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L'enfer c'est soi-même, pas les autres |Ingrid Powell - 10/07/2013]

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Dim 23 Sep - 14:22
Cinq jours. Cinq jours que Brown était mort, le visage arraché par la gueule du vélociraptor. Cinq jours que Julian était allongé sur son canapé, vêtu d'un simple short gris clair. Il ne se levait que pour le strict nécessaire. Boire, manger un peu, grignoter aurait été plus juste car il n'avait pas faim, aller aux toilettes et se doucher. Malgré tout le noir qu'il broyait, il ne pouvait se résoudre à ne pas faire le minimum et s'il avait renoncé à se raser, il avait continué à se laver.
Dehors, il faisait jour ou nuit pour ce qu'il en savait. Depuis cinq jours, il avait coupé la climatisation, avait ouvert la fenêtre à la brise du neuvième étage mais avait tiré les rideaux, plongeant son studio dans une obscurité à laquelle il s'était habitué.

Le regard vide, fixé au plafond, un bras replié derrière sa tête tel un oreiller, il se remémorait en boucle la scène lorsque tout avait basculé. Est-ce que Grissom avait raison ? Avait-il volontairement laissé son responsable se faire tuer ? Une simple question, un simple doute qui en amenait bien d'autres, beaucoup trop d'autres qui depuis tout ce temps commençaient à le submerger.
Sa détresse lors de l'action l'avait amené à frapper un vélociraptor à main nue comme un attardé. En était-il réduit à cela ? A quel moment avait-il perdu sa fiabilité ?
Lentement, il baissa son regard sur sa main encore bandée. Quatre phalanges foulées, la peau arrachée par endroits, encore l'oeuvre de sa foutue chance : rien n'était cassé.
La bagarre qu'il avait déclenchée n'avait pas arrangé ses plaies, mais la majorité du sang qu'il portait sur ses doigts à l'arrivée des secours n'était pas le sien et l'euphorie du moment avait rapidement laissé sa place à un abattement et à un sentiment de déjà vécu.
Il n'avait même pas été visiter Mora pour savoir comment elle se remettait.

En réalité, il se sentait vide et inutile, à ruminer tout seul dans le noir. Mais il n'arrivait pas à faire autrement. Les rares fois où il avait fermé les yeux, il s'était réveillé en sueur et en hurlant de terreur. Dans ses maudits rêves, il revoyait Lee, Reves, ceux que l'Indominus avait dévorés ou simplement tués pour le plaisir. La fatigue finissait toujours par l'emporter mais le sommeil ne durait jamais. Il se sentait las et démotivé, préférant se morfondre seul dans ses pensées, sans personne à impliquer.

Il avait raté l'entrainement de Masrani sans même l'avoir prévenue, sans même s'être excusé. Il se demandait réellement s'il était la personne la plus indiquée pour son entrainement, pire, il se demandait s'il avait encore sa place ici. Peut-être devait-il tourner la page et retourner sur le continent, recommencer quelque chose là-bas loin de tout ce merdier.
Mais où pouvait-il bien aller ?
Rentrer à Londres peut-être...reprendre une place dans l'armée.
Après tout, ici aussi il ne manquerait pas.

Les yeux clos, il lâcha un soupir lorsque son téléphone se mit à vibrer. Encore un appel de Higgins certainement, il avait ignoré les deux premières convocations et ne prit donc pas la peine de répondre ou de vérifier. Dans les minutes qui suivirent, on frappait à sa porte. Comme pour le téléphone, il ignora les coups portés, persuadé que le visiteur non désiré ferait demi-tour pensant que l'agent d'intervention n'était pas chez lui. On frappa à nouveau tant et si bien, qu'il finit par se lever.

Torse-nu, il ouvrit la porte agacé. La lumière du couloir lui fit plisser les yeux mais rapidement lorsque ses pupilles refirent le point, il reconnut Powell. Comme à son habitude, elle était habillée tirée à quatre épingle. Cette femme était un robot, rien ne semblait l'ébranler.  Il ne manquait plus que ça...songea-t-il en levant les yeux au ciel.

- La psy a cafté ? maugréa Julian la voix rauque de n'avoir pas parlé pendant plusieurs jours. Qu'est-ce que vous me voulez ?


Normalement, il était en convalescence alors elle n'avait rien à lui reprocher. Pourtant, sa simple présence indiquait qu'elle avait quelque chose à lui demander ou à lui annoncer. Témoigner pour la mort de Brown ? Il n'avait toujours pas rendu son rapport de mission. Mise à pied peut-être pour la bagarre déclenchée juste après. Avec nonchalance, il se gratta la barbe en attendant qu'elle daigne lui indiquer le motif de sa présence. Ce ne pouvait être une simple visite de courtoisie. Pas venant d'elle.

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Dim 23 Sep - 16:32

• Un an après l'arrivée d'Ingrid •
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Julian Blake & Ingrid Powell

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La lumière du jour entra timidement dans le salon, remplaçant celle de mon halogène.
Une nouvelle fois, je bus une gorgée de café plus pour m'occuper que par réelle envie. Depuis la mort de Brown, le sommeil m'était devenu étranger et tortueux. Ce n'était pas la première fois que je rencontrais ce genre de difficulté : on aurait pu croire que cette fois, je m'en serait mieux tirée mais ce n'était pas le cas. Les peines de la vie vous tombent dessus sans prévenir, si bien qu'elles ne nous laissent ni le loisir de s'y préparer ou de revêtir son armure.
Pourtant j'avais tenté d'aller immédiatement de l'avant et j'étais retournée au poste, le lendemain. Mais je n'avais pu me résoudre à terminer le rapport de mission et écrire ces quelques lignes s'était apparenté à un véritable calvaire. C'est pourquoi on avait jugé bon de m'envoyer ce médecin, cette Anderson...que j'avais congédié non sans une certaine violence. Tout comme les convocations du Dr. Higgins auxquelles je n'avais pas donné suite. Les gens se pensaient indispensables, ils pensaient avoir la réponses à toutes les peines et aux problèmes de chacun. Mais ce n'était que prétention.
Après cet échec cuisant de retour à la normale, j'avais fini par prendre une disponibilité de quelques jours. C'était contre mes principes, je crois que c'était bien la première fois de ma vie que j'y avais recours. Et je le vivais comme un second échec car en quelque sorte, j'étais défaillante à mon poste.

Avouons-le, je ne savais pas très bien où j'en étais. Le service était en berne depuis cette attaque et sans chef d'équipe, tout était sans dessus-dessous dans la sécurité. Il valait mieux pour le bien de tous que rien de grave n'arrive durant les moments à venir...

J'étais allée voir Freya au lendemain du drame. Elle ne s'était pas réveillée mais on m'avait assuré que ses jours n'étaient plus en danger. Mais c'était là le seul contact que j'avais eu avec les agents du service et je sentais la solitude me peser de plus en plus. D'autant plus que ma dernière demande auprès des services d'adoption venait d'être -comme toutes les autres- rejetée. Avec pincement au cœur, je me rendis compte que maintenant plus personne n'en savais rien puisque Jason avait été le seul au courant.
Et Blake, et Booker ? Je ne sais même pas s'ils étaient proches de Jason Brown ou non, s'ils avaient partagé des choses ensembles. Voilà un an que j'étais sur l'île et je me rendais compte que je ne connaissais rien de ces gens que je côtoyais pourtant presque quotidiennement.  

