la jeune Freya Mora pour qui, ce n'était pas un objectif. Quant à Logan Ross...quiconque présent lors de la mission a pu remarquer son courage légendaire qui a consisté à se cacher derrière une fougère à la moindre goutte versée et ce, face à ses simples coéquipiers. Oui, je pense aussi que Blake aurait fait un bon meneur et j'étais navrée de l’entendre dire qu'il ne ferait pas l'unanimité. Nous avons nos différents mais, nous savons faire la part des choses pendant le temps de travail. Du moins, dans mon cas. J'espérais alors que les dissensions dont elle parlait n’avaient hélas pas déjà commencé...

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Ven 8 Mar - 15:44
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Laura Masrani

⋄ Age du personnage : 28 ans
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Ingrid & LauraCe face à face rendait Laura nerveuse. Il ne s’agissait pas de quelqu’un qu’elle pouvait acheter, de quelqu’un qui lui donnerait avec le sourire ce qu’elle souhaitait. Ingrid Powell était une coriace, aussi dure dans son corps qu’en affaires. Son refus, l’Indienne s’y était attendue. Mais elle n’avait pas pensé qu’il viendrait de façon si catégorique et qu’elle serait dans l’obligation de déployer tant d’efforts et d’arguments pour essayer de faire basculer sa réponse dans une autre direction. Déglutissant avec difficulté, elle expira longuement à la fin de son monologue, ses yeux noirs rivés sur la femme qui lui faisait face, assise dans son fauteuil, immobile depuis trop longtemps. Elle avait l’impression de se trouvait plusieurs mois plus tôt, quand il avait fallu qu’elle convainque Claire de la laisser tenter des entraînements et des mises en situation sur le terrain. Comment la rousse avait-elle pu trouver les mots justes pour finir par obtenir une réponse positive de la part de Brown, à l’époque ?

Finalement, après un long silence, l’agent Powell bougea, s’avançant un peu plus sur sa chaise, avant de délier sa langue. Elle flanchait. Doucement, elle venait dans la direction et quand elle formula une première réponse positive, Laura dut retenir son sourire afin qu’il ne se montre pas trop fier et satisfait. La laissant parler, elle l’écouta de tous les doutes qui l’habitait. Elle jugeait ses épaules insuffisantes, mais quelqu’un aurait-il jamais les épaules assez larges pour porter seul une responsabilité aussi grande ? La modestie valait mieux qu’une assurance trop grande et Laura le savait mieux que personne. A se montrer trop sûr de soi, on pouvait commettre des erreurs bien trop grandes, irréparables. La méfiance, la remise en question, permettait de toujours plus remettre les choses en perspective pour mieux apprivoiser les dangers à venir. Poursuivant son discours, la brune vint également appuyer ses motivations, intactes, depuis son arrivée sur l’île. Et c’était une autre bonne nouvelle.

Plus par dépit que par véritable choix, elle vint reformuler son accord et Laura baissa un instant les yeux, expirant longuement. Soulagée, elle l’était, oui, car le problème qu’avait posé la mort tragique de l’agent Brown venait de se résoudre. Mais d’un autre côté, elle était inquiète car elle savait qu’à la première erreur, l’agent Powell serait certainement celle qui se jugerait elle-même responsable, cette qui rejetterait alors l’entièreté de ces responsabilités pour ne plus à se sentir coupable. Et alors tout serait à recommencer. « Et je vous remercie. Tout le monde ne placerait pas ses objectifs avant ses intérêts personnels. » Elle eut un léger sourire. Soudainement, il lui semblait que son ventre s’était allégé, l’angoisse du refus s’étant évanouie pour de bon. « Nous attendrons le retour de mademoiselle Dearing pour finaliser tout ceci et annoncer officiellement votre prise de poste. Je vous laisse évidemment commencer à réfléchir à vos conditions et si vous jugez nécessaire l’achat de certains équipements – bien que nous sommes déjà en avance sur le sujet – sachez que je suis à votre entière disposition et que je me ferais un plaisir d’accéder à la moindre de vos requêtes. Les incidents liés à la sécurité doivent cesser et j’ose espérer que l’attaque passée sera la dernière. » L’entretien arrivait à sa fin et, comme pour le souligner, Laura se leva, souriant doucement à la femme qui se tenait face à elle.
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Mer 20 Mar - 16:25
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