Je posais ma tasse vide dans l'évier et me préparais pour sortir de ce bunker de solitude où je m'étais enfermée. Je ne pouvais contrer ces cernes impressionnantes et les traits tirés qui s'étaient invités sur mon visage mais en revanche, j'arborais un tailleur sombre impeccablement taillé et les escarpins assortis pour faire illusion.

J'ignorais si c'était là une bonne idée, ou si c'était correct de le faire mais peut-être que le soutient des autres protagonistes de cette mission pouvait s’avérer être un réconfort ? Je doutais trouver quoique ce soit auprès de Blake ou même de Booker mais avec Mora toujours hospitalisée, mon dévolu ne pouvait malheureusement se jeter sur personne d'autre. Je décidais donc de tenter ma chance, afin de ne pas laisser cet enfer se prolonger plus longtemps. Alors, je montais les étages et tapais la porte du 2018 de trois coups secs et distincts.

Après quelques seconde d'attente, je n'obtins pas de réponse. Mais il en fallait plus pour me formaliser, et pour la seconde fois, je tapais exactement à l'identique quitte à passer pour insistante. Je savais q'il était là, où Blake aurait-il pu être d'autre, pendant ses jours de convalescence ? J'allais répéter mon geste une troisième fois lorsque la porte s'ouvrit.
La personne qui me fit face était alors loin de celle que j'avais gardé dans mes souvenirs. Une barbe naissante, les yeux rougis par le manque de sommeil et la prestance douteuse, c'était cependant bien Blake qui m'ouvrit, à moitié vêtu. Il leva les yeux au ciel pour tout accueil et m'apostropha avec une voix qui n'avait pas servi depuis longtemps, sur la défensive. Je hochais la tête négativement.

•"Laissez donc Higgins avec nos répondeurs. " Je m'attardais sur sa main encore bandée, son large torse parsemé d’ecchymoses ça et là et baissais les yeux. "J'avais espéré que nous puissions discuter un peu mais visiblement, je tombe mal alors... Enfin, oubliez ça je ne vais pas m'imposer plus longtemps." fis-je en tournant déjà les talons à moitié.
Certes, je ne m'étais pas attendue à des embrassades de la part de Blake et je comprenais qu'il ait encore envie de rester seul. Nous nous reverrons sans doute plus tard. Tout le monde ne réagissait pas de la même manière face à ce type d'épreuve, ce que j'acceptais.

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Mer 26 Sep - 14:15
La mine grave, Powell hocha négativement la tête. Julian s'attendait à des réprimandes ou au moins une remarque acerbe venant de sa responsable. Celle-ci ne tarda pas à arriver, mais elle n'était pas dirigée contre la personne à laquelle Julian songeait. Malgré la situation plutôt étrange, il esquissa un sourire en coin.
Ainsi donc, Higgins n'avait pas pu rencontrer Powell non plus. Au moins leur aversion pour le corps médical en tout genre leur faisait un point commun. Il la regardait tandis qu'elle observait les vestiges des derniers événements inscrits sur son corps. N'étant pas spécialement pudique, Julian ne songea pas à se couvrir d'un t-shirt ou juste de ses bras qu'il aurait pu croiser sur son torse. Après coup, il songea que peut-être, cela pouvait mettre Powell en colère. Après tout, les ecchymoses qu'il portait dataient de la bagarre qu'il avait déclenché.
Debout, planté dans l'embrasure de sa porte, il haussa un sourcil lorsqu'elle lui indiqua être venu pour discuter un peu. Où voulait-elle en venir ? Elle pouvait voir Higgins pour discuter, les psy n'étaient-ils pas fait pour ça ? Préférait-elle la psychologie de comptoir qu'il lui servirait ?
Lui ne voulait pas discuter...encore moins penser à ce qui s'était passé. Depuis plusieurs jours, il essayait déjà d'oublier. Mais déjà, Powell tournait les talons.
Julian leva les yeux au cil de nouveau. A quoi jouait-elle ? Espérait-elle qu'il la rattrape dans les couloirs ? N'importe quoi vraiment...Il n'y avait qu'elle pour venir chez lui, frapper à sa porte pour finalement se raviser.

Après un soupir il lui lança en secouant la tête, légèrement agacé par cette petite victoire qu'il lui accordait :

- C'est bon...fermez la porte derrière vous.


Aussitôt dit, il se retourna et regagna l'intérieur de son appartement. En attendant que Powell se décide à entrer ou persister à partir, il récupéra quelques affaires à lui qui traînaient par terre ou sur son canapé. Des vêtements de ces derniers jours pour la plupart. En arrivant dans sa salle de bain pour les mettre dans son panier à linge sale, il retomba sur ceux qu'il portait ce jour là. On lui avait gentiment rendu son débardeur qui avait servi de garrot à Mora. En le voyant à présent, couvert de taches sombres et durci par le sang séché, il se demanda simplement pourquoi il ne l'avait pas jeté. Il fourra le linge en boule par dessus.
Lorsqu'il réapparut dans la pièce principale, la porte était fermée, Powell était là, debout aussi droite qu'un piquet.
Il lui indiqua le canapé d'un geste vague de la main et s'avança jusqu'à son réfrigérateur. En l'ouvrant, il demeura un moment stupéfait face au vide qui lui fit face. Il n'avait plus rien, en dehors que quelques bières dans l'intérieur de la porte.

- J'ai de l'eau si vous voulez...proposa-t-il plus pour combler le silence que pour réellement être un bon hôte. Je vous en sers un verre ?

Lui restait-il encore des verres propres ? Oui, par chance, il en remplit deux et en déposa un sur la table basse qui trônait entre Powell et lui. Qu'elle le veuille ou non, au moins il était servi.
Sans lui tourner le dos, il s'appuya sur sa table à manger et prit une gorgée de son verre, la scrutant d'un regard inquisiteur. Elle voulait parler, alors qu'elle le fasse, il était tout ouïe.

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Jeu 27 Sep - 23:11

• Un an après l'arrivée d'Ingrid •
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Déjà à moitié retournée, j'entendis un léger soupir puis il me concéda cette petite visite d'une voix résignée. Comme s'il me faisait là une faveur que de m'accorder de son temps. En temps normal, j'aurai sans doute été piquée par ce manque d'égard. En temps normal, je ne serai sans doute pas en train de taper à sa porte. Ces derniers jours, rien n'était plus normal.

Il se déroba, me laissant la place suffisante pour entrer à sa suite. Profitant du fait que je fermais comme il me l'avais demandé, il rangea quelques affaires ça et là pour rendre l'endroit plus présentable. Ce dont il avait grandement besoin. Pour ma part, jamais je n'aurai pu recevoir dans un pareil taudis !
Ce qui me frappa au premier abord, c'est le manque de luminosité. L'ensemble des rideaux avaient été baissés, donnant à cette pièce à vivre une atmosphère étouffante. Je ne parlais pas du désordre certain et de la poussière qui parvenait à filtrer difficilement. Ni de la vaisselle qui s'entassait et du linge qu'il venait sans doute de mettre en boule plus loin. On eut-dit la chambre d'un adolescent que l'on venait réprimander.
Blake me fit signe de m'asseoir sur le canapé et je m’exécutais de mauvaise grâce. Dans cet environnement douteux, j'avais à cœur d'occuper le moins d'espace possible. Un peu comme si ces impuretés étaient contagieuses. Guindée, je croisais les mains sur mes genoux, la tête haute en faisant mine d'observer les alentours pendant que mon collègue cherchait tant bien que mal à boire. Au moins, il avait un petit peu de savoir vivre. Tout n'était donc pas à reprendre chez lui.

Lorsqu'il me demanda si je souhaitais un verre, je faillis lui répondre du tac au tac : "Oui, un propre je vous prie." mais je me retins juste à temps. Sans doute cela aurait été-t-il mal perçu. A la place, je me contentais de répondre d'une voix aussi plate que ce qu'on m'offrait à boire : •"Merci beaucoup, c'est parfait."

Je ne touchais pourtant pas ce q'il venait de me servir. Je n'étais pas là pour ça en tout premier lieux. Cependant, bien que je sentais son regard sur moi je ne croisais pas le sien, préférant regarder les quelques effets personnels apparents dont il avait décoré l'endroit. Maintenant que nous y étions, il m'était difficile d'avouer la raison de ma présence ici. Confier que je ne supportais plus cette solitude permanente de ces derniers jours était tout simplement impensable. Qui plus est, je me sentais en quelque sorte redevable vis à vis de Blake. Par deux fois, il m'avait sauvé la vie et je pense que c'est maintenant à mon tour de venir l'épauler. Parce qu'on me la fait pas à moi, un homme qui s’emmure ainsi n'est pas un modèle de bien-être. Finalement, je rompis le silence en reportant mon attention sur lui :  

•"Alors c'est ainsi que vous comptez surmonter le problème : vous laisser aller et vous terrer dans le noir en espérant qu'on finisse par vous oublier ?" Je haussais les épaules à demi sans me départir de cet air quelque peu sévère."D'aucuns diront que ça n'est pas si efficace...je vous ai connu avec des stratégies meilleures, Blake."

Il est vrai que je n'avais pas prévu de faire ça, à savoir, lui faire des remontrances encore et toujours. Pour une fois, j'étais pleine de bonnes intentions mais c'était plus fort que lui : il fallait toujours qu'il trouve à me faire dire un discours moralisateur. A croire qu'il avait besoin d'être materné...Je l'observais à mon tour d'un œil réprobateur. Tout bien réfléchi, je ne faisais que lui rendre service alors, en bonne responsable hiérarchique que je suis. Que j'étais. Je ne sais plus vraiment.

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Ven 28 Sep - 22:58
Assise sur son canapé, Powell dénotait avec son intérieur. Avec son chignon bien tiré, sa veste bien ajustée, elle se tenait droite comme un piquet, comme si elle avait peur de se salir en bougeant ne serait-ce qu'un pouce.
Julian l'observait et Powell observait son appartement. Que cherchait-elle ? Des effets personnels ? Il n'en avait pas. La pièce était aussi vide qu'un logement inoccupé. En dehors des meubles livrés avec l'habitation, il n'y avait rien qui lui appartenait en dehors de ses fringues et de son Ipod. Même l'ordinateur portable sagement fermé sur le plan de travail était un prêt de la société.
Si la jeune femme cherchait des photos, bibelots et autres babioles que le commun des mortels entassait au fil du temps, elle ne verrait rien de tel chez Blake. La décoration était là avant lui.
Il pouvait tout aussi bien quitter l'île demain, rien ne trahirait son séjour ici, rien ne manquerait.

Powell n'avait pas l'air dans son assiette, il avait l'impression qu'elle fuyait son regard, plaçant le sien n'importe où sauf sur lui. Peut-être que le voir torse-nu la dérangeait, il aurait bien enfilé un t-shirt mais il voulait en finir au plus vite. Elle lui avait dit vouloir discuter alors il attendait toujours quelle se lance. D'ailleurs, dire qu'il n'appréhendait pas cette discussion aurait été mentir, il y avait trop de sujets possibles et aucun ne lui plaisait. Pourtant, Powell gardait le silence, affichant une mine contrite, presque contrariée comme si elle n'était pas en accord avec elle même.
Enfin, elle finit par rompre le silence en reportant son attention sur lui.

Il se sentit subitement attaqué par les propos de sa supérieure, poignardé aurait peut-être été plus juste.
Son air oscillait entre la désinvolture et la sévérité, comme on faisait la morale à un enfant ou à quelqu'un qui avait merdé. Avait-il merdé en s'octroyant quelques journées dans l'obscurité ? Aurait-il dû continuer à se montrer comme si de rien était ?
L'attitude de Powell fut de trop et Julian sentit la colère enfler ses veines. Il serra les poings contre sa poitrine, si fort, que les jointures de ses phalanges en blanchirent.

- Vous vous foutez de moi ?
demanda-t-il d'une voix basse qui ne laissait rien présager de bon.

Le verre sur son plan de travail vola dans les airs avant de venir s'éclater contre le mur au dessus de l'évier dans un fracas retentissant.

- Vous êtes venu juste pour ça ? Me faire une morale à deux balles  sur ma manière de gérer ça... tonna-t-il.

Stupéfait de rage, il la regardait, le visage déformé par le surplus d'émotions qui le submergeait. L'incrédulité se lisait dans ses yeux et soudain il murmura :

- Vous vous prenez pour ma mère ou quoi ?

Même Victoria Blake n'avait jamais parlé à son fils ainsi, jamais. Julian avait tous les droits, elle ne lui avait posé aucune limite, elle avait subi, en silence, l’indifférence de son fils unique qui avait grandi dans un univers auquel elle n'avait pas accès. Dans ce foyer de Notting Hill, on ne savait pas parler et encore moins se dire que l'on s'aimait. Ce foyer avait vu grandir un jeune garçon qui se sentait livré à lui-même à cause d'une mère qui ne s'imposait jamais. Ce foyer avait vu mourir une femme encore jeune, qui avait vu son fils s'éloigner petit à petit pour mieux se trouver.

Julian se rendit compte qu'il tremblait mais il était bien incapable de savoir si c'était de colère ou de frustration. Il avait envie de tout envoyer balader, de faire sa valise et de fuir aussi loin que possible, encore. Et elle...elle semblait toujours faite de pierre ou de papier mâché, comme si rien ne pouvait l'atteindre. Il lui en voulait pour ça mais il s'en voulait encore plus d'être si perméable à son impulsivité.
Oui, il espérait qu'on l'oublie, oui il espérait que cela suffirait pour gérer ça. Juste quelques jours...encore quelques minutes, mais Powell venait de tout faire voler en éclat, lui volant par la même occasion la morosité qui nourrissait ses ombres et ses fantômes.
Il voulait broyer du noir, il voulait déprimer encore un peu, juste un peu et elle venait de le priver de ça.

De nouveau, il croisa les bras sur sa poitrine pour empêcher les tremblements de se propager ou bien pour se protéger peut-être mais de quoi ?
Il baissa la tête, fixant son regard sur le sol devant lui.

- Vous avez dit ce que vous aviez à me dire ? Alors tirez vous maintenant
, conclut-il d'une voix basse que lui même ne reconnut pas.

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Dim 30 Sep - 23:21

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Le menton toujours tourné vers Blake, j'attendais son retour.
Evidemment qu'il avait eu de meilleures stratégies, c'était même pour cette raison que je l'avais choisi pour m'épauler comme second. C'était le genre d'agent qui savait prendre les devants quand la situation le nécessitait. Avec le Mosasaure bien entendu, mais aussi dernièrement avec la Raptor : s'il ne s'était pas mis en travers de sa route, cette dernière aurait fait bien plus que d'envoyer Mora à l'infirmerie ! Non, Julian Blake n'était pas du genre à se cacher au second rang et se laisser péricliter. J'avais peine à le reconnaître à cet instant, et c'est pourquoi ma présence était plus que nécessaire selon moi. Je voulais lui faire prendre conscience qu'adopter cette attitude ne lui serait d'aucun recours.

Seulement, il ne sembla pas aller dans mon sens. Ou ma réplique n'eut pas l'effet escompté. Moi qui pensais attiser son bon sens, je le vis se renfrogner davantage. Il serra les poings et me lança une première invective rhétorique à voix basse.
Puis d'un geste de rage, il balaya le plan de travail d'une main en envoyant son propre verre contre le mur contre lequel il se brisa. Surprise, je ne pus m'empêcher de sursauter en fermant brièvement les yeux. La petite exclamation de stupeur passée, je rouvris les yeux pendant qu'il se mit à me hurler dessus.
J'accusais les coups sans rien dire, aussi blessants étaient-ils. C'était de ma faute, j'avais espéré déclencher une quelconque réaction chez lui mais force était de constater que ce n'était pas celle que j'attendais. Il y a tout de même certaines choses que tu ne peux anticiper, Powell. Je le laissais déverser toute sa rage ne pipant mot, ne cillant même plus maintenant que la surprise première était passée. Il n'était pas prêt pour discuter, ou alors je m'y prenais déjà trop tard. Peut-être aurait-il fallu convoquer ce tête-à-tête plus avant. Les choses sont moins faciles à entendre lorsque les blessures se referment déjà mal.

C'est vrai, j'en voulais à Blake de s'emporter ainsi contre moi. C'était injuste. Je n'étais pas la cause de la mort de Brown, comme je n'étais pas la cause de toutes celles qui étaient survenu sur le premier parc. Et ce manque de discernement m'agaçait au plus haut point. Il fallait qu'il apprenne à faire la part des choses, et ne pas rendre coupable la première personne qui croisait son chemin. Moi qui était venue en espérant trouver également trouver un peu de réconfort, je ne m'étais pas attendue à devenir le réceptacle de toute cette colère refoulée.
Le visage fermé et le regard dur, je l'observais ainsi planté devant moi. Il avait de nouveau les bras croisés sur sa poitrine et regardait obstinément le sol, tête baissée. J'y vis alors -sans doute à tort- une sorte de regret habilement dissimulé et je compris alors que cet élan de méchanceté avait été un réflexe de défense car je l'avais directement attaqué par la partie sous-marine de l'iceberg.

Alors, il m'ordonna de prendre congé. D'une façon d'ailleurs bien peu courtoise et brute. La tête légèrement penchée sur le côté je le fixais encore quelques instants.
Puis, je lissais les plis de ma jupe avant de me lever de son canapé. Devais-je partir comme il le réclamait ? Le laisser dans sa solitude ? Après tout je m'étais introduite chez lui et il pouvait faire comme bon il lui semblait. Il ne décollait pas les yeux du plancher et c'est son comportement qui me fit changer de point de vue. Non, il n'allait pas se débarrasser de moi aussi aisément en me lançant deux ou trois beuglantes à la figures. Et non, il n'allait pas non plus obtenir ce qu'il attendait de moi à savoir, mon départ immédiat. Je savais généralement reconnaître une cause perdue et Blake n'en était pas encore totalement une, à mon sens. Pour l'heure, c'était juste un membre de l'équipe qui avait peur se d'exprimer au grand jour et surtout : à quelqu'un d'autre qu'à lui-même.

Je soupirais néanmoins et encore courroucée par son attitude si peu respectueuse envers moi, je saisis mon verre. Et sans crier gare, je fis disparaître d'un pas la distance qui me séparait de lui et lui jetais le contenu à la figure avant de poser sur le plan de travail avec raideur.

•"Voilà qui devrait vous remettre les idées en place et vous faire baisser d'un ton ! Car je ne suis en effet ni votre amie, ni votre mère ! Et tant est que je l'eusse été, vous ne m'auriez pas parlé de la sorte !" Je restais là, les mains sur les hanches, sans reculer devant cette montagne de violence qu'avait pu être Blake. "Alors maintenant vous allez écouter ce que j'ai à vous dire car je n'en ai pas terminé, et cesser de jouer les incompris ! Parce que c'est avec des réactions comme celles-ci que vous passez à côté des promotions que vous convoitez. Nous savons tous les deux de quoi je veux parler n'est-ce pas ? Ne vous étonnez pas si cela n'arrive uniquement qu'aux autres." fis-je en ayant un peu élevé la voix.

Je me reculais légèrement, avant de passer une main sur mon visage fatigué. La dernière chose dont j'avais besoin c'était bien de me disputer avec le reste de mon équipe encore en vie. Peut-être que Blake avait raison et que j'avais ici le discours moralisateur qu'une mère aurait pu avoir, sans doute, je n'en savais rien. Lui non plus ne savais rien de ce sujet d'ailleurs. En tout cas, dans son appartement ou ailleurs je restais bien sa supérieure et il pouvait ranger son insolence. Pas de ça avec moi.

•"Car vous n'êtes pas le seul à endurer la disparition de Brown." avouais-je d'une voix moins tranchante avant de me détourner."Vous n'êtes pas le seul concerné, n'agissez pas comme tel."

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Lun 1 Oct - 21:46
Concentré sur le sol, Julian ne réalisa pas immédiatement que Ingrid s'était levée. Il comprit trop tard qu'elle ne venait pas simplement se planter devant lui, comme elle avait l'habitude de le faire, avec son menton relevé et sa rigidité maladive.
L'eau le surprit plus que le geste. En toute honnêteté il s'était plutôt attendu à une gifle. Mais Powell semblait venir d'une autre époque. Alors tandis qu'elle l'invectivait, il passa une main sur son visage humide, réveillant par la même occasion la douleur du coup porté par Tate ou Grissom. Il ne savait déjà plus très bien.
En grimaçant, il l'écouta faire son joli discours moralisateur puis glissa une main dans des cheveux pour les plaquer en arrière grâce à l'eau. Il semblait si calme alors qu'il était si furieux et quiconque le connaissait réellement s'en serait aperçu immédiatement. Cependant, personne ne le connaissait réellement. C'était sa force mais aussi, quelques fois, sa faiblesse.

Il releva un regard noir sur Powell alors qu'elle campait sur sa position, face à lui, les mains sur les hanches. Elle se sentait surement puissante ou supérieure en lui rappelant aisément qu'il avait raté la promotion qu'il convoitait tant et l'espace d'un instant, très court mais toutefois réel, il se demanda si elle pensait vraiment ses paroles. Elle n'hésitait pas une seule seconde à lui reprocher son comportement, comme s'il était la base de la médiocrité dans laquelle il se vautrait.
Oh ça, elle était gonflé oui. Oser lui faire la morale, le rendre coupable de cette ambition qui l'avait dévoré et pour laquelle il n'avait pas pu obtenir ce qu'il convoitait.
Si elle avait été un homme, il l'aurait certainement cogné. Mais Powell était une femme, il ne pouvait se battre avec elle par la force physique mais pouvait encore user de mots. A son image, il les emploierait aussi cinglants et aussi tranchants que ceux qu'elle lui prodiguait avec générosité.
Son impulsivité était-elle vraiment en cause lorsque Dearing avait décidé de donner à Powell le poste qu'il méritait, lui ?
La vérité était certainement plus triste, triste à pleurer. La vérité c'était qu'il avait risqué sa vie pour sauver ce qui pouvait encore l'être et qu'en récompense on l'avait jugé inapte à diriger. La vérité c'était qu'on lui avait préféré une femme plus âgée, sortie de nulle part alors que lui avait l'expérience de la survie, l'expérience du parc éclaté, l'expérience de la mort comme compagnie.
Quelques jours auparavant, Powell avait expérimenté pour la première fois la violence de l'île à travers la disparition de Brown, aujourd'hui elle venait chercher du réconfort auprès de celui qu'elle passait son temps à rabaisser. Car il s'agissait bien de cela n'est-ce pas ? Ces dernières paroles le traduisait.
"Ne soyez pas égoïste Blake, vous n'êtes pas le seul à souffrir de ce décès.".
N'était-ce pas le sous-entendu qu'elle en souffrait ? Pourquoi venir le voir lui ? Pourquoi ne pas se débrouiller seule ? Pourquoi...
Son coeur battait fort dans ses tempes, si fort que le son le coupa du monde un instant.
Pourquoi ?
Comme il était commode pour elle de venir déverser sa colère et sa peine, à travers des mots de reproches et de conseils mal avisé, à travers un complexe de supériorité mal réceptionné.

Une goutte d'eau tomba sur le sol et son tintement le ramena à la réalité. Il regarda Powell, son dos et ses épaules voûtées. Il aurait pu avoir un geste apaisant dans sa direction, une main sur le bras aurait suffit, un mot murmuré avec intérêt peut-être, dans le seul but d'apaiser. Il n'en fit rien et releva le menton, un sourire mauvais dessiné au coin des lèvres.

- J'ignorais que vous étiez si proches, grinça-t-il à la fois moqueur et dégoûté.

Il se détacha alors du plan de travail, reprenant contenance autant que son ascendant dans la différence de taille. Qu'elle se retourne alors et elle verrait. D'une voix anormalement calme il reprit :

- C'est facile n'est-ce pas ? Pour vous je veux dire. Venir jusqu'ici, me reprocher mon foutu caractère, mes échecs sans jamais montrer de faiblesse hein ? Jouer la petite soldate parfaite, comme si vous étiez la seule à mériter votre boulot. Alors je vais vous dire un petit secret Powell... cette île ne vous fera pas de cadeau, peu importe la volonté et toute la rage que vous y mettrez. Dearing et même Masrani, ne vous feront pas de cadeau. Nous sommes le bouclier qui protège leurs intérêts, nous sommes juste ça. Si demain nous mourrons, elles nous remplaceront d'un claquement de doigts, c'est aussi simple que ça.


Il lui sourit mais son regard était sévère.
- Vous ais-je jamais reproché quoique ce soit dans l'arène du Mosasaure ? Vous ais-je jamais réclamé des éloges pour ce qui s'y est passé ? Et pour l'ouragan ? Non...jamais. Parce que c'est mon boulot et que je me fiche qu'aujourd'hui vous occupez le poste qui devait me revenir, je me fiche bien croyez moi. Mais que vous osiez venir jusque chez moi pour me faire la morale sur comment je devrais me comporter ou comment je devrais réagir, ça non, je ne le tolérerais pas.

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Jeu 4 Oct - 1:39

• Un an après l'arrivée d'Ingrid •
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J'observais le rideau déployé qui me faisait face d'un œil absent.
La pénombre qui en découlait pesait comme une chape sur mes épaules et rendait la situation encore moins confortable qu'elle ne l'était déjà. Pour autant, je laissais ainsi : bien qu'handicapante, l'obscurité pouvait s'avérer être une alliée appréciable lorsque l'on voulait dissimuler certaines choses. Certains affects...
Toujours de dos, je crus déceler une certaine forme de raillerie dans le ton qu'avait employé Blake. Ou alors était-ce juste de la jalousie ? De la méchanceté ? Je ne saurais le dire avec certitude. Quoique cette inflexion m'était familière chez lui, aussi penchais-je pour le sarcasme car j'étais habituée à ce qu'il m'en dispense. Un peu froissée, je répliquais avec froideur :
•"Parce que vous n'aviez pas à le savoir. Vous n'êtes pas le centre du monde, Blake."

J'avais une vie, comme tout à chacun, et je ne voyais pas en quoi Julian Blake devait se sentir concerné par les moindres détails de celle-ci. Il est vrai que très peu de monde, sinon personne, n'avait connaissance de cette sympathie qu'il y avait eu entre Brown et moi. Sans pour autant aller jusqu'à la camaraderie, j'y avais trouvé quelque chose de salutaire, d'apaisant. De rassurant. Quelque part, nous partagions beaucoup de points communs et il était devenu l'oreille attentive qui me faisant tant défaut et à laquelle je pouvais confier mes peines. Nous le faisions d'ailleurs assez régulièrement l'un et l'autre, loin des yeux inquisiteurs et des langues amères. Mais voilà que tout ceci prenait fin, brusquement. Voilà que j'allais de nouveau devoir me contenter de cette solitude qui m'avait accompagné durant toutes ces années et sur qui j'allais uniquement pouvoir compter. Nous avions perdu un collègue : j'avais perdu un complice.

Blake prit de nouveau la parole, doucereux. Il semblerait que l'eau qu'il avait reçu en pleine figure avait eut l'effet escompté. Je me méfiais cependant de cette nouvelle attitude faussement sereine car je savais que la violence de ses mots pouvait compenser celle de ses gestes. Je me retournais à moitié lorsqu'il entama son discours. Il s'était redressé et je dû lever les yeux pour croiser son regard car il disposait toujours d'une carrure plus imposante que la mienne. Des gouttes d'eau perlaient le long de ses mèches brunes et tombaient sur ses épaules nues. Il avait été surpris par mon geste, restant interdit quelques secondes mais n'y avait pas répliqué pour autant.
Le visage fermé, j'écoutais sans rien dire, les lèvres pincées et les bras croisés sur ma poitrine. J'attendais qu'il eut fini de me juger ouvertement et de me faire son petit numéro de maître d'école. A l'en croire, il avait presque construit Jurassic World de ses petites mains d'agent d'intervention.
Le regard sévère, il étira ses lèvres en un fin sourire malveillant et termina en ce qui semblait être un savant mélange entre le déni et l'auto-contentement de s'être révélé si humble mission après mission. Quelle belle personne vous faites, Blake !

Je haussais un sourcil, faisant mine d'être imperméable à ces aigreurs. Puis je me tournais tout-à-fait et me rapprochais jusqu'à devoir lever la tête pour continuer à le fixer.

•"Qu'est-ce que vous croyez ? Que j'attendais cette entrevue avec vous pour comprendre toute la dimension de mon travail ? Que, parce que vous étiez là au commencement, vos lumières me sont indispensables ? Descendez un peu de votre piédestal Blake. Je sais exactement pourquoi je suis là et comment effectuer mon sacerdoce dans les conditions qui sont les nôtres. Peut-être auriez-vous eu plus de chance de dispenser votre savoir avec Brown. Sans doute aurait-il pu vous offrir en retour les remerciements, la reconnaissance ou toutes ces choses que je n'ai pas su vous donner...Comme quoi, je ne fais pas de cadeaux non plus, visiblement !
Mais puisque nous en sommes aux confidences, la petite soldate parfaite a aussi un conseil à vous délivrer : au lieu de vous préoccuper du profit et des ressources dont vous ne verrez pas la couleur, assurez-vous de la fiabilité de votre propre bouclier."
Je me saisis de son poignet avant de lui mettre sa propre main accidentée sous le nez. J'hésitais, puis ajoutais finalement en soupirant : "Que ce soit en cédant à vos humeurs ou en vous murant dans les souvenirs du passé, ne donnez pas matière à faire claquer des doigts." concluais-je en le scrutant avec intensité avant de relâcher ma prise.

Je n'étais pas sans savoir les événements qui étaient survenus à l'effondrement du premier parc. Mais par courtoisie pour Blake, je n'en avais jamais parlé, ni même fait allusion. Ce n'était pas chose facile,et je me doutais que la perte d'un nouveau membre de l'équipe devait sans doute raviver certaines choses. Certains souvenirs. Si les rôles avaient été inversés, je ne serai pas retournée sur l'île qui avait vu périr mes partenaires, peut-être même mes proches. Pour cela, j'estimais Blake car je n'aurai pas su trouver le courage de revenir.
Mais aujourd'hui, j'ai la nette impression que cette qualité s'est abîmée en lui et qu'il lui faudra la chercher de nouveau...

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Jeu 4 Oct - 11:29
Powell lui fit face, le visage toujours aussi impassible. Il lui en voulait pour ça, cette faculté d'être capable d'occulter toute émotion la faisant passer pour un agent fiable et serein. Était-elle réellement capable d'éliminer les ressentis tout au fond d'elle ?
Lui qui refoulait la plupart de ses émotions ne pouvait le concevoir aisément. Alors il préférait penser qu'elle jouait le jeu et qu'à un moment ou un autre, le masque se briserait. Peut-être même qu'une part de lui cherchait à le briser, juste parce que cela le dérangeait, juste parce qu'il était probablement jaloux de cette faculté.
Les propos qu'elle lui lança au visage confirmèrent qu'ils ne voyaient décidément pas les choses de la même manière. L'entente serait-elle possible un jour ? A ce moment là il en doutait fortement. Lui qui avait simplement souhaité la prévenir et la mettre en garde, elle ne voyait qu'arrogance et manque de discernement. Il ne voulait pas de ses cadeaux, il ne voulait même pas de ses remerciements et c'était bien ce qu'il essayait de lui expliquer, mais elle persistait à le prendre de haut et à lui montrer qu'il était à côté de la plaque.

Elle posa sa main sur son poignet et lui montra sa main bandée, l'intimant d'être plus vigilant sur les sacrifices qu'il était prêt à accomplir. Comme chacun, il pouvait être aisément remplacé, il le savait mieux que quiconque. Pourtant, Powell appuyait là où ça faisait mal.
Dans le feu de l'action, il ne songeait pas aux conséquences au long terme, il ne voyait que le moment présent. Protéger Powell dans l'arène, protéger Mora dans la jungle, sans penser un seul instant à sa propre mise en danger.
Il n'y pouvait malheureusement pas grand chose, son impulsivité régissait sa vie depuis toujours. Se mettre en danger lui permettait de se punir, d'expier sa culpabilité.
Une facette masochiste et torturée qu'il refusait d'affronter car il avait appris à vivre avec ces démons et les risques qu'ils lui apportaient. Il s'était habitué à s'adapter et à continuer ainsi.

Son regard se porta sur sa main bandée. Son action avait été stupide, même lui s'en rendait compte, mais sans cette stupidité, Mora serait-elle encore en vie ? En attendant, il avait pris conscience des limites de son sang-froid. Dès que la mort planait, il n'était plus lui-même, poussé par la volonté de sauver ce qui pouvait l'être au détriment de lui-même. Un jour, c'est lui qui en pâtirait pour de bon, Powell s'inquiétait peut-être, lui non. Étrangement, il n'avait pas peur de mourir si c'était pour la bonne cause. Sauver une vis, c'était toujours une bonne cause n'est-ce pas ?
Pour autant, il ne pouvait l'énoncer à voix haute et encore moins devant Powell.

Il soupira et croisa les bras pour mieux cacher sa main bandée. Elle le scrutait toujours et il haussa un sourcil légèrement agacé. Avant de reprendre la parole il passa son pouce sur ses lèvres :

- Alors quoi ? C'est une façon de me dire "prenez soin de vous Blake si vous ne voulez pas être remplacé ?" Si vous êtes venue jusqu'ici parce que vous étiez inquiète, pourquoi vous commencez toujours par m'agresser ? Pourquoi vous ne me dites pas simplement le fond de votre pensée ? Y'a quelqu'un là-dedans ?

Et du menton, il indiqua le centre de sa poitrine, visant indirectement le coeur qui battait forcément derrière.

- Sérieusement j'en doute les trois quart du temps, en revanche, le coté emmerdeuse de service est lui bien présent ça je peux vous le confirmer. C'est à croire que vous n'êtes jamais satisfaite, que rien de ce que je fais ou de ce que je pourrais faire ne suffit à vous contenter, alors dites moi j'écoute ! Vous attendez quoi de moi ?


Au delà de sa manière de parler trop abrupte, car oui elle était sa supérieure mais ils n'étaient pas en service et elle était venue chez lui, il espérait réellement comprendre ce qu'il devait faire pour qu'enfin elle cesse de toujours remettre en cause ses moindres faits et gestes.

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Sam 6 Oct - 16:40

• Un an après l'arrivée d'Ingrid •
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Blake avait malgré lui, dû observer sa propre main que je lui agitais alors sous le nez.
Puis il avait croisé ses bras, sans faire plus de cérémonie mais je savais que c'était là une réaction pour se dérober. Et cela me suffisait car je savais que je venais de viser juste, et je n'avais donc pas besoin d'aveux. Je n'insistais pas et je fis bien. Car Blake préféra se glisser hors de l'embrasure que je venais d'ouvrir pour bifurquer sur autre chose. Ce qu'il aimait le mieux : m'incriminer.
Tout semblait y passer, de ma façon d'aborder les situations complexes comme celle-ci, à mon comportement général en passant par ma personnalité qu'il jugeait trop rigoureuse. Mais lorsqu'il me traita "d'emmerdeuse de service" mon sang ne fit qu'un tour :

•"Je vous demande pardon ? Comment osez-vous...Il y a des limites à ne pas franchir et malheureusement, vous venez de les outrepasser." suffoquais-je, sidérée par tant d'audace. Je haussais la voix, sentant une certaine aigreur monter petit à petit et bien malgré moi. "Je peux concevoir que nous puissions être en désaccord, mais cela ne justifie pas de tels propos !" Je ne pus cependant soutenir son regard et j'eus un tic nerveux au niveau du visage qui ne présageait rien de bon. Puis je fis mine de commencer à faire les cent pas mais je n'en fis qu'un ou deux avant de lever les mains au ciel et d'exploser :

•"Vous vous attendiez à quoi, Blake ? A ce que je vienne vous voir pour vous prendre par la main et vous affirmer en toute malhonnêteté que tout va bien se passer ? Si c'est effectivement ça dont il s'agit ce n'est pas là-dedans qu'il faut chercher !" criais-je en pointant mon propre torse du doigt."Ce n'est pas mon rôle, rappelez-donc Higgins si vous voulez un peu de sympathie et de charité gratuite ! Toute retenue m'était désormais étrangère car ses reproches me piquaient à vif et je savais que cette facette que j'arborai en toutes circonstances, était la manière la plus sûre et la plus fiable que j'avais trouvé pour me protéger. Aussi, je poursuivais sans aucun filtre :
"Parce que vous avez raison, je ne suis PAS satisfaite et je ne le serai pas tant que je perdrai encore mes partenaires au travail et que cette foutue île ne sera pas sous contrôle ! Est-ce que vous pouvez le comprendre ça Blake ? Non, bien-sûr que non, c'est plus facile de croire que je suis forcément contre vous et que tout est de la faute de l'emmerdeuse de Powell !"

Je sentais le sang me battre aux tempes et le rouge me monter aux joues. Posant mes deux mains à plat sur la table qui jouxtait le plan de travail, je serrais mes maxillaires pour tenter de reprendre contenance. Mais le résultat était assez raté et je poursuivis, incapable de stopper cet élan d'amertume contenue.

•"Vous me demandez ce que j'attends de vous ?! Pourquoi je ne semble pas vous apprécier à votre "juste valeur" ? Ce serait plutôt à moi de vous retourner la question ! Parce que si nous en sommes là, c'est entièrement de votre faute Blake ! Depuis mes débuts ici, cette situation se traîne ! Pourquoi ? Parce que vous faites l'erreur de penser que tout vous est dû et avez fait en sorte que chaque seconde ensemble ne soit que compétition. Je ne suis pas comme vous ! Je n'étais pas là sur le premier parc, je n'ai pas fait Sandhurst. Mais avez-vous seulement cherché à savoir ce que j'avais vécu ? D'où je venais ? Non évidemment. C'est tellement plus facile de se persuader qu'on a juste placé cette inconnue d'Ingrid Powell là, comme un astéroïde qui s'est posé dans le service plutôt que de se remettre en question ! Je n'ai pas besoin de votre jugement continuel ou de vous voir de faction, à l'affût du moindre faux pas de ma part.
Alors ce que j'attends de vous Blake, c'est que vous cessiez de comparer ce qui ne peut pas l'être et que vous traquiez vos propres démons à la place des miens. A ce moment-là, peut-être, nous parviendrons à nous entendre et à travailler efficacement."
terminais-je, la respiration saccadée.

Sans doute regretterais-je mes paroles, je le savais même d'avance. Pour le moment, je ne savais plus très bien où j'en étais... je venais de balancer plus d'un an de rancœur en quelques tirades, comme un règlement de comptes pur et dur et je n'aimas pas cela. Les choses étaient en train de déraper et j'avais peur qu'elle ne se solutionnent pas. A ce moment-là, je me rendis compte que je me sentais encore plus mal qu'en étant entrée ici, et c'était pourtant un défi que je croyais impossible. J'inspirais profondément en fermant les yeux.

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Lun 8 Oct - 22:25
Powell sembla s'offusquer de ses propos. Le titre d'emmerdeuse de service venait de faire son petit effet. Julian crut qu'elle allait faire une crise cardiaque, à en croire son visage subitement pâle comme si tout le sang l'avait déserté. Il eut envie de rire, de rire à en pleurer. Etait-ce réellement la première fois qu'elle entendait ces mots ? Il n'y croyait pas ou ne voulait pas le croire peut-être. Pour autant, c'est ce qu'il pensait. Outre le fait qu'elle était rigoureuse, stricte et froide, elle n'avait pas d'égale pour emmerder son monde, leur monde.
Sa simple présence en ce jour le confirmait et il ignorait toujours la vraie raison de sa venue. Pourquoi devait-elle toujours tourner autour du pot, comme s'il n'était pas capable de comprendre un langage décent.
Cela avait le don de l'irriter lui qui disait toujours ce qu'il pensait. Pourquoi faire tant de secret, tant de mystère ?
Il avait pourtant cru qu'entre le Mosasaure et le Vélociraptor, il avait gagné son respect. Mais non, le sarcasme ou la bagarre peut-être avait tout balayé.

Elle les disait en désaccord mais lui ne voyait pas en quoi. Pour juger d'un décès peut-être, pour se remettre de l'aigreur du métier surement. Chacun son style, chacun sa manière de procéder. Il ne venait pas lui faire la morale, ni même lui donner des leçons lui, alors pourquoi devait-il être celui qui se plierait à ses propos, celui qui devrait accueillir son jugement sans broncher ?
Hors de question et encore moins chez lui. Il ne lui avait rien demandé.

L'oeil noir, il la contemplait et l'envie de rire lui passa aussi vite qu'elle était arrivée. Powell ne soutint pas son regard. En revanche, elle fit quelques pas puis explosa.
Bras croisés, il l'observa lever les bras au ciel, expulser sa frustration et son insatisfaction. Elle ne lui apprenait rien et il se retint de lui dire qu'elle ne serait alors jamais satisfaite. Car c'était un fait sur l'île, des soldats mourraient. Peut-être pas chaque jour, mais il y en aurait encore beaucoup d'autres, de cela il en était certain.
Powell vivait dans le rêve qu'on lui avait vendu. L'île aux dinosaures, le rêve des grands hommes, de Hammond et de Masrani qui s'amusaient à jouer aux Dieux.
Lui aussi avait rêvé, puis le rêve était devenu cauchemar, tout avait basculé lorsqu'on avait perdu le contrôle de l'Indominus.
Il n'avait pas oublié et n'oublierait jamais.
Pourtant, il était revenu, comme s'il cherchait sa propre mort, comme un jeu malsain où il était à la fois le joueur et le butin, persuadé qu'un beau matin, il y perdrait.

Tandis qu'elle s'enflammait, il demeurait calme, la tempête en lui était passée. Sur sa peau nue, il sentait encore le fourmillement de la colère, la brûlure de l'adrénaline dans ses veines mais à la fois, cette paix retrouvée après la tempête, lorsque la peur se dissipe, lorsque la sérénité revient enfin.
Non, tout n'était pas la faute de Powell, oui, elle avait tort de le croire.
Il n'avait rien à lui reprocher sur le terrain mais aujourd'hui il lui semblait qu'elle était venu crever l'abcès, ce même furoncle qui les rongeait depuis le début d'année.
Comme un vieux couple, elle lui plaça la faute sur lui et sur lui seul.

Il fronça les sourcils, surpris de la tournure des événements mais demeura silencieux.
Les paumes appuyées sur le plan de travail à côté, Powell tachait de conserver une contenance, mais la colère marquait ses traits et la rancœur dégueulait d'elle à travers le flot de ses paroles.
Sur l'instant, il aurait pu lui donner toutes les réponses à ses interrogations. Toutes.
Non ce n'était pas entièrement de sa faute, mais peut-être cela faisait du bien à Powell de le penser, peut-être aimait-elle à se cacher derrière.
Non, il n'avait pas besoin de se remettre en question, parce qu'il faisait de son mieux, chaque matin depuis son arrivée ici. Non, elle ne pouvait tout contrôler et non, il ne se mettait pas en compétition contre elle. Il était simplement du genre à se challenger en permanence car c'était sa manière de se sentir vivant, sa manière de se faire une place. Il voulait être parmi les premiers, il voulait être parmi les vivants.
Pouvait-elle le comprendre ? Non et elle lui reprochait encore de ne pas avoir cherché à en apprendre plus sur son compte. L'aurait-elle laissé approcher ? La réponse était bien évidemment non.

A bout de souffle, elle acheva sa diatribe et ses dernières paroles franchirent le seuil de sa patience.
Froid et dur comme le marbre, il décroisa ses bras puis passa une main dans ses cheveux encore mouillés pour les replacer en arrière. Il frotta un instant sa barbe de plusieurs jours et s'avança vers elle.

- Venez avec moi, ordonna-t-il d'un ton sans appel en lui prenant le bras.

Il ne la serrait pas spécialement, convaincu qu'elle le suivrait, intriguée peut-être par son attitude calme après l'éclat précédent.
Jouant sur l'effet de surprise, il traversa sa pièce de vie jusqu'à la porte d'entrée qu'il ouvrit sans un mot. Une fois dans le couloir à l'extérieur, il relâcha son emprise avant de préciser d'un ton bas :

- En l'état, je crois que...voilà.

Alors il fit demi-tour et referma la porte derrière lui la laissant volontairement dehors. Après un instant de flottement durant lequel il regagna l'espace cuisine, son regard se figea sur le verre brisé.
Toutes les émotions étouffées face à Powell surgirent d'un coup, balayant sa raison et ses pensées. Il frappa le mur une première fois, puis une seconde sans même se soucier de la couleur rosée dont le bandage s'imprégnait.
Après la troisième fois, il se laissa glisser sur le sol, la tête penchée en arrière contre l’élément de la cuisine qui le soutenait. Comment avait-il pu en arriver là ?

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Dim 14 Oct - 13:57

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Je gardais les yeux fermés encore quelques instants, toujours penchée sur le plan de travail. Je ne voulais pas voir la réaction de Blake face à ce monologue, je ne voulais pas voir son regard assombri de colère et cette exaspération qui lui était coutumière lorsque je tentais de lui tenir tête. Je ne voulais pas voir son sourire en coin, goguenard. Je ne voulais pas récolter ce que je venais de semer.
Le mouvement que j'entendis à mes côtés me fit relever la tête et me força à le regarder. Finalement.

Blake s'était approché et j'eus le temps de remarquer que rien de ce que j'avais imaginé ne se reflétait sur ses traits. Ou peut-être ne savais-je simplement pas l'interpréter. Après tout, rares étaient les fois où j'avais pu comprendre cet agent.
A ma grande surprise, il se contenta de me prendre par le bras et instinctivement, je me crispais. Puis il m'imposa de le suivre, ce que je fis sans lui opposer de résistance car la curiosité prenait le dessus sur ma rancœur. Et puis, le ton plus calme qu'il avait pris envers moi avait achevé de me rendre conciliante.
Au demeurant, je ne comprenais pas la démarche : je venais de lui lancer ses quatre vérités au visage, sans délicatesse. Sans le ménager. La logique aurait voulu que je me prépare à recevoir la pareille...peut-être même que cela aurait pu se révéler constructif. Jamais je n'aurai choisi un tel moment pour décider de me faire faire le tour du propriétaire. Peut-être que, dans ma lancée, un épisode m'avait échappé.

De toutes les façons, je n'avais d'autre choix que d'être escortée par mon subalterne. Lorsqu'il relâcha son étreinte, nous nous trouvions de nouveau dans le couloir de l'hôtel. Je tournais la tête à gauche comme à droite, essayant de comprendre ce qu'il y avait de si profitable à m'avoir amené là et posais finalement un regard interrogateur sur mon hôte. Duquel je ne vis que brièvement le visage avant qu'il me ne ferme la porte au nez ! Sa dernière phrase, qui ressemblait à tout sauf à des excuses, résonna encore quelques instants dans ma tête lorsque je compris qu'il venait tout bonnement de me congédier.

Je n'en revenais pas ! Quel manque de savoir-vivre ! J'étais tout simplement révoltée. Outrée.
J'ouvris la bouche, prête à l'appeler une nouvelle fois et à le sommer de s'excuser pour ce manque évident de respect et de politesse mais je me ravisais lorsque j'entendis un coup sourd résonner à l'intérieur. Je collais mon oreille contre la porte et compris alors que la colère que j'avais attendu en retour de mon discours, se manifestait maintenant chez Blake. Je m'écartais prudemment.
Aujourd'hui aucun de nous n'avait pu trouver une once d'assistance chez l'autre. Je ne me risquerais donc plus à tenter une nouvelle fois ma chance auprès de mon coéquipier. Pour ma part, j'estimais que j'étais restée honnête dans mes propos : certes, je n'y étais pas allée de main-morte, mais si mes dires se sont révélés assez abruptes, ils ont eu le mérite de refléter avec exactitude le fond de ma pensée. Et puisque, comme simple réaction face à ça, j'avais écopé d'une simple mise à la porte, alors je laisserai Blake fuir. Si c'était là, sa façon de régler les problèmes, alors je ne m'abaisserai plus à tenter de le suivre.

Toute une palette de sentiments se livraient actuellement bataille en moi : de la déception à la tristesse, en passant par l'animosité, la solitude et le désarroi. Un trop-plein que j'arrivais difficilement à gérer. C'est pourquoi je ne pris pas la direction de l'infirmerie comme j'en avais eu l'intention au tout début. Lassée, je regagnais lentement mes propres appartements, desquels je fermais le verrou à double-tour pour retourner à ma réclusion.

